Preuves de la venue de St Jacques à Compostelle
La tradition liturgique chrétienne avait raison une fois de plus : l’apôtre Jacques, frère de Jean, s’est bien rendu jusqu’au point le plus occidental de l’Espagne : Compostelle.
Et s’il a évangélisé ce finis terrae du Ier siècle, il a certainement répandu la Parole tout au long de sa route : il est le premier évangélisateur de l’Espagne.
Les preuves s’accumulent
L’article qui suit apporte de nouveaux éléments de preuve ; ils ne manquaient cependant pas, la tombe ayant déjà révélé des inscriptions très révélatrices, qui sont exposées dans le livre de Enrique Alarcón et de Piotr Roszak, The Way of St. James: Renewing Insights (Ediciones Universidad de Navarra, Pamplona 2017) dont voici le PDF.
Nous en avons tiré quelques clichés supplémentaires, insérés dans l’article de Abraham Coco (avril 2026) que voici :
Inscriptions révélatrices dans la crypte de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle

par ABRAHAM COCO
Enrique Alarcón, professeur à la Faculté de philosophie et de lettres de l’Université de Navarre, vient de présenter, lors des « Colloques internationaux de Compostelle » organisés par le CSIC par l’intermédiaire de l’Institut d’études galiciennes Padre Sarmiento, les conclusions révélatrices des recherches qu’il a menées ces cinq dernières années sur la tombe de l’apôtre Saint-Jacques. Des spécialistes d’Oxford, de Cambridge ou de Columbia saluent la valeur de ces découvertes.
Des découvertes complémentaires
—Quelles découvertes découlent de vos dernières recherches ?

—Il y a cinq ans, j’ai publié mon hypothèse concernant une inscription portant le nom « Jacob » en hébreu à l’intérieur du tombeau apostolique.
J’ai alors demandé l’autorisation d’introduire, dans certaines parties difficiles d’accès, une caméra haute résolution, commandée à distance. J’ai trouvé à cette occasion un grand nombre d’inscriptions anciennes, qui passent facilement inaperçues ou ne peuvent être observées de l’extérieur. La plupart ont probablement été réalisées à l’occasion de l’enterrement d’Atia Modesta, une Hispano-Romaine qui vécut au IIe siècle.
Ses initiales apparaissent sous forme de monogrammes, associés à plusieurs reprises au symbole chrétien de l’Alpha et de l’Oméga, représenté selon les alphabets latin, grec ou même hébreu. On le retrouve également à plusieurs reprises — et c’est là le plus surprenant — associé au nom « Marie », écrit une fois en caractères latins et plusieurs fois en caractères grecs. Enfin, à côté de l’Alpha et de l’Oméga et du nom « Marie », apparaît justement le nom « Jacob » en hébreu. La conclusion est que, au moins au IIe siècle, il existait dans l’actuelle Compostelle une petite communauté chrétienne, en contact avec la culture judéo-chrétienne, qui rendait un culte, aux côtés du Christ, également à Marie et à Saint Jacques. Même si nous ne savions rien des traditions médiévales, à la seule lumière de ces inscriptions, nous pourrions déjà savoir que la crypte sous le maître-autel de la cathédrale est un lieu tout à fait particulier pour l’archéologie des débuts du christianisme, où l’on rendait un culte particulier à Marie et à Saint-Jacques.


Rectifier des mises en question infondées
—Quelle est la portée de ces découvertes ? Qu’est-ce que cela change concernant l’origine de la tradition jacobéenne ?
—Les recherches les plus récentes situent au IVe siècle, dans le cercle des Pères de Cappadoce, le texte le plus ancien faisant référence à la venue d’un des apôtres en Hispanie. De la même époque date un texte de saint Jérôme affirmant que l’apôtre qui a prêché en Hispanie y a été enterré. Cependant, ces textes ne sont pas pris au sérieux par de nombreux historiens contemporains : ils accordent davantage de crédit à une hypothèse aussi fantaisiste que celle de l’enterrement de Priscillien… Il n’en reste pas moins vrai que, jusqu’à présent, il n’existait aucune preuve antérieure au IXe siècle concernant la tombe précise de l’apôtre Jacques. C’est ce qui a changé aujourd’hui : nous disposons d’inscriptions qui attestent d’un culte funéraire particulier dédié à Jacques, au moins dès le IIe siècle, dans la crypte de la cathédrale de Compostelle. Par ailleurs, cela implique que cette partie de la crypte a été mieux préservée que ne le supposaient certains spécialistes (pas tous, bien sûr). De plus, nous savons désormais qu’Atia Modesta, la propriétaire du mausolée, bien qu’elle fût considérée comme païenne, était chrétienne : l’une des premières chrétiennes d’Hispanie.
![Inscription "Atia Mo[desta]"](https://www.eecho.fr/wp-content/uploads/2026/05/Compostelle-inscripciones-tumba-apostol-santiago4-300x244.png)
—En effet. Pour les repérer et les interpréter, il faut un œil habitué aux inscriptions informelles et certaines connaissances en matière de symbolisme ancien, de monogrammes, etc. Dès 1988, des photographies avaient été prises, et leurs auteurs avaient interprété certaines inscriptions. Cependant, la technologie de l’époque ne permettait pas d’obtenir des résultats nets, et ces interprétations sont tombées dans l’oubli. Aujourd’hui, nous disposons de la télécommande, de la haute résolution, de meilleures technologies d’éclairage, d’objectifs mieux adaptés aux conditions objectives difficiles du site… De plus, nous avons beaucoup progressé dans les connaissances interdisciplinaires nécessaires pour comprendre bon nombre de ces inscriptions. Il est également plus facile de contacter des collègues éminents et de les consulter. Les responsables de la cathédrale et de son musée ont fait preuve d’une aimable patience à mon égard lorsque j’ai répété mes explorations en utilisant diverses technologies qui, bien entendu, ont toujours été choisies de manière à ce que les vestiges archéologiques restent intacts et ne subissent aucun dommage.


Il y aura des suites
— Y aura-t-il de nouvelles révélations ?
— Il reste encore à publier, entre autres découvertes, les parties les plus importantes et, je dirais, les plus concluantes. De plus, lors des phases ultérieures, il faudra effectuer des analyses plus techniques du site, afin de certifier son ancienneté par des méthodes physiques et chimiques. De plus, en collaboration avec l’École d’ingénierie de l’Université de Navarre et une entreprise leader en Europe, nous souhaitons réaliser des copies en 3D des inscriptions, afin de mieux les étudier et de les présenter au public lors d’une exposition que nous préparons. Espérons que nous pourrons trouver le financement nécessaire pour ces projets…
Une refonte technique a effacé les tout derniers messages, nous nous en excusons.
En bref, il était question de la validité de la certitude des archéologues espagnols.
L’article, traduit de l’espagnol, ne donnait pas suffisamment d’explications et il a fallu ajouter des images pour qu’il soit plus clair. Ce qui est évident pour un archéologue l’est moins pour un profane.
C’est fiablement que des épigraphies du 2e siècle attestent que les restes de l’apôtre Jacques frère de Jean ont bien été ramenés là, à Compostelle (depuis Jérusalem).
Que les chrétiens se soient trompé de Jacques est une idée assez farfelue, tout comme celle qu’ils auraient fabriqué des hoax comme il y en a tant aujourd’hui ; ils méritent notre confiance, beaucoup sont morts pour la vérité.