Foi chrétienne et « suprémacismes »

Le choc des suprémacismes

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_ La Royauté du Christ paraît bien subtile si l’on perd de vue le sens révélé de l’histoire et spécialement la Venue glorieuse. Une contradiction semble surgir : comment se peut-il que les lieux mêmes où l’amour de Dieu s’est manifesté il y a deux mille ans de manière inouïe, soient aujourd’hui ceux d’un paroxysme de haines ? Pourquoi l’amour de Dieu y est-il si méconnu ?

_ Certes, dans tous les camps en présence au Proche-Orient, des personnes veulent le bien et par conséquent la paix. Mais le pouvoir n’est pas entre leurs mains, il est dans celles de « suprémacistes ». La situation paraît humainement sans issue.

_ Le suprémacisme est le sentiment et la conviction d’être choisi pour faire partie d’un groupe supérieur aux autres hommes – un groupe choisi par « Dieu », par l’Évolution, par la Raison, par l’Histoire sociale ou peu importe par qui ou quoi : les autres hommes sont inférieurs. Le groupe se considérant comme élu a donc des « droits » sur ces inférieurs qui ne peuvent pas être vraiment humains.
En fait, il s’agit de devoirs plus encore que de droits. En effet, le suprémacisme est l’identité fondamentale de tous les messianismes (post-chrétiens, religieux ou non), qui se sont donné pour but de sauver le monde : si le monde peut être sauvé, il doit l’être (pour davantage d’explications, voir ici). L’adepte n’est donc pas libre, il a le devoir de convertir les autres qui entravent le salut du monde, sinon de les asservir, tous les moyens étant envisageables : tromper, voler ou même tuer. En cela, il ne fait que se défendre contre les ennemis du Salut. Et s’il n’obéit pas, lui-même risque d’être considéré comme un ennemi à éliminer.
Il se trouve ainsi coincé entre ce que lui dictent d’une part sa conscience et son bon sens issu de l’expérience, et d’autre part sa soumission au groupe et son adhésion au suprémacisme ; consciemment ou inconsciemment, il cherche alors les accommodements proposés par des groupes « modérés », mais ce sont souvent les plus fanatiques qui l’emportent.

_ Les événements du Proche-Orient n’ont rien d’un « choc des civilisations », pour reprendre le titre du livre très américain de Samuel Huntington, mais bien de l’affrontement de deux suprémacismes ; et cet affrontement dure depuis des décennies, malgré l’influence d’hommes épris de paix et de justice, des deux côtés. Avant le 7 octobre 2023, le Hamas qui gérait la vaste prison à ciel ouvert qu’était déjà Gaza n’était pas aimé par la majorité des habitants, qui voyaient sa sujétion à l’organisation internationale des Frères Musulmans : le bien de la population n’était pas son souci et d’autres mouvements la représentaient mieux. De l’autre côté, on ne présente pas Benyamin Netanyahou, qui n’est pas aimé non plus mais possède de solides soutiens (ou commanditaires). Une députée israélienne, Laama Nazimi, vient de l’accuser de collaboration avec les événements du 7 octobre ; des liens avec le Qatar, un État qui finance les Frères Musulmans, ont été mentionnés, et même avec le Hamas.

_ Aujourd’hui comme dans le passé, les buts poursuivis par les dirigeants messianistes sont bien éloignés des besoins des populations qu’ils endoctrinent et n’hésitent pas à sacrifier à leurs objectifs. Cette réalité est toujours sidérante. Peut-être pour lui donner un sens, certains ont accusé l’Ancien Testament d’être à l’origine des suprémacismes – le « monothéisme » serait la cause de tous les maux –, en sélectionnant quelques passages sortis de leur contexte ; mais le texte biblique ne cesse de dénoncer le peuple qui, voulant se conduire par lui-même, n’écoute plus son Dieu : alors, Dieu va jusqu’à lui susciter des ennemis et leur donner la victoire ! L’identité même des Hébreux ne s’est construite que peu à peu, aboutissant à un idéal exigeant de justice devant Dieu et devant les hommes – et non à une doctrine de supériorité se servant de l’amour de Dieu. L’idée d’être les élus chargés de sauver et donc de dominer le monde est une absurdité au regard de la Bible telle qu’elle fut écrite. Si le Psaume 126,2 dit : « le Seigneur comble son bien-aimé quand il dort », c’est parce que celui-ci n’instrumentalise ni ne détourne Sa Parole mais lui fait confiance et l’écoute.

_ L’origine et la perversion qui animent les suprémacismes messianistes n’apparaissent vraiment qu’à la lumière de la Révélation. En effet, ces messianismes sont avant tout des détournements de la Révélation, contrefaisant le Salut préparé par l’Ancien Testament et surtout accompli en Notre Seigneur. Et les faux saluts qu’ils prônent sont séduisants jusqu’à attirer ou troubler certains chrétiens peu ou mal formés.

_ Dans les enjeux de ce monde, la foi éclaire et nous aide à discerner, à commencer par chez nous. En Europe occidentale, le messianisme woke-écologiste va jusqu’à faire exterminer le bétail et les volailles des fermes pour nous sauver de pandémies fictives ou du méthane dégagé par les vaches (qui polluerait l’atmosphère). Quel est l’objectif derrière ces prétextes ? Simplement celui d’affamer ou un projet suprémaciste ? C’est l’une des nombreuses questions que peuvent se poser tous ceux qui n’ont plus rien sur leur compte dès le 15 du mois.

_ Seuls le Christ et l’Esprit savent ce qu’il y a dans l’homme (Jn 2,25 + 1Co 2,10). Même s’il ne saisit qu’une partie des choses, le chrétien qui vit la Parole et connaît l’amour de Dieu discerne la racine des maux, il est capable de voir les choses en face, sans les cacher ou les travestir. Et il annonce l’unique Sauveur, Celui que les apôtres ont eux-mêmes porté jusqu’aux extrémités du monde et à qui ils ont donné leur vie. C’est-à-dire Celui dont le monde a besoin.

P. Edouard-Marie

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2 thoughts on “Foi chrétienne et « suprémacismes »

  • 19 novembre 2025 at 23 h 11 min
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    Merci mon père,
    Je vous ai écouté sur radio courtoisie et je suis allé découvrir ce site.
    La question de la recherche du royaume et de sa justice m’anime.
    Votre parole est ce soir l’appui solide sur lequel poser mon prochain pas.
    Je vous souhaite une bonne soirée et vous remercie.

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  • 17 janvier 2026 at 9 h 41 min
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    Mon Père,

    Je parcours en diagonale votre article mais il me semble comprendre que, ici comme, ailleurs vous n’allez pas, pour le dire ainsi, jusqu’au fond des choses.

    L’islam n’est rien d’autre qu’une gigantesque geôle juive, destiné à empêcher l’accès au Christ, la « religion » noachique presque parfaite. Le but est de réduire toutes les nations à une masse babélique informe, un cheptel docile et résigné, une fois bien dégraissé.

    Il n’y a qu’une seule alternative l’Eglise du Christ ou la Synagogue de Satan, et ses supplétifs ou Einsatztruppen, gogoys et golems.

    Pour plus d’éclaircissements, voir ici
    https://www.lasapiniere.info/

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