Vidéo EEChO : L’histoire du linceul de Turin avant le 13e siècle
Ancien ingénieur au Commissariat à l’énergie atomique, Pierre de Riedmatten s’intéresse depuis longtemps au linceul de Turin, auquel il a consacré de nombreuses interventions (articles, conférences, expositions) ; il a publié en particulier un livre de synthèse, Le Saint Suaire (2e édition, 2015-2020).
Il est le président d’honneur de l’association « Montre nous ton visage » (https://www.linceul-de-turin.fr/), dédiée à l’étude du linceul (son président étant Louis Cador, qui avait présenté à EEChO les actualités des études sur le linceul il y a 2 ans, voir ci-dessous), et auteur de multiples articles dans la revue de l’association, « Cahiers sur le linceul de Turin« . En particulier, il avait permis à EEChO de reproduire sur notre site son article sur le mandylion : https://www.eecho.fr/du-mandylion-au-linceul-de-turin-les-sourc
Présentation de Louis Cador pour EEChO (2024)

A 22 mn 30 s, M. de Riedmatten explique pourquoi la fameuse présentation de la datation au C14 de 1988 aurait dû être dénoncée : ce n’était pas ce que les analyses disaient.
Un autre point à souligner : le passage du Linceul par Edesse (qu’indique également le CIELT sans commenter) n’est pas la seule hypothèse plausible. Il est possible en effet que, déjà à la fin du VIe siècle, une confusion se soit installée chez les Byzantins entre le linceul et ou bien la lettre que Jésus aurait dictée au roi Agbar V, ou bien une peinture de Notre Seigneur probablement inspirée par le linceul (l’une ou l’autre aurait été mise en avant lors du siège de la ville par Chosroès en 544, cela est certain, et la ville avait été protégée).
Autre point : M. de Riedmatten a précisé après la vidéo qu’aucune inscription ne se trouve sur la face intérieure du linceul (sur la vidéo, il ne sait plus exactement) : elles sont toutes sur l’extérieur du tissu. Elles sont évidemment bien postérieures à l’événement de la Résurrection. De plus, comme elles ne sont certainement pas toutes de la même époque, elles pourraient éclairer l’histoire des déplacements du linceul, car c’est à ces occasions que des inscriptions ont pu être ajoutées. Mais, pour l’instant, aucune hypothèse n’a été avancée.
En attendant, voici ce qu’indique Wikipedia (les sources ici sont sérieuses) :
« Dans son récit du même siège de 544, Évagre le Scholastique corrige explicitement l’information donnée par Procope : « Cette assertion (qu’Édesse ne tomberait jamais entre les mains d’un ennemi) n’est pas contenue dans ce qui a été écrit à Abgar par le Christ notre Dieu, comme les gens studieux peuvent le constater dans l’Histoire d’Eusèbe, qui cite la lettre textuellement.[…] Quand les assiégés virent la levée de terre qui approchaient des murs comme une montagne en mouvement, et l’ennemi prêt à entrer dans la ville au point du jour, ils imaginèrent de creuser une mine sous le remblai, et de cette manière de mettre le feu […], mais ils ne parvinrent pas à enflammer le bois […]. Dans leur perplexité, ils apportent l’image divinement produite (θεότευκτος), que la main des hommes n’avait pas fabriquée (άχειροποίητος), mais que le Christ notre Dieu avait envoyée à Abgar qui désirait le voir. Ainsi, ayant introduit cette image sainte dans la mine […] » (Histoire ecclésiastique, IV, § 27). Ainsi, à l’époque d’Évagre (qui écrit vers 593), le palladium d’Édesse n’est plus la lettre, mais le portrait du Christ mais l’attestation de la lettre subsiste dans l’Histoire ecclésiastique d’Orderic Vital (XIIe siècle) :
Et alors ce n’est non plus un portrait peint par le secrétaire Hannan, comme dans la Doctrine d’Addaï, mais une image acheiropoïète, qui sera désormais connue sous le nom de Mandylion ; la deuxième attestation de l’image acheiropoïète d’Édesse se trouve dans la Géographie d’Anania de Shirak (début du VIIe siècle) :