1000 raisons de croire n°9, spécial « Évangiles »

« 1000 raisons de croire » n° 9 paru le 3 juillet 2025 : enfin une publication trouvable dans les kiosques et qui rend justice aux Évangiles ; ceux-ci n’ont été mis par écrit ni tardivement, ni d’abord en grec !

Faire connaître la fiabilité des Évangiles

par P. Edouard-Marie csj
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Le dossier de 17 pages, L’étonnante fiabilité des évangiles, s’ouvre sur une excellente vue d’ensemble coécrite par Olivier Bonnassies et Odon Lafontaine, et rappelant le contexte de la composition orale des évangiles et de leur première mise par écrit en araméen, qui était la langue officielle de l’empire parthe et l’équivalent de l’anglais aujourd’hui : l’araméen était en effet la langue de communication commerciale de l’époque, non un « grec koïnè » (= commun) qui n’a jamais existé car divers « grecs » étaient parlés selon les régions et implantations.

La page 23 du numéro nous rappelle les datations de la mort de Notre Seigneur, nécessairement le 7 avril de l’an 30, ainsi que l’année de sa nativité, qui, en fait, est plus difficile à préciser avec certitude.

Ensuite, des p.22 à 27, Bernard Scherrer, co-auteur de Marie, Mère de l’Église avec Pierre Perrier, analyse la problématique des évangiles, en commençant par la question des manuscrits. On objectera que la communauté judéo-chrétienne de Jérusalem ne disparut pas complètement après la seconde guerre juive (135-136), mais peu à peu, notamment du fait que l’évêque de Jérusalem était dorénavant de langue grecque. B. Scherrer donne une indication méconnue : les manuscrits grecs présentent un nombre de « pieds » (en gros, de syllabes) de 30 à 50 % supérieur à la Peshitta araméenne, et les quelques textes non liturgiques influencés par les versions grecques s’en ressentent : l’originalité de la Peshitta est donc indéniable (voir également ici). Ensuite, en p.25, il résume ce que sont nos quatre évangiles, leurs structures orales internes étant déterminantes. Le scénario de la complétude organisée des évangiles et de leur passage à l’écrit est à la fois nouveau et cohérent ; nul exégète du grec n’en propose. Et le rôle de Marie est mis en lumière.

Dans un second article (p.28-29), B. Scherrer souligne la cohérence de nos textes évangéliques … surtout en araméen, car des difficultés peuvent être soulevées dans leurs traductions en grec ou en latin. On relèvera :
« Quand Marc (15,25) dit que les soldats crucifient Jésus à ‘la troisième heure’, il ne s’agit alors pas de la troisième heure ‘du jour’ : ce serait incohérent, en particulier avec Luc. C’est la troisième heure d’acharnement des soldats contre lui. De même en Jean 19,14, alors que Pilate fait paraître Jésus devant les grands prêtres, ‘c’était comme la sixième heure’ : six heures plus tôt, Jésus comparaissait pour la première fois devant Hanne ».
Il est dommage qu’aucun des auteurs ait pensé à mentionner le site d’EEChO (ni celui de L’Évangile au cœur).

Enfin, p.30-31, le dossier présente une carte inédite des voyages des apôtres :

Comme l’indique la carte,  la tombe de l’apôtre Philippe se trouve en Turquie, comme cet article d’EEChO en annonçait la redécouverte en 2011.
Faute de place, la carte est restreinte aux empires romain et parthe ; la Chine, où se rend Tomas de 64 à 68, y est juste indiquée à côté d’une flèche, et l’Inde y est présentée en petit dans un encadré qui prête à confusion : le pointillé le relie au cartouche mais n’indique pas d’où vient Thomas (en fait, il est arrivé au sud-ouest de l’Inde en bateau) ; il y a aussi une ambigüité : dans l’Antiquité, le terme « Inde » désignait la vallée de l’Indus et tout ce qui se trouve au sud, mais cette vallée est aujourd’hui au Pakistan : lors de son premier voyage, Thomas s’est donc rendu dans l’actuel Pakistan, puis est retourné à Jérusalem. C’est deux ans après qu’il arrive au sud-ouest de l’Inde, évangélise cette région puis se tourne vers le sud-est ; ensuite, il fut emmené en Chine par la mer, d’où il revint et vécut encore quatre ans en Inde avant d’être assassiné en 72 ou 73 sur un mont aujourd’hui dans la ville de Chennaï.

Il serait intéressant de reporter ces indications (mises à jour) sur une carte globale telle que celle-ci (avis aux graphistes amateurs !):

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