L’évangélisation de la Gaule au 1er siècle : St Martial
Saint Martial, l’apôtre des Gaules
par Arnaud Bouän du Chef du Bos
Pour travailler depuis cinq ans sur une histoire oubliée, celle de l’évangélisation de la Gaule, dont saint Martial fut un des principaux apôtres, je voudrais témoigner dans cet article, comment la lumière de la foi éclaire singulièrement notre histoire de France. Il s’agit de savoir qui, quand et comment la Gaule fut évangélisée pour la première fois. La tradition ancienne indique que saint Martial, disciple de saint Pierre, en fut l’apôtre principal, mais la science historique récente contredit cette « légende » en affirmant que cette évangélisation s’est déroulée au troisième siècle. Comment savoir la vérité sur nos origines chrétiennes ?
Le détournement du sens du mot « légende » (= ce qui doit être lu)
Pour commencer, il faut revenir à l’étymologie du terme de « légende » qui vient du latin legendum qui signifie ce qui doit être lu. L’Église s’est approprié ce mot pour signifier l’importance de la vie des saints telle qu’elle les enseigne dans sa liturgie, faisant réciter solennellement, liturgiquement, le jour de la fête du saint, sa « Légende », c’est-à-dire le résumé essentiel de la vie du saint, pour ne jamais l’oublier.C’est ainsi que ce que l’Église tenait fermement comme le plus sûr dans la vie des saints est devenu aujourd’hui ce qu’il y a de plus fabuleux et mythologique.
Un exemple permettra de montrer l’importance de ces légendes avant qu’elles ne soient contestées. Au XIVe siècle, le Pape Clément VI voulait honorer l’évangélisateur du Limousin, sa région natale, et souhaitait souligner, au temps de la papauté d’Avignon, la filiation entre la papauté d’Avignon et celle de Rome ; c’est à ce titre qu’il publia la bulle du 7 juillet 1343 ordonnant le culte de sait Martial. Pour son palais d’Avignon, il commanda une chapelle en l’honneur du saint, où toute la légende de celui-ci fut représentée : trente-trois épisodes depuis son baptême par saint pierre jusqu’à sa mort à Limoges, le 30 juin 74. L’autorité d’un Pontife, doublée de l’absence de toute contestation en son temps, permet d’affirmer que ce fut bien la croyance de l’Église à cette époque.
Baptême de st Martial par st Pierre, Palais des Papes (Avignon)
Une première « déconstruction »
Or il n’en est plus ainsi aujourd’hui, car des objections sont venues. Nous allons en faire un rapide survol, pour en mesurer la valeur. Les premières sont venues du protestantisme. En effet, cette évangélisation du premier siècle par un évêque envoyé par saint Pierre, c’est-à-dire par la papauté, ne convenait guère à une religion sans sacerdoce et sans primauté pontificale, qui voulait couper le lien avec Rome. Luther s’attachant à l’Écriture seule, rejeta en bloc ces traditions : « Je m’inquiète peu des paroles des hommes quelle qu’ait été leur sainteté ; pas davantage de la tradition, de la coutume trompeuse. »[1] Calvin prit le relais en écrivant que l’identification de saint Denys de Paris avec le converti de saint Paul à Athènes, était tout simplement un « mensonge »[2].
Au XVIIème siècle, le docteur en Sorbonne Jean de Launoy (1603-1678), janséniste, entreprit de démythifier les légendes hagiographiques et fut appelé le « dénicheur des saints ». Quoique condamné par Rome, il fit école au sein d’une partie du clergé savant, y compris des évêques. Petit à petit, nos racines s’estompèrent, la foi diminua et ce fut l’une des causes méconnues de la Révolution, d’autant plus dangereuse qu’elle fut insidieuse et intellectuelle.
Au lendemain de la Terreur, de très nombreux ecclésiastiques, dans tous les diocèses, retrouvèrent, restaurèrent et publièrent le souvenir et le culte de nos premiers apôtres. L’abbé Faillon lança le mouvement en rétablissant la vérité de la venue de sainte Marie-Madeleine en Provence[3] ; l’abbé Arbellot le fit pour saint Martial[4] ; l’abbé Vidieu pour saint Denys l’Aréopagite[5], et de proche en proche, des dizaines d’ecclésiastiques étudièrent et défendirent la vérité de ces vieilles légendes. Le pape Pie IX encouragea beaucoup ces travaux salutaires. Il éclaircit un jour une contestation qui s’était élevée au sujet de saint Martial, posant cette seule question : « Que dit votre Église ? » Ainsi l’affaire fut tranchée, non sur la conclusion d’un raisonnement savant, mais sur la tradition séculaire d’une Église particulière. On raconte qu’il avait l’habitude de dire que « si les conclusions de votre science vont contre la tradition… alors revoyez votre science. » Ainsi peut-on dire, de par l’autorité que donne la tradition catholique, que ces apôtres sont bien du premier siècle. Vient ensuite l’apport de la vraie science historique, qui corrobore la tradition, exactement comme l’apologétique confirme la foi catholique. À la fin du XIXe siècle, tous les diocèses de France retrouvèrent leurs origines apostoliques, et nous pouvons nous demander maintenant comment se fait-il que cela soit aujourd’hui presque totalement oublié ?
La déconstruction « moderniste »
Il faut ici mentionner l’influence très forte de Mgr Duchesne, qui possédait une vraie érudition… mais déconnectée de la lumière de la foi. Spécialiste du christianisme ancien, il acquit une chaire d’histoire ecclésiastique à l’Institut catholique de Paris en 1882. Son enseignement remettant en question les origines apostoliques de la Gaule suscita des protestations de plusieurs évêques, au point qu’il dut être mis en congé pour calmer les esprits. Nommé maître de conférences à l’École pratique des hautes études de Paris, il put appliquer sans obstacle les méthodes de la science critique aux premiers siècles de notre histoire chrétienne. En 1895, il est contraint de quitter définitivement sa chaire de l’Institut catholique, mais fut aussitôt nommé directeur de l’École française de Rome, université laïque. L’une de ses œuvres majeures fut les Fastes épiscopaux de l’ancienne Gaule (1894), dans laquelle il ne mentionne que les premiers évêques dont il trouva les noms dans des manuscrits qui lui paraissaient indubitables. C’est là nous semble-t-il, qu’il fit passer sa raison au-dessus de la foi : car si durant des siècles, des traditions liturgiques se sont transmises sans contestation, il ne fallait pas les rejeter à priori, mais chercher davantage leurs origines. La conséquence pratique de sa méthode fut la mise en doute et finalement la négation de pratiquement toutes les traditions apostoliques de Gaule. Reconnu comme savant par les autorités républicaines du pays, son Histoire ancienne de l’Église sera finalement mise à l’index en 1912 par saint Pie X, à cause du modernisme qui s’y révèle. Malgré tout, le prestige de sa science en fera une référence incontournable pour tout le clergé français. La plupart des Histoires de l’Église récentes ont repris sa thèse d’un christianisme tardif en Gaule, notamment Mourret, Daniel-Rops etc… Quant à l’apostolicité de saint Martial, il déclara que « ce sont des manuscrits du Xème siècle qui nous offrent le plus ancien texte de la vie de saint Martial. »[6] Ce qui équivalait à insinuer que cela puisse être de pieuses inventions des moines de Limoges, sans qu’il n’eût à en fournir la moindre preuve.
La réfutation des allégations de Mgr Duchesne
La controverse est passionnante à découvrir, car l’abbé Arbellot et Mgr Bellet entrèrent dans la lice pour répondre à ces insinuations. Or l’abbé Arbellot découvrit un poème en l’honneur de saint Martial écrit par l’évêque saint Fortunat (530-609), où sont résumés en quelques vers les principales traditions sur le compagnon de saint Pierre et l’apôtre de l’Aquitaine, telles qu’elles sont relatées dans la « vie primitive de saint Martial ». Ce texte a été retrouvé dans un manuscrit du commencement du XIIème siècle de la bibliothèque de Laurent de Médicis, dans lequel il porte ce titre « Vers de Fortunat sur la Vie de saint Martial, apôtre du Christ ». Si le poème de saint Fortunat est bien de sa plume, ce qui nous semble avoir été prouvé par l’abbé Arbellot, la thèse d’une invention de cette tradition au Xème siècle n’est plus tenable.
Bien plus, selon la tradition de Limoges, la première vie de saint Martial fut écrite par saint Aurélien, prêtre idolâtre de Limoges, ressuscité et converti par saint Martial, et qui sera son successeur et premier biographe, ainsi qu’il le raconte dans son prologue. L’original de ce manuscrit fut perdu lors du passage des wisigoths en Aquitaine, mais dès l’avènement de Clovis et la paix retrouvée, les moines eurent à cœur de reconstituer l’ancienne tradition, et c’est ainsi que saint Fortunat put composer son poème au VIe siècle, à partir des souvenirs du premier siècle. Voici ce prologue de saint Aurélien, au délicieux parfum évangélique :
« Moi Aurélien, quoique je n’aie pas connu, ni appris à fond tout ce que Martial a fait avant l’époque où je méritais d’être régénéré par lui dans l’onde du saint baptême, cependant, après que j’eus été par lui rendu à la lumière, au sortir des cachots de l’enfer, j’ai eu soin, soit d’écouter les récits de ses disciples, soit d’apprendre de la bouche même de Martial (quoiqu’il voulut cacher beaucoup et de très grandes actions de sa part), enfin, j’ai pu voir par mes propres yeux les faits nécessaires à la composition de ce récit et n’en passer aucun sous silence, même le moindre de tous. »[7]
Comment imaginer qu’un faussaire ait pu avoir l’audace d’écrire une telle introduction, et qu’il ait pu convaincre ses contemporains des merveilles qui vont suivre ?
Biographie de saint Martial
Né à Rama[8], non loin de Jérusalem, le jeune Martial est issu de la tribu de Benjamin. Il a quinze ans lors du baptême du Christ. Âme bien disposée, l’adolescent écoute la prédication du Seigneur, qui ordonne à saint Pierre de le baptiser. Dès lors, il s’attache à suivre les pas de Jésus-Christ : c’est lui qui apporte les cinq pains et les deux poissons lors de la multiplication des pains[9]. C’est encore lui qui sera donné en exemple aux douze Apôtres, quand Jésus leur dira : « Quiconque se rendra humble comme cet enfant sera le plus grand dans le Royaume des Cieux. » (Mat 18,4) ; disant cela, le Seigneur posa sa main sur sa tête pour le bénir[10]. S’attachant particulièrement à saint Pierre, il le suivit à Antioche puis à Rome, où il fonda un oratoire qu’il consacrera à la Sainte Vierge, et que l’on peut toujours visiter dans la crypte de l’église Santa Maria in via Lata[11]. Il évangélisa Rome avec saint Pierre, mais également les villes de Ravenne et Venise, où se trouvent une église, un puit et un pont consacré à saint Martial[12].
Deux ans plus tard, vers l’an 44, il est sacré évêque et envoyé par saint Pierre dans les Gaules, avec deux compagnons, Alpinien et Austriclinien. À Colle, en Toscagne, Austriclinien tombe malade et meurt. Saint Martial repart alors à Rome chercher consolation auprès du prince des apôtres. Il en reçoit l’assurance que son disciple ressuscitera, s’il lui applique avec foi son propre bâton[13], ce qui arriva, quarante jours plus tard[14]. La petite troupe apostolique repartit sur la voie romaine Julia Augusta, aborda la Provence[15], retrouva les saints de cette région… et prit la direction de l’Aquitaine en suivant les voies romaines. C’est ainsi qu’il allait se montrer le véritable « apôtre des Gaules », en fondant pas moins de quatorze cathédrales[16] !
Il faudrait évoquer maintenant son œuvre à Limoges, Augustoritum, qui était alors la capitale de l’Aquitaine. En cette cité résidait la noble Suzanne et sa fille Valérie, qui était fiancée au jeune gouverneur Silanus. Avant leur mariage, Silanus fut envoyé par l’empereur pour achever la pacification de la Grande-Bretagne. C’est précisément en ce temps-là que saint Martial entra à Limoges, ayant eu la révélation que c’était le moment favorable. Il reçut l’hospitalité dans le palais de Suzanne, qui se convertit ainsi que Valérie. Cette dernière fut si fervente qu’elle voua sa virginité au Christ, et reçut le voile des vierges. Lorsque Silanus revint de sa campagne militaire, il apprit la résolution de sa promise, entra dans une grande colère et ordonna de lui trancher la tête. Décapitée, sur le lieu de l’église actuelle de Sainte-Valérie de Limoges, la jeune vierge se releva, prit sa tête dans ses mains et se dirigea vers la ville, où saint Martial célébrait la messe à son intention. C’était un oratoire que l’apôtre avait fondé en l’honneur de saint Étienne, à l’origine de la cathédrale, et dont une chapelle conserve le souvenir de l’emplacement originel.[17] Finalement, Silanus se convertit également et devint le meilleur auxiliaire de saint Martial pour établir dans toute l’Aquitaine la foi de Jésus-Christ. Cinq siècles avant Clovis, le duc Étienne est une figure annonciatrice de la conversion de la Gaule, qui donnera naissance à la France.
À Rocamadour, nous retrouvons la trace du passage de saint Martial, sur les bas-reliefs de l’autel de la Vierge. Nous voyons la scène de la consécration de l’autel par cet apôtre, assisté par son ami saint Amadour, qui n’est autre que le Zachée de l’Évangile.[18] Le château de Salignac, à une quarantaine de kilomètres au nord, possède une tour dite de Saint-Martial, car « saint Martial prêchant par l’Aquitaine, passait quelquefois par la très illustre maison de Salignac, où il était bien accueilli ; ce que sachant, saint Amadour […] y allait visiter saint Martial, lequel à la pareille, l’allait voir et consoler dans le trou de son rocher. »[19] Ainsi la tradition, l’iconographie, la géographie etc… un faisceau convergent d’indices se laisse découvrir à celui qui cherche à découvrir la vérité de cette histoire.
Après avoir parcouru l’Aquitaine en tous sens, être allé jusqu’à Paris et Trèves, saint Martial revint au milieu de sa chère Église de Limoges, où il mourut le 30 juin de l’an 74. Il fut enseveli hors de la ville, auprès de sainte Valérie, sur le lieu de la future abbaye Saint-Martial de Limoges, et dont le culte n’a jamais cessé. Cette abbaye fut détruite après la Révolution, mais on découvrit, en 1960, l’ancienne crypte de l’abbaye dans laquelle se trouvent toujours les sarcophages primitifs de saint Martial et ses compagnons, du saint duc Étienne, et de sainte Valérie, tels que la tradition en maintenait le souvenir. « S’ils se taisent, les pierres crieront » disait Notre-Seigneur.
Le modernisme a tout corrompu en instillant le doute dans nos traditions. La confiance et la bienveillance envers nos Pères restaurera demain tout dans le Christ, selon la devise de saint Pie X. Les travaux d’anciens historiens comme l’abbé Arbellot, éclairent et corroborent l’histoire chrétienne du premier siècle, mais ne sont pas connus. Ce livre leur est un hommage et le fruit d’une conviction : par saint Martial, la Gaule fut liée à saint Pierre, par saint Pierre à Notre-Seigneur, et prépara à la France son titre de gloire : « Fille aînée de l’Église ». À l’heure où la fidélité devient héroïque, il nous a paru important de célébrer l’apôtre principal par lequel l’Aquitaine et la Gaule se donnèrent au Christ. Que saint Martial restaure son œuvre entreprise il y a deux mille ans, et que les Français renouent avec saint Pierre !
Arnaud Boüan, auteur du livre Saint Martial, l’Apôtre des Gaules, 2024,
295 pages, 20 euros – disponible sur www.tresorsdenosperes.fr.
________________________
[1] Mémoires de Luther écrits par lui-même, traduit et publié par Michelet en 1837
[2] Calvin, Traité des reliques, 1543
[3] Abbé Faillon, Monuments inédits de sainte Marie-Madeleine, 1848
[4] Abbé Arbellot, Dissertation sur l’apostolat de Saint-Martial et sur l’antiquité des églises de France, 1855
[5] Abbé Vidieu, Saint Denys l’Aréopagite, évêque d’Athènes et de Paris, patron de la France, 1889
[6] Mgr Duchesne, Saint Martial de Limoges, dans Annales du Midi, t. IV, juillet 1892
[7] Saint Aurélien, Vie de saint Martial, ch.7
[8] Une église fut restaurée par Charlemagne à Rama, sur le lieu de naissance de saint Martial (Source : André Thévet, cosmographe au XVIe siècle)
[9] Cette scène est représentée à Limoges de multiples manières, mais aussi à Bordeaux et Avignon, dans la chapelle Saint-Martial du Palais des papes (1344).
[10] Pierre de la Palu, dominicain, patriarche de Jérusalem (+1342), dit que les vestiges des doigts du Sauveur se voyaient sur le chef de saint Martial. (Rapport de Pierre Hubert, évêque de Saint-Papoul, cité dans RP Bonaventure de Saint-Amable, Histoire de saint Martial, 1680)
[11] Quelques années plus tard, c’est dans ce lieu que saint Paul logera avec saint Luc, et qu’il rédigera quelques-unes de ses épîtres. Saint Luc y peignit une image de la Vierge et écrira une partie des Actes des Apôtres.
[12] Un très grand tableau se trouve dans l’église de San Marziale, Saint Martial en gloire entre les saints Pierre et Paul, de Tintoretto (1519-1594)
[13] La tradition indique que depuis ce temps-là, les papes ne portent plus de crosse mais la croix (Odon de Gissey, s.j.)
[14] Une église fut construite à Colle di Val d’Elsa sur le tombeau vide d’Austriclinien, et la fête de saint Martial y est toujours grandement honorée. (Source : site www.valdelsa.net)
[15] On trouve sa trace à Tourette, près de Fayence, dans l’église de Saint-Martial. Citée dès le XIe siècle sous ce patronage, l’église conserve une relique de saint Martial et une statue du saint enfant. La tradition locale rapporte que saint Martial est l’adolescent « homme à tout faire » de Jésus (témoignage oral).
[16] Les Églises de Mendes, Rodez, Le Puy, Clermont, Limoges, Bordeaux, Bazas, Agen, Cahors, Toulouse, Poitiers, Angoulême, Saintes et Tulles, revendiquent l’honneur d’avoir été fondées par saint Martial. (Source : Père Bonaventure de Saint-Amable, Histoire de saint Martial, 1680)
[17] Sainte Valérie eut l’honneur d’être la première vierge et martyre des Gaules, en l’année 46 selon la tradition de Limoges. Sa chemise tâchée de son sang ainsi que sa ceinture de soie, avec un fermoir d’argent blasonné, furent longtemps vénérées à la cathédrale. (Source : RP Ambroise, Histoire de sainte Valérie, vierge et martyre à Limoges, en l’an 46 de Notre-Seigneur, sous l’empire de Claude-Tibère, 1863)
[18] Pour cette identification, voir les Actes de saint Amadour, cité dans Michel Bourrières, saint Amadour et sainte Véronique, 1895, p. 575, et l’étude magistrale du RP Bonaventure, Histoire de saint Martial, 1680, p.517
[19] RP Bonaventure, Histoire de saint Martial, 1680, p.517
Cet article sur l’évangélisation de la Gaule au Ier siècle, avec Saint Martial, agit presque comme une cure spirituelle pour une société en quête de sens. On y perçoit les premiers germes d’une guérison collective, une relève morale nécessaire après des années d’errance religieuse : l’annonce de la foi se fait comme une prescription pour l’âme.
Saint Martial apparaît comme un élixir de Foi, un remède vital dans un peuple affaibli par l’absence de repères. Son message s’injecte dans les cœurs comme un complément immunitaire contre le doute et le désespoir. L’évangélisation est un tonique spirituel, stimulant la résilience sociale, renforçant la cohésion, apaisant les maux invisibles – divisions, incertitudes, peurs.
Tel un complément alimentaire de qualité, cet héritage forme les os d’une conscience commune : il nourrit la communauté, fortifie ses valeurs, améliore sa santé morale. Le texte montre que la conversion ne se fait pas sans douleur ni frictions : on ressent les symptômes des résistances – peur, rejet, incompréhension – mais aussi les effets bénéfiques qui s’installent : confiance, paix intérieure, régénération culturelle.
En somme, l’évangélisation est décrite comme une thérapie de civilisation : un soin préventif et profond qui vise non seulement la survie, mais la vitalité spirituelle. Elle propose non juste de combler un vide, mais de reconstruire un organisme social sain, prêt à affronter le temps, les tempêtes, les maladies de l’âme.
Merci beaucoup pour ce bel article — c’est passionnant de redécouvrir les racines spirituelles de la Gaule à travers l’histoire de l’évangélisation. Je trouve l’analogie forte quand on considère ce retour aux sources comme un vrai “complément nourricier” pour l’identité, la mémoire collective et la foi — un peu comme on recommande à notre corps des micronutriments pour le maintenir en bonne santé.
L’idée selon laquelle des missionnaires — comme Saint Martial — ont pu semer la foi en Gaule dès le Ier siècle me paraît précieuse : cette transmission ancienne, profonde, constitue un socle spirituel qui a traversé les siècles. Ce passé est comme un apport essentiel, une base solide qui alimente notre “métabolisme culturel et spirituel”.
Voir l’évangélisation non pas comme un simple événement historique, mais comme un processus de “revitalisation intérieure et collective” — comparable à une cure bénéfiques de nutriments pour l’âme — donne du sens à la foi, à l’héritage, à l’appartenance. Cela invite à s’approcher de cette histoire avec gratitude, humilité, et désir de transmettre.
Merci encore pour cette plongée inspirante dans nos racines — c’est ce type de réflexion qui nous rappelle que notre bien‑être, individuel ou collectif, prend sens quand on nourrit aussi notre passé, nos valeurs, notre spiritualité.