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Vidéo EEChO : La cohérence des Évangiles sur la Résurrection

Une longue recherche sur le jour de Pâques à la lumière du texte araméen

Bernard Scherrer était intervenu lors de la session EEChO de l’été 2020 pour présenter l’état de ses recherches, conduites avec Pierre Perrier, sur la cohérence des récits évangéliques au sujet de la Résurrection du Christ. Ils travaillaient à l’époque à leurs livres La Mémoire en damier et Marie, mère de l’Église (ce dernier publié en janvier 2025, éd. L’Évangile au Cœur) et avaient demandé à EEChO de ne pas publier la vidéo de cette conférence. Avec la sortie du livre, B. Scherrer a mis à jour et réenregistré cette conférence, et nous a permis de la diffuser.

▶ Le livre « Marie, mère de l’Église » :

https://www.eecho.fr/marie-mere-de-leglise-synthese-de-pierre-perrier/

NOTE :

La force de cohésion des récits du jour de Pâques est impressionnante selon l’araméen ; sans cette lecture, des nuances risquent d’être perdues et l’ensemble pourrait apparaître moins cohérent.
Les récits ne disent et surtout n’expliquent pas tout, on s’en doute. Certains détails, qui sont évidents pour les auditeurs de l’époque, demandent d’être devinés de nos jours.
Par exemple : à quoi les disciples d’Emmaüs ont-ils reconnu le Ressuscité ? Luc écrit : « à la fraction du pain » c’est-à-dire à la manière qu’avait Jésus de bénir et de rompre le pain du repas. Certainement, ils avaient assisté au moins à une occasion où Jésus avait bénit le pain, et ce n’est pas nécessairement lors d’une des deux multiplications de pains : dans une maison de disciples, Jésus était toujours invité par le maître de maison à bénir le pain à sa place, comme le fait aujourd’hui un hôte en présence d’un prêtre ou d’un diacre. Mais on peut penser à autre chose. En bénissant / rompant le pain, Jésus découvre ses poignets, que les disciples ne pouvaient pas voir auparavant. Là se voient les marques des clous de la crucifixion (pas dans les mains) ! Ce que les disciples pressentaient au fur et à mesure que Jésus leur expliquait les Écritures leur apparaît tout à coup comme une évidence.

Concernant Luc 24,12b (Pierre qui est « dans l’admiration » après avoir été dans le tombeau – et non pas qui « rentre chez lui » comme l’indiquent nombre de traductions erronées) : voir https://www.eecho.fr/evangiles-primaute-de-larameen-exemples/#Lc24 c’est-à-dire le 6e exemple donné.
L’analyse du texte peut suggérer que la vision que Pierre a eue selon 1 Corinthiens 15,5 (« Il est apparu à Pierre, puis aux douze ») ait été une sorte de flash de lumière au tombeau vide, avant que Jean y descende à son tour. Cette possibilité peut s’appuyer sur des commentaires patristiques :

Dans sa seconde homélie sur la Résurrection, Grégoire de Nysse écrit :

“Pierre, ayant vu de ses propres yeux, mais aussi par hauteur d’esprit apostolique que le Tombeau était illuminé, alors que c’était la nuit, le vit par les sens et spirituellement”.

Et, dans ses Chants liturgiques, Jean Damascène, parlant du miracle de la lumière au Tombeau le Samedi Saint, évoque ainsi son origine :

“Pierre, s’étant rapidement approché du Tombeau, et ayant vu la Lumière dans le Sépulcre, s’effraya”.

Elle peut s’appuyer également sur cette question : aurait-on là l’origine de la liturgie du « feu sacré » qu’allume, au tombeau du St Sépulcre, le Patriarche orthodoxe de Jérusalem lors des vêpres du Samedi Saint, feu qui est transmis ensuite aux fidèles ? D’innombrables témoignages ou même de vidéos disent qu’on peut alors, et durant une trentaine de minutes, s’exposer à ces longues flammes sans ressentir de brûlure ni même de chaleur, semble-t-il. On n’y croit pas trop en Occident mais ces prises d’écran ne sont pas truquées, ni les vidéos :

Ce serait le miracle annuel du « feu sacré » .

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