1 Aspects du mystère réalisé

Dieu en résumé

Dieu … en résumé

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« Dieu » est quoi ou qui ? Quelques fondements méritent d’être redits.

Dieu ne peut pas être moins vivant que les êtres vivants que nous voyons, ni vivre d’une vie moindre que la nôtre, charnelle mais aussi spirituelle : vie faite de capacité de connaître et de capacité d’aimer.
Il est infiniment plus vivant que nous, et parfaitement.
Trois siècles avant notre ère, le grand philosophe Aristote exposait déjà ces perspectives de sagesse, notamment dans son livre Ethique à Nicomaque. Implicitement, il posait ainsi en Dieu trois « pôles » de Vie. C’est cette Vie qui s’est révélée peu à peu dans l’histoire des Hébreux puis pleinement en Jésus le Christ (ou Messie), disent les chrétiens – une Vie qu’ils ont appelé du mot un peu abstrait de Trinité.

Des phénomènes religieux postérieurs au christianisme ont pris le contrepied de cette Révélation, parfois en se prévalant d’une révélation nouvelle.

Tout en gardant l’idée de Création, certains ont fait de « Dieu » une sorte d’idole monothéiste, une divinité sans vie et donc inconnaissable mais tyrannique, qui veut tout et surtout qui veut imposer sa volonté aux hommes sous peine d’Enfer éternel.
Dans une direction très différente mais également opposée à la Révélation, d’autres ont repris la vieille idée du Grand Tout divin, en y ajoutant l’obligation de se conformer aux exigences d’une « Terre-Mère » ou, plus souvent, celle de faire émerger un « Dieu » enfoui dont chaque homme serait une émanation.

Dans chacune de ces deux perspectives (« Dieu » tyran sans vie ou « Dieu » diffus et enfermé dans la réalité perceptible), une sorte de Salut est proposée, d’un côté par la soumission à l’arbitraire divin, ou de l’autre par l’émancipation spirituelle en se sauvant soi-même. Dans les deux cas, la vie trinitaire en Dieu est niée.

En effet, la Révélation trinitaire est liée à la perspective d’un Salut qui n’est précisément ni une soumission à une Volonté arbitraire, ni une émancipation par ses propres forces.
Le Salut chrétien est tout simplement lié au désir de Dieu de faire participer ses créatures à Sa Vie, et cela par un acte libre de leur part.

En sa Création, le Dieu de Vie parfaite S’est dit, Il est donc connaissable mais de loin, ainsi que L’ont perçu Aristote et d’autres, moins clairement que lui.

Si le vivant est un auto-contrôle, les êtres humains, sommets de tous les êtres vivants, jouissent d’un contrôle du contrôle et d’auto-positionnement – si l’on peut décrire ainsi la liberté – ; ils auraient pu rester dans leur état de création lié à leur Créateur. Le mal qui s’est répandu sur la terre vient de leur acquiescement aux forces angéliques qui, créées par Dieu avant les hommes, pour une part se sont révoltées au vu de la suite du plan créatif divin (on en parle trop peu).

Voilà pourquoi un Salut était nécessaire et cohérent de la part d’un Dieu qui Se révèle « Lumière » (1Jn 1:5) et « Amour » (1Jn 4:7-19) – autant qu’on puisse comprendre ce mot si galvaudé aujourd’hui, dont le sens le plus essentiel est celui d’amitié. A l’inverse, un « Dieu » tyran ou enfoui ne fait pas appel à la liberté humaine, mais plutôt à des ressorts humains qui sont très opposés à la lumière et à l’amour, même si, parfois, ils peuvent paraître tels, les choses humaines n’étant jamais en noir et blanc.

En Son offre de Salut, ce Dieu S’ouvre, pour ainsi dire, Se révélant en sa Vie de connaissance et de capacité d’aimer « Père », « Fils » et « Esprit », afin que nous puissions répondre librement et y avoir accès. Jésus veut dire « Salut » (en hébreu), ce n’est pas une coïncidence. Car il faut un Salut.

Voilà un petit résumé de la Révélation chrétienne – cet adjectif étant incidemment utile vu que de nombreuses « révélations » autres sont apparues sur le marché à la suite du christianisme au cours des siècles.

P. Edouard-Marie

 

2 réflexions sur “Dieu en résumé

  • Julen

    Très profonde et très belle méditation qui démontre que la conception de Dieu n’est pas qu’une question philosophique mais que ses conséquences pratiques, éthiques et sociales sont énormes.

    La notion de Trinité pourrait aussi être rapportées aux trois natures de l’être qui sont toujours sujet, objet et relation. En l’occurrence, schématiquement : Père, Fils et Esprit Saint. Car le Père (sujet) agit par, pour, dans, avec le Fils (but, moyen, conséquence de son Amour) et leur relation de sujet à objet est aussi divine et cette relation divine c’est l’Esprit Saint. Dieu est Amour comme objet, sujet, relation mais pleinement Dieu à chaque fois. Et c’est ce qui fait l’unité divine car Seul Dieu peut être à la fois Sujet, objet, relation, i.e. agissant, agi, action à chaque fois pleinement divin mais à chaque fois différent c »est-à-dire Trine.

    Quant à l’amour, on en parle toujours, mais même les chrétiens ne le définissent pas alors que Jésus nous dit explicitement ce que c’est d’aimer quand il nous dit ce que sont la Loi et les Prophètes : c’est faire à autrui ce que l’on voudrait qu’on nous fasse ; or, la Loi et les Prophète c’est aimer Dieu et le prochain. Donc aimer on sait ce que sait et la pensée sémitique hébréo-araméenne a cet avantage d’être concrète et de ne pas se perdre dans des spéculations infinies comme les Occidentaux qui décomposent l’amour en de nombreux mots et concepts pour penser plus que pour aimer réellement et concrètement. Jésus nous ramène au réel.

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