Du Mandylion au Linceul de Turin : les sources
QUE PEUT-ON DIRE DU SAINT MANDYLION ?
par Pierre de Riedmatten
Président honoraire de Montre-Nous Ton Visage
paru en anglais in British Society for the Turin Shroud (BSTS) n° 101, juin 2025
Texte PDF.
Sur le suaire lui-même : youtube.com/watch?v=miunM6tkHnE ou encore www.youtube.com/watch?v=6PsppYOqcPs.
Des précisions sur l’histoire du linceul spécialement avant le 6ème siècle : voir l’article de Bernard Scherrer.
L’appellation « Saint Mandylion » suscite toujours des interrogations : s’agit-il du Linceul de Turin (4,42 m) ou bien d’un tissu de petite taille avec seulement le Visage du Christ ? Sans aucune prétention d’historien, je me propose de réexaminer ce dossier très complexe, aussi objectivement que possible, en tenant compte des recherches récentes.
I- L’image d’Edesse est-elle le Linceul de Turin ?
I-1- Comment le « Portrait » de Jésus est-il arrivé à Edesse ?
Les principaux textes très anciens qui parlent de la mission à Edesse[1] du disciple Thaddée (Addaï en syriaque), envoyé par l’apôtre Thomas, semblent s’être appuyés [bibliographie-1] sur la Chronique de Jules l’Africain[2] :
- – dans son « Histoire Ecclésiastique », Eusèbe de Césarée (264 ? – 339) ne mentionne pas le portrait[3], mais il précise : « nous avons appris que les images des apôtres Pierre et Paul et du Christ lui-même ont été conservées sur des tableaux » [2, livre VII, 18]. Il dit avoir « emprunté, dans les archives d’Edesse, le témoignage écrit conservé jusqu’à présent encore… qui provient d’un récit ancien » [2, livre I, 13 ; livre II, 1]. Selon ce récit, Thaddée guérit le roi Abgar en lui imposant les mains, puis il guérit les autres malades de la ville et convertit la population ;
- – dans la Doctrine d’Addaï/Thaddée[4], Hannan, archiviste du roi, est envoyé à Jérusalem : « il mit en peinture l’image de Jésus et la rapporta au roi Abgar qui la plaça avec grand honneur dans une pièce de son palais » ; et, plus tard, il « se prosterna devant une vision prodigieuse [1, ms L, §§ 6 et 10] ;
- – dans les Actes de Thaddée (manuscrit grec du VII° s)[5], Hannan, appelé ici Ananias, est envoyé par Abgar pour noter minutieusement l’aspect du Christ et la forme de son corps entier [1] ; mais il n’arrive pas à faire le portrait de Jésus, qui est trop lumineux. Jésus s’essuie alors le visage avec un linge humide quatre fois doublé (tetradiplon, tetradiplon) [1 et 3] : « il fixa son image sur ce tissu de lin fin[6] et le donna à Ananias ».
Curieusement, Laboubna et Eusèbe n’indiquent pas de date pour la venue de Thaddée à Edesse, « après l’Ascension »[7], alors que Laboubna précise le jour (le 12 nisan) de la venue des émissaires d’Abgar à Jérusalem, à propos des fameuses lettres échangées entre Abgar et Jésus[8] ; Or, Alain Queinnec a montré [5] que l’évangile de Jean mentionne bien des messagers non-juifs (des « Gentils ») venus rencontrer Jésus juste après son entrée solennelle à Jérusalem (Jn, 12, 20)[9].
Pour certains auteurs, cette tradition aurait eu pour but de glorifier Constantin, ou de lutter contre les hérésies [1, 3]. Pour d’autres, elle pourrait concerner plutôt Abgar VIII (179-212), le premier roi du royaume d’Osrhoène officiellement converti au christianisme. Et l’Arménie, convertie au début du III° s, aurait cherché à faire d’Abgar V un roi arménien[10]. Pour d’autres enfin, il s’agirait d’une « légende », fabriquée de toutes pièces dans les années 250, pour donner une origine apostolique à l’éclosion du christianisme dans cette région ; ce serait « l’une des fraudes pieuses les plus réussies de l’Antiquité »[11]. Cependant, bien que les récits successifs de la mission de Thaddée à Edesse aient été modifiés/enjolivés avec le temps, certains paragraphes paraissent confirmer qu’il s’agirait plutôt d’Abgar V [5, 6 b].
Le transfert du Linceul aurait ainsi été possible dès les premières persécutions (commencées dans les années 40 par Hérode Agrippa), avant le départ de l’apôtre Thomas[12] et même avant la mort d’Abgar V, en 50. (Au X° s, Syméon le Métaphraste dit que « Abgar avait accueilli les chrétiens persécutés qui avaient emporté avec eux la précieuse relique ») ; et sous réserve que la dormition de la Vierge Marie ait déjà eu lieu (date inconnue, mais peut-être avant 40 ?), car elle n’aurait surement pas accepté que le Linceul sacré de son Fils soit cédé à un païen. Les chrétiens auraient alors pu mettre le Linceul en sécurité dans cette ville, indépendante du pouvoir romain et favorable aux images du Christ. « Force est de constater », dit Alain Desremaux [1], qu’il y avait déjà à Edesse, au II° s, des communautés chrétiennes qui ont donné de nombreux écrivains[13], des philosophes, et des théologiens[14] ; elles avaient des églises construites du temps d’Addaï [1, ms L §§ 64…], parmi lesquelles la « vieille église des chrétiens » a été détruite en 201 lors d’une crue du Daison[15].
Mais l’Image n’aurait été visible que jusque vers 57 : elle aurait alors été cachée dans une niche au-dessus des remparts de la ville, car le deuxième successeur d’Abgar V, Ma’nou VI, « fils rebelle qui ne consentait pas à la vérité », est revenu au paganisme [1, ms L].
I-2- Comment se présentait l’Image d’Edesse ?
Il parait normal que les « porteurs », ne pouvant « céder » en l’état un tissu très souple et très long, taché de sang donc totalement impur selon la loi juive[16], l’aient plié à des dimensions commodes et ne laissant voir que le Visage du Christ, considéré alors comme en gloire : en effet, pour tous les observateurs (même aujourd’hui), le « positif » du Linceul montre le Christ avec les yeux ouverts, donc vivant[17].
Pour comprendre cette « mise en forme », Ian Wilson s’est appuyé sur deux éléments :
a- la profusion[6, 7], dans tout le monde byzantin, ainsi qu’en Egypte et en Russie, de copies de l’image d’Edesse, rectangulaires, en « format paysage », avec au centre le seul Visage du Christ, les yeux ouverts, et souvent la fameuse mèche de cheveux en forme de « 3 » inversé, en haut du front, qui est une des caractéristiques particulières du Linceul ; plusieurs de ces représentations montrent un grillage en losanges, terminé par des franges ou des fils de fixation par des clous, visibles notamment sur les trois représentations ci-dessous[18] ;
b- l’« Histoire de l’Image d’Edesse » (dite aussi Narratio de Imagine Edessena ou Pseudo-Constantin), écrite en 945 à Constantinople. Ce texte précise que le roi Abgar « avait fixé [attaché, cloué] l’Image sur une planche de bois [epi sanidos kollessas] et l’avait ornée avec l’or que nous pouvons voir encore » [6 a, Appendice C].
Le mot « tetradiplon »[19], qui semble n’avoir été utilisé que pour cet objet, a été compris par Ian Wilson comme le montre la figure 4 : au troisième pliage, le tissu est doublé quatre fois (tetradiplon), et on obtient un ensemble de 55 cm de haut sur 1,10 m de large (la largeur du Linceul), en « format paysage », avec le Visage bien centré.
Le tissu comporte alors 8 secteurs égaux, séparés par 7 plis. Or, John Jackson a rappelé la mise en évidence, lors des travaux du STURP de 1978, de plis transversaux régulièrement espacés, tous les 1/8 de la longueur du tissu du Linceul[20], ce qui atteste d’une longue durée dans ce type de pliage. Ian Wilson en a déduit que le cadre grillagé devait être cloué au-dessus du coffre, avec un trou central, comme sur le schéma de la fig. 5.
En examinant de près les photos du Linceul, Eric de Bazelaire a mis en évidence, en 2004, un halo autour du Visage, un peu plus visible sur le négatif, compatible avec un trou dans le grillage/treillis, le reste du tissu étant supposé caché par une protection située au-dessus du Linceul [9] : en effet, sauf à l’endroit du trou, la luminance est identique sur toute la surface du tissu, donc la lumière extérieure et les salissures n’ont eu aucun effet, même sur ce huitième supérieur du linge.
Mais la partie centrale, d’environ 50 cm de diamètre, est plus claire que le reste du tissu[21] : cette zone pouvait donc être fermée par une plaque de verre ou d’albâtre qui, lors des expositions, relativement fréquentes à Edesse [22], protégeait le tissu des salissures et du vieillissement dû à l’action des rayons ultra-violets. Lors de ses travaux de 2013 sur le relief de l’image[23], Thierry Castex a mis encore mieux en évidence ce halo autour du Visage sur le négatif en 3D du Linceul (fig. 6). A partir des photos de Durante (2000 et 2002), il vient de montrer[24] que, sur le négatif, ce halo se devine à peine sur le verso du Visage, mais qu’il n’y a aucune trace de halo autour de la nuque, sur la face dorsale du tissu (fig. 6 bis), ni sur le verso de la nuque. Ces observations confirment le type de pliage présenté plus haut. Existe-t-il une meilleure explication pour ce halo, qui ne comporte aucun pigment et ne peut pas faire partie de l’image corporelle (face et dos) projetée sur le tissu ?
Par ailleurs, Mark Guscin a découvert au Mont Athos plusieurs copies de manuscrits[25], où il est clairement dit : que l’Image d’Edesse est un sindon (sindon), donc un long tissu d’ensevelissement ; et que le roi Abgar pouvait y voir non seulement le Visage du Christ mais aussi ses cheveux et la forme de son corps entier (σωματικόν) ainsi que les taches de sang (ηματος). Dans un autre manuscrit[26], Jésus répond à Abgar : « voici que je t’adresse un linge dans lequel tu pourras voir la stature de tout mon corps ».
I-3- Qu’est devenue l’Image d’Edesse jusqu’au X° s ?
Selon la tradition ci-dessus, elle n’aurait été redécouverte qu’en 525, lorsqu’une grave inondation a détruit une partie de la ville ; mais l’historien Procope de Césarée, qui parle beaucoup de cette catastrophe, n’y fait aucune allusion. Un séjour de 475 ans dans une cachette obscure, sans subir aucun dommage, peut paraitre peu crédible. Mais la tunique d’Argenteuil a été également cachée pendant plus de 300 ans ; et, outre les manuscrits de la Mer morte (I° s av JC – découverts en 1947), un manuscrit sur l’histoire d’Abgar (VI°-VII° s) a été retrouvé en bon état au XX° s, en Haute Egypte[27].
En 544, lors d’un siège par l’armée perse du roi Chosroès, cette Image, portée sur les remparts, protège la ville qui avait reçu une promesse d’invincibilité, selon une version enjolivée de la Doctrine d’Addaï. L’image est ensuite pieusement conservée dans l’église Ste Sophie, nouvelle cathédrale reconstruite après les inondations de 525.
La représentation peut-être la plus ancienne, à ce jour, de cet ensemble (grillage en losanges et Visage central) se trouve dans un manuscrit très peu connu[28], la Topographie Chrétienne[29], composé entre 546 et 549 par Cosmas Indicopleustès, un ancien moine devenu marchand, qui a beaucoup voyagé, jusqu’en Orient ; dans sa conception du monde (fig. 7 et 8)[30], le Christ est en haut du firmament (στερέωμα) qui est orné d’un grillage doré en losanges. Au-dessus, il est écrit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Ο Κύριός ημων Ιησούς Χριστός.
En 639, malgré la prise de la ville par les Arabes, celle qu’on appelle désormais l’« Image d’Edesse », est préservée ; elle est dite alors acheiropoiétè (en grec), c’est-à-dire non faite par la main de l’homme, car on ne comprenait sans doute pas, déjà, comment elle s’était formée.
Au VIII° s, saint Jean Damascène cite l’envoi du portrait au roi Abgar, dont « le récit nous est parvenu par une ancienne tradition »[31]. Pour lui, le portrait de Jésus était une empreinte laissée sur un drap oblong sur lequel « il imprima sa propre physionomie ».
Certains auteurs ont cependant supposé que l’Image ne serait arrivée à Edesse qu’à la fin du IV° s, en provenance d’Antioche d’où des notables avaient fui lors d’une répression brutale en 387, et où le Linceul aurait pu avoir été conservé dès les temps apostoliques[32]. Mais, si une relique aussi prestigieuse y était arrivée à cette époque, il devrait y avoir une source fiable d’un tel transfert, qui n’avait plus aucune raison d’être tenu secret comme à Jérusalem au I° s. De même, rien ne permet de croire, comme le suggère un avocat américain[33], qu’un juif de Beyrouth, à une époque non mentionnée, aurait abandonné chez lui la Relique, « une image peinte sur une tablette de planches et contenant l’image de notre Seigneur et Sauveur, en pleine longueur »[34].
Certes, la pèlerine Egérie a visité Edesse en 384[35] sans parler de l’Image ; elle a examiné les Archives et a précisé qu’elle avait, « dans sa patrie » (en France), des copies des fameuses lettres entre Abgar et Jésus citées plus haut, « un peu moins complètes » [11] ; elle aurait aussi pu avoir chez elle une copie du « portrait », et n’avait pas forcément besoin d’en parler dans son récit de voyage, si elle savait qu’il était introuvable. Le Linceul serait-il alors arrivé à Edesse avant la venue, en 405/407, de Daniel de Galash et Mar Mari qui ont reçu la bénédiction de l’image du Messie[36] ? Mais, ces visiteurs ont pu tout aussi bien voir une copie du Linceul, comme il y en a eu beaucoup[37] ; des portraits du Christ étaient déjà en vente dans les bazars de Palestine à l’époque d’Eusèbe de Césarée [3]. De même, les quarante arméniennes (Gayané …), qui, entre 303 et 314 [5], donc longtemps avant le transfert depuis Antioche supposé plus haut, se sont «inclinées devant l’image du Seigneur, considérant qu’elles avaient vu le Verbe incarné dans sa chair », ont également pu voir une copie.
Aucune source fiable ne parle non plus d’une image du Dieu incarné qui aurait été transférée à Constantinople en 540[38]. D’ailleurs, toute image montrant le Visage du Christ y aurait été détruite pendant la crise iconoclaste : ainsi en a-t-il été, selon Ian Wilson [6], de l’image de Kamuliana (Cappadoce), dite également acheiropoiète, découverte vers 544 et arrivée à Constantinople en 574[39].
Bien que la date de l’arrivée du Linceul à Edesse n’apparaisse donc pas clairement établie, rien n’indique qu’il n’y était pas au temps des rois Abgar et qu’il n’y est pas resté jusqu’à son transfert à Constantinople, en 944.
I-4- Quelle importance avait l’Image d’Edesse ? 
Lors des couronnements et des grandes fêtes liturgiques (Pâques, Ascension…), les empereurs byzantins – comme l’empereur Théophile au IX° s[40] – enroulaient autour de leur corps, selon un rituel spécifique, un loros, long tissu avec des losanges, qui symbolisait l’ensevelissement du Christ (fig. 9). Selon Pam Moon[41], cette cérémonie a commencé sous Justinien II (527-565), après la « redécouverte » du Linceul à Edesse en 525 (supra). Richement orné d’or et de pierres précieuses (en lien avec le soleil de la Résurrection), le loros figure ensuite sur les pièces de monnaies, et acquiert une dimension mystique.
Le grillage en losanges était donc lui-même un motif considéré comme prestigieux[42], un signe de royauté : on le voit sur des pièces de monnaie byzantines, sur le trône du Christ[43], ainsi que sur de nombreuses représentations de l’Image d’Edesse au XII° s [7] ; il figure également sur les linges liturgiques rappelant l’ensevelissement du Christ (les épitaphioi), comme la thrène de Nérézi (fig. 10[44]). Sa présence, au II° s [6 a], sur la tunique du roi parthe Uthal/Athal[45] peut nous interroger.
Dans la controverse sur les images, il a été souvent rappelé[46], que le culte de l’Image d’Edesse, fondé sur le mystère de l’Incarnation, est une des plus précieuses traditions non écrites de l’Eglise[47].
Suite à la longue crise iconoclaste (726 – 843), qui avait entraîné dans tout l’empire byzantin la destruction de nombreuses images du Christ, de la Vierge et des Saints, l’empereur Romain Lécapène n’aurait pas mis le siège à Edesse en 943 si cette Image n’avait pas eu une très grande importance. Et le calife de Bagdad n’aurait pas obtenu un « prix » aussi exorbitant (12.000 couronnes d’or, 200 prisonniers libérés) pour un tissu quelconque ou une simple copie.
Sur la fameuse gravure n° 326 du manuscrit de Skylitzès (fig. 11), qui montre l’arrivée de l’Image d’Edesse à Constantinople le 15 août 944 [4 b ; voir aussi 4 a, p. 195], un tissu de petite taille, mais « raide » et muni de franges/fils est supporté, comme c’était le cas pour tous les objets sacrés[48], par un tissu de protection[49] : l’empereur embrasse l’image, mais ne la tient pas à mains nues (voir également les figures 18 et 22).
Pour les byzantins, l’Image d’Edesse était « considérée comme le plus précieux trésor de la capitale même de l’Empire chrétien… la représentation la plus authentique du Christ, parce qu’elle a été obtenue par le contact immédiat avec le Visage de Jésus ». Les reproductions étaient souvent placées très au-dessus du sol pour symboliser l’Incarnation, faisant ainsi le lien entre l’église terrestre (en bas) et l’église céleste (en haut)[50].
II – Comment ne pas faire de confusions ?
Dès lors que le Linceul n’était plus visible en entier,
car replié dans un coffre grillagé, les confusions ont été nombreuses et inévitables ; certaines perdurent encore :
– les fils de fixation ont été pris pour les franges d’un tapis [10] ; or l’icône de Spas Neredista (fig. 3), comme celle de Laon[51] (fig. 12), ne montrent pas des franges mais des fils terminés par des ronds, suggérant des clous de fixation ;
–
le trou autour du Visage a été compris comme un simple nimbe, d’abord dans les icônes[52] et dans les clipei[53], très populaires dans l’art antique, comme celui de la fig. 13[54], qui, selon André Grabar, représente l’image d’Edesse [6]. Ce nimbe, qui n’existait pas sous cette forme dans l’Antiquité grecque ou égyptienne, est devenu ensuite cruciforme, symbole même de la gloire du Christ ; il figure sur de nombreuses icônes,
comme celle, bien connue, de la remise de l’Image d’Edesse au roi Abgar par Thaddée (fig. 14)[55] ;
– l’image était supposée montrer le Christ vivant – ses yeux apparaissent ouverts – donc elle aurait été réalisée par les sueurs de l’agonie, au Jardin des Oliviers, comme le dit l’homélie de Grégoire le référendaire (voir plus loin) ;
– le Christ vivant (yeux ouverts) était supposé avoir pris un linge pour s’essuyer le Visage, d’où la légende de Véronique, qui ne s’est véritablement construite qu’au début du XIII° s[56]. Rappelons qu’il n’y pas de Véronique citée dans les Evangiles, et qu’aucun tissu miraculeux de ce type n’a jamais pu être réellement montré[57] ;
– et bien sûr, de nombreuses appellations ont été utilisées, dont plusieurs sont mentionnées par Ian Wilson [7], par le Père Dubarle [10] et par d’autres auteurs |5, 11] :
♦ avant le X° s dans la culture grecque, les mots himation (μάτιον)[58] et peplos, signifiant habit, manteau, toge ; les mots sindon et tetradiplon signalés au § I ; et le mot rakos (ράκος)[59] qui s’applique à un morceau d’étoffe ancien, de forme allongée [5] ;
♦ à partir du X° s, le mot Mandylion qui semble plus d’origine perse ou arabe que d’origine latine (voir ci-dessous), et qui peut désigner une grande pièce de tissu, un vêtement ou une cape militaire [3] ; les mots mandil, mandilan, mandèlè, mindil, qui peuvent s’appliquer à un linge de petite taille, comme une serviette, un mouchoir, un foulard, mais aussi à un morceau de tissu plus grand, comme un linge pour couvrir une table, pour se couvrir les reins ou pour couvrir tout le corps[60] ; ainsi que le mot cheiromaktron (χειρομάκτρον)[61] qui s’applique seulement à une serviette ; et le mot entaphion associé au sindon (ενταφιοι σινδονές) pour désigner les linges funéraires[62] ;
♦ dans la culture latine, les mots manuterge, manutergium[63], qui n’ont aucun rapport avec le mot mandulion, car la main se dit keir en grec ; les mots mantele, mantile, mantilium, mantellum, qui désignent une serviette ou une serpillière, mais aussi une voile ou un petit manteau ; les mots linteum[64], linteanum (confondu parfois avec sudarium[65]), lintheamen, linteamina[66] ; ainsi que les mots sydoine et synne, utilisés par Robert de Clari et dérivés de sindon ; et même le mot islandais likblaejur[67] (de lik = lin).
III – Peut-on identifier le Mandylion au Linceul ?
Dans son homélie du 16 août 944, Grégoire le Référendaire n’utilise pas le mot Mandylion, sans doute parce qu’il n’était pas encore d’usage courant (voir ci-dessous) ; mais to agion mandul (le Saint Mandylion) figure sur la gravure n° 326 du manuscrit de Skylitzès – arrivée à Constantinople de l’Image d’Edesse/Linceul (flèche sur la fig. 11). Grégoire a vu le Linceul déployé, car il précise que « l’empreinte a été embellie par les gouttes de sang qui ont coulé de son propre côté » [8, § 26] ; et il est possible qu’il soit allé lui-même enquêter à Edesse [8]. Il précise également que l’Image n’a pas pu être faite par une peinture : « ce ne sont pas les moyens grâce auxquels la peinture forme les images… qui ont produit le resplendissement … » [8, § 25] ; et les observateurs ont dit ensuite[68] qu’elle est floue et difficile à comprendre (comme sur le positif du Linceul). L’appellation to agion mandulion figure plus tard sur d’innombrables peintures et icônes dans tout le monde byzantin, comme à Chypre (fig. 15[69] et fig. 16[70]), ou en Grèce (fig. 17[71]), avec souvent la fameuse mèche de cheveux en forme de « 3 » inversé en haut du front.
L’appellation « Mandylion d’Edesse » est un peu une extrapolation, car les premières appellations « Mandylion » connues à ce jour semblent remonter vers 930, peu avant le transfert de l’Image à Constantinople :
♦ le patriarche melchite d’Alexandrie, Eutychius (Saïd ibn Bitriq, 877-940), attribue alors un statut très élevé à ce tissu : la plus merveilleuse de Ses reliques que le Christ nous a léguées est une mandilān dans l’Église d’Ar-Ruha[72].… Avec cette mandilān, le Christ a essuyé son visage et y a fixé une image claire, non faite par la peinture, le dessin ou la gravure et qui ne change pas »[73] ;
♦ un historien arabe, Abū al-Mas’ūdī (mort vers 956) mentionne « un mindīl que les chrétiens vénèrent beaucoup dans l’église d’Édesse. En effet, Jésus s’en était servi pour s’essuyer lorsqu’il était sorti des eaux du baptême[74] ;
♦ et vers 990, selon Alain Queinnec, le biographe de Paul (ermite du mont Latros/Turquie)[75] précise que le mot Mandylion était déjà utilisé.
Dans sa Chronique syriaque, Eliash bar Shinaya (Métropolite de Nisibe, 975-1046) écrit : « L’année 331, le roi des Romains écrivit une lettre au roi des Arabes, dans laquelle il lui demandait de lui envoyer le Mandhlh[76] que le Christ avait envoyé à Abgar, le roi d’Edesse, sur lequel se trouvait l’image du Christ, afin qu’il libère tous les captifs arabes qui se trouvaient dans le royaume des Romains. Et le roi Muttaqi donna l’ordre au gouverneur d’Edesse de remettre le Mandhlh au roi des Romains ». Selon Alain Queinnec, il s’agirait d’Al-Muttaqi (908-968) qui était calife de Bagdad en 940 ; la date de 331 du calendrier musulman[77] correspond bien à 943, année du siège d’Edesse par le général Courcouas.
Des processions ont eu lieu ensuite à Constantinople, par exemple à l’occasion d’une grande sècheresse en 1037 (fig. 18) : « Jean (frère de l’empereur Michel IV) portait le Saint Mandylion, le grand domestique la lettre du Christ à Abgar et le protovestiaire les saints langes » [4 a, p. 332, et 4 b]. Vers 1100, Georges Kedrenos mentionne cette procession du Saint Mandylion [10].
Vers 1150, un pèlerin anglais, n’ayant sans doute pas vu l’intérieur du nouveau coffre (voir au § V), mais se fiant à ce que disaient les grecs, mentionne « dans une autre capsule d’or au milieu de la chapelle [du Boucoléon], le Mantele essuie-mains qui, appliqué au visage du Seigneur, a conservé l’image de sa face » [10].
IV- N’y avait-il qu’un seul Mandylion/Linceul venu d’Edesse ?
Certains auteurs ont estimé que deux tissus venus d’Edesse ont coexisté à Constantinople, indépendamment des « copies » renvoyées à Edesse dès 944 [11] :
– pour le Père Fiey notamment[78], le vrai Linceul serait à distinguer du Mandylion/essuie-mains ; voir cependant ci-dessus les inévitables confusions qui ont abouti notamment à la légende du voile de Véronique ;
– pour Yves Saillard[79], à Edesse le Linceul aurait été totalement invisible dans son coffre, sur lequel une « copie » du Visage aurait été placée, appelée plus tard le « Mandylion ». Mais cette hypothèse n’est pas compatible avec la présence du halo (fig. 6) qui nécessite au contraire un trou central ne laissant voir que le Visage. Yves Saillard était par ailleurs persuadé que le vrai Linceul était le tissu vu par Robert de Clari aux Blachernes (voir cependant ci-dessous) ;
– pour Eric de Bazelaire [9], le Mandylion aurait été une copie utilisée pour les processions, car le coffre contenant le Linceul aurait été fragile et encombrant ; voir cependant au § V ;
– pour d’autres (Antoine Legrand[80], Emmanuel Poulle[81], …), l’homélie de Grégoire désignerait deux tissus situés à des endroits distincts, l’un ayant reçu les sueurs de l’agonie, « ici sueur et forme », et l’autre ayant reçu l’empreinte après le coup de lance, « sang et eau là-bas » : mais le mot ekei signifie « là-même » et non pas « là-bas »[82] : selon la traduction du Père Dubarle, l’empreinte a été réalisée « par les seules sueurs de l’agonie du visage du prince de la vie, qui ont coulé comme des caillots de sang… ; depuis qu’elles ont coulé, elle a été embellie par les gouttes de sang de son propre côté… sang et eau là, ici sueur et forme » [8, § 26]. Il s’agit donc de deux évènements différents, intervenus sur le même tissu : Grégoire aurait ainsi confondu les taches de sang du Visage avec les sueurs de l’agonie, et le linge aurait servi ensuite pour essuyer « les taches de sang de son propre coté ». Le Père Dubarle précise en effet [8] que, pour les byzantins, l’image s’était faite avant la crucifixion, le Christ s’étant essuyé le Visage à Gethsémani[83].
Les deux « riches vaisseaux » de la Sainte Chapelle du palais du Boucoléon, observés par Robert de Clari avant le sac de Constantinople, ne contenaient pas deux tissus porteurs de l’Image. Même s’il n’a pas eu accès directement à l’intérieur de ces « deux vases d’or suspendus au plafond par de grosses chaines d’argent », Robert de Clari a précisé [12, § 83] que « l’un contenait un linge et l’autre une tuile » : le linge pouvait être le Mandylion/Linceul dans son nouveau coffre (voir ci-dessous) ; pour la tuile, il s’agit du Kéramion[84], dont les nombreuses représentations montrent un visage du Christ aux traits beaucoup plus « durs » que sur le Linceul (figures ci-dessous), les plus anciennes datant du VI° s[85]. Le Codex Rossianus montre le Kéramion comme une inversion du Mandylion (fig. 2 bis)[86]. Il n’y avait donc à Constantinople qu’un seul Mandylion/Linceul venu d’Edesse.
Cela n’empêchait pas les copies, dont plusieurs ont été signalées à Constantinople. Ainsi, le « sydoine dont fut enveloppé Notre Seigneur », vu par Robert de Clari à Ste-Marie des Blachernes, « qui chaque vendredi se dressait tout droit, si bien qu’on pouvait y voir distinctement la forme de Notre Seigneur », devait être une copie, comme l’a montré Jean-Christian Petitfils[87] ; en effet, rien ne dit que ce miracle habituel, peut-être animé par un mécanisme placé derrière le linge, visait uniquement à protéger la ville dans les temps difficiles de la IV° croisade ; un tel prodige habituel, remontant au XI° s, avait encore lieu également le vendredi soir à Ste Marie des Blachernes, pour une icône de la Vierge recouverte d’un voile qui se soulevait tout seul (mais les fidèles devaient quitter les lieux auparavant) et se rabaissait vingt-quatre heures plus tard[88].
V – Qu’est devenu le Mandylion/Linceul au XIII° s ?
Selon le Pseudo Constantin, l’image serait arrivée à Constantinople en 944 avec le coffre original du roi Agbar, qui « l’avait fixée sur une planche de bois et l’avait ornée avec l’or que nous pouvons encore voir » (supra § I-2). Ce très vieux coffre syrien (environ 900 ans/Abgar V, ou plus de 750 ans/Abgar VIII), a donc pu être remplacé par un nouveau reliquaire moins encombrant : Bernard Flusin, s’appuyant sur le Liturgical tractae (950), pense qu’une nouvelle châsse aurait pu être réalisée pour le transfert à Constantinople ; et, selon Jannic Durand, il y a eu une campagne de réfection des
reliquaires de la Passion sous les empereurs Comnène (XI° – XII° s)[89]. Sur la gravure n° 513 du manuscrit de Skylitzès (fig. 22), le patricien Constantin Dalassénos reçoit, vers 1034, « la sainte empreinte » (« la toile avec l’image de Jésus-Christ ») [4], dans un coffret de taille mo dérée, dont le couvercle ne montre ni grillage ni trou central ; et le même type de coffret a été utilisé lors de la procession de 1037 (fig. 18). Or, le pèlerin de Tarragone, qui a longuement visité Constantinople vers 1090, écrit que « cette merveilleuse toile de lin avec le visage du Seigneur Jésus est considérée avec une si grande estime qu’elle est toujours conservée dans un coffret d’or et très soigneusement enfermée »[90]. Selon ce pèlerin, un « châtiment de Dieu » était intervenu lors d’un séisme particulièrement important[91] : « quand la toile avec l’image du Christ, qui fut envoyée à Abgar, fut sortie de son coffre, un long tremblement de terre se produisit. C’est pourquoi la relique fut enfermée dans un vase d’or et ne fut plus montrée au public, ni même à l’empereur » [92]. Ce vase/coffret d’or a pu être réalisé au X° s, car, en 966, l’empereur Nicéphore Phocas ordonna de placer le Kéramion dans un coffret orné d’or et de le déposer à l’église palatine du Pharos, à côté du palais du Boucoléon, [4 a, p. 227]. Dans son « Livre des cérémonies »[93], Constantin VII précise comment, le Vendredi Saint, il installe lui-même la Sainte Nappe sur l’autel de l’église Ste Sophie, et l’encense avant de la remettre dans le Saint Coffret (θήκη).
Le vase d’or ci-dessus pouvait donc être soutenu par les grosses chaines d’argent vues par Robert de Clari au Boucoléon[94]. Entretemps, ce vase d’or a-t-il été descendu et ouvert pour de hauts personnages ? En 1147, Louis VII « en compagnie de l’empereur Manuel, se rendit au Grand palais pour y vénérer les reliques insignes de la Passion… »[95] ? Amaury de Lusignan a également visité les reliques en 1171.
Cette disposition protégeait normalement le Linceul du public, mais n’a pas pu empêcher la fureur du pillage d’avril 1204, car la Sainte Chapelle du Pharos (église de la mère de Dieu, Théotokos) possédait 68 des reliques les plus sacrées, parmi les innombrables trésors de la « ville gardée par Dieu » : selon Nicolas d’Otrante, les croisés « recherchèrent tous les trésors des temples du Seigneur… ils entrèrent en brigands dans le dépôt du Grand Palais » [10]. Robert de Clari a lui-même ramené des reliques provenant du pillage [12]. Et l’un des chefs de la IV° croisade, Boniface de Monferrat, qui « s’empara d’entrée de jeu de biens prestigieux, de Ste Sophie et du palais du Boucoléon » où il s’installa, était seulement « préoccupé de son intérêt personnel »[96]. Rien ne permet donc de dire que le Mandylion/Linceul n’a pas été emporté : « ceux-là mêmes qui devaient garder le trésor… dérobaient le butin ; et chacun des puissants s’appropriait… ce qu’il préférait et l’emportait » [12 § 81]. Et, si Théodore Ange (neveu de l’empereur Isaac Ange, détrôné en 1203 et mort en janvier 1204), savait que le vrai Linceul/Mandylion était resté dans le trésor du Boucoléon, il n’aurait surement pas écrit au pape Innocent III, le 1° août 1205[97], pour se plaindre que les pillards francs avaient emporté à Athènes, le linceul dans lequel, après sa mort et avant sa résurrection, Notre-Seigneur Jésus-Christ fut enveloppé » : pour que le pape intervienne, il fallait lui fournir une base précise et incontestable pour enquêter d’abord sur la réalité des faits[98]. Par ailleurs, le Père Dubarle a montré que Nicolas Mésaritès, dans l’éloge funèbre de son frère Jean, en 1207, avait repris les termes de sa propre harangue pour disperser des émeutiers en 1201, trois ans avant le pillage ; sa mention des « linges parvenus jusqu’à nous », n’est donc pas une preuve que le Mandylion soit resté à Constantinople [10].
Il peut paraitre normal qu’il n’y ait aucun document attestant un possible retour ultérieur du Linceul/Mandylion à Constantinople : le « détenteur » ne pouvait sans doute pas l’avouer, compte tenu de la position de l’Eglise contre ceux qui avaient gardé des reliques[99]. Et, s’il n’a pas ramené le coffret d’or, le Linceul aurait pu partir en France dans un simple coffre de bois, comme celui de la pierre du Saint Sépulcre, conservé au Louvre et daté du XII° s. Mario Latendresse a montré que le Linceul, replié en 54 x 28 cm, aurait une épaisseur totale d’environ 2 cm, aisément insérable dans un reliquaire d’environ 5 cm de hauteur et de 60 x 40 cm[100].
Pour le tissu des Blachernes, dont « on ne sut jamais ce que devint ce sydoine quand la ville fut prise » selon Robert de Clari [12], et dont l’image n’était pas qualifiée d’ἀχειροποίητn (non faite par la main), cette probable copie pourrait avoir été installée dans l’église de la Chalcopetria et peut-être détruite par la suite ; elle aurait été appelée le « Christ garant »[101].
VI- Conclusions
Au total, il me semble possible de retenir de ce qui précède :
- que le Linceul de Turin est bien l’image qui était à Edesse, pliée dans un coffre, avec un grillage en losanges ne laissant voir que le Visage du Christ, ce qui a laissé définitivement des traces de plis particulières et un halo clair sur le tissu, halo qui ne comporte aucun pigment et qui ne peut être lié à l’émission de l’image corporelle, car il n’existe pas autour de la nuque ; et que ce dispositif (Visage avec grillage) était déjà représenté au milieu du VI° s ;
- que le roi Abgar pouvait contempler le corps entier (σωματικόν) ainsi que les taches de sang (ηματος)
- que les récits concernant Thaddée et le roi Abgar, s’appuyant sur certaines bases crédibles, ont été modifiés et enjolivés au cours des siècles ; et que, si la date du transfert du Linceul à Edesse n’est pas clairement établie, rien ne permet de dire qu’il a séjourné à Antioche ou à Constantinople avant le X° s ;
- que des confusions ne pouvaient pas être évitées : avec le portrait du Christ vivant, car il semblait (comme aujourd’hui) avoir les yeux ouverts ; et avec un linge de petites dimensions qui aurait seulement servi à essuyer le Visage du Christ (d’où la légende tardive du voile de Véronique), au lieu d’un grand tissu de lin sur lequel « l’empreinte a été embellie par les gouttes de sang de son propre côté » ;
- que l’Image d’Edesse/Linceul, « considérée comme le plus précieux trésor de la capitale même de l’Empire chrétien » et comme signe de l’Incarnation, a été appelée le « Saint Mandylion » au Moyen Orient, à partir des années 930 ; mais que cette appellation, utilisée pour la cession de l’Image au roi des Romains par le roi des Arabes, en 943, et qui s’est transmise ensuite dans tout l’empire byzantin (et même en Russie), n’a pas été utilisée par les observateurs de culture latine ;
- qu’il n’y avait pas, à Constantinople, deux images différentes venues d’Edesse portant ce nom ; mais que de nombreuses copies ont existé dans tout le Moyen-Orient (Edesse, Jérusalem, Constantinople…), des portraits du Christ circulant déjà à l’époque d’Eusèbe de Césarée (IV° s) ;
- que le Saint Mandylion/Linceul, placé à Constantinople dans un coffret en or, dans la Sainte Chapelle du Boucoléon, a disparu en 1204 lors du sac de la ville par les croisés ;
- et que sa présence à Athènes, attestée par une supplique vers le pape en 1205, n’est pas incompatible avec son retour ultérieur à Constantinople, très discrètement et sans son coffret en or.
Bibliographie
[1]- Alain Desreumaux : Histoire d’Abgar et de Jésus – Brepols – 1993.
[2]- Eusèbe de Césarée : Histoire Ecclésiastique » – Sagesses chrétiennes – 2003.
[3]- Barbara Frale : Le Suaire de Jésus de Nazareth – Bayard -2009.
[4]- Jan Skyltzès : a) Empereurs de Constantinople – Réalités byzantines – 2003 – traduction par Bernard Flusin du Synopsis historiarum, publié à la fin du XI° s ; b) manuscrit du XII° s, conservé à la B. N. de Madrid, concernant la période 811-1057.
[5]- Alain Queinnec : Le Mystère du portrait de Jésus – Ed. Les acteurs du Savoir – 2020.
[6]- Ian Wilson : a) Le Suaire de Turin – Ed. Albin Michel – 1978 – 2° édition 1984 ; b) L’énigme du Linceul – Ed. Albin Michel – 2010.
[7]- Ian Wilson : Le Linceul de Turin est-il l’image d’Edesse disparue de Constantinople au XIII° s ? – Cahier MNTV n° 46 – 2012.
[8]- André-Marie Dubarle : L’Homélie de Grégoire le référendaire pour la Réception de l’Image d’Edesse – Revue des Etudes byzantines – T. 55 – 1997.
[9]- Eric de Bazelaire : Le Nimbe du Christ – Cahier MNTV n° 31 – 2004.
[10]- André-Marie Dubarle : Histoire ancienne du Linceul de Turin – T. 1 : jusqu’au XIII° s – Ed. Œil – 1985 ; T.2 : 944-1356 – Ed. FX de Guibert.
[11]- Jacques Suaudeau – Le Linceul de Turin – De l’analyse historique à l’investigation scientifique – T 1 : Face à l’histoire – Ed. L’Harmattan – 2018
[12]- Robert de Clari : La conquête de Constantinople – vers 1216 – Traduction J. Dufournet – Ed . Champion Classiques- 2004.
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[1] Aujourd’hui Sanli-Urfa, à l’est de la Turquie.
[2] Historien chrétien (160-240), ayant vécu à Edesse ; cette Chronique, disparue, aurait établi l’histoire du monde jusqu’en 221.
[3] qu’il n’a peut-être pas pu voir (cf. § I-3). Par ailleurs, Eusèbe respectait l’interdiction du culte des images (Dt. 5, 8), car il craignait que les communautés chrétiennes retournent à l’idolâtrie païenne. Il s’est opposé à Athanase d’Alexandrie, pour qui il était normal de faire des portraits ressemblants du Christ (concile de Nicée en 325). Et il a refusé d’envoyer à Constantia (sœur de Constantin) une copie fidèle du portrait authentique du Christ, déjà grandement renommé [3].
[4] dont le plus ancien manuscrit, Doctrine de l’apôtre Addaï, est celui de Laboubna, dit L, conservé à St-Petersburg ; daté du V° ou VI° s, il recopie, selon A. Desreumaux, un texte original beaucoup plus ancien [1].
[5] Acta Apostolarum Apocrypha, dit manuscrit de Paris, traduit par André Palmer en 1891, édité par Lipsius – B.N. de Paris.
[6] Le mot grec est sindon (sindon), comme dans les évangiles synoptiques (Mt 27, 59…).
[7] et non pas aussitôt après, comme l’affirment certains auteurs ; mais peu de temps après selon la tradition orthodoxe.
[8] Lettre d’Abgar pour demander à Jésus de venir le guérir de sa lèpre ; réponse de Jésus qui annonce la venue d’un disciple à Edesse « lorsqu’il aura été élevé ». Ces « lettres », apocryphes et parfois qualifiées de pieusement inventées (cf. Doroty Crispino – Cahier MNTV n° 39 – 2009), ont été traduites par Eusèbe à partir des archives d’Edesse [2, livre I, 13]. Elles pourraient donc dater du II° – III° s ; elles ont été apportées à Constantinople en 1033 [4a, p. 321].
[9] Cette rencontre est signalée par Moïse de Khorène, dans son Histoire de l’Arménie, vers 750 [5].
[10] cf. « Le Mandylion d’Edesse » – Gérard Dédeyan – Cahier MNTV n° 34 – 2006.
[11] cf. « Edessa : The blessed city », Judah Benzion Segal, 1970.
[12] qui a évangélisé la région avant de partir en Inde, en 52 ; sa tête aurait été ramenée à Edesse en 232, le reste de son corps étant resté à Madras/Chennai (où le pape Jean-Paul II l’a vénéré).
[13] notamment Tatien le Syrien, né vers 120, et Bardesane, né en 154.
[14] la date de Pâques a été fixée en 190 par le pape Victor I°, en accord avec18 évêques du royaume d’Osrhoène ; et la première traduction de la Bible, en syriaque, a été faite à Edesse.
[15] cf. « Chronique d’Edesse » – ms Vaticanus Syriacus 163 – VI° s.
[16] Sa possession était punie, car elle supposait une violation de sépulture.
[17] En copiant l’empreinte du Linceul, dans les années 2000, des élèves français ont reproduit également les yeux ouverts, comme si Jésus était vivant (cf. Cahier MNTV n° 46 – 2012).
[18] Fig. 1, Alexandrie, vers 1100 ; Fig. 2, Codex Rossianus 251, entre 1100 et 1118, conservé au monastère Ste Catherine du Sinaï (voir au § IV pour la fig. 2 bis) ; Fig. 3, Spas Neredista, 1198, fresque détruite pendant la guerre de 1940.
[19] à ne pas traduire par « plié en 4 » = 2 pliages, ni par « plié 4 fois ».
[20] cf. revue Shroud Spectrum n° 11 – 1984 ; Symposium du CIELT à Rome en 1993 ; IV° Symposium du CIELT à Paris en 2002 (Cahier MNTV n° 26 – 2002).
[21] luminance supérieure de 15 à 20 % sur le positif – mesures faites par Giulio Fanti en 2004.
[22] Selon le Liturgical tractae (950), deux fois par semaine, on laissait apercevoir le coffre contenant le tissu protégé par une grille ; et, durant la semaine sainte, la châsse était sortie de la sacristie pour être exposée – cf. notamment B. Flusin, « Sacre Impronte et ogetti non fatti da mano d’uomo nelle religioni », 2010.
[23] cf. Cahiers MNTV n° 48 – 2013, et n° 52-53 – 2015.
[24] cf. « Halo autour du visage – Analyse de la luminosité », Thierry Castex, mars 2025.
[25] du Codex Vossianus Latinus Q 69 (X° s) ; du Menaion et du Synaxarion (XI° s) ; d’un texte de Gervais de Tilbury (XIII° s)… cf. Cahiers MNTV n° 42 (2010) et 45 (2011).
[26] ms Vaticanus 5696 (XII° s), signalé par Dobschütz ; et ms 50, conservé à Dijon.
[27] cf. « Un manuscrit unique sur l’image d(Edesse » – Doroty Crispino – Cahier MNTV n° 39 – 2008.
[28] signalé par Hilda Leynen dans « A propos du Mandylion » – 1991.
[29] Il existe 3 copies de ce manuscrit : Vaticanus gr. 699, IX° s ; Sinaïticus gr. 1186, XI° s ; et Laurentianus Pluteus IX. 28, XI° s ; les deux derniers sont conservés à Ste Catherine du Sinaï.
[30] manuscrit Sinaiticus gr. 1186 ; fig. 8 : schéma du dessin original.
[31] cf. « La Foi orthodoxe », Jean Damascène, vers 735.
[32] Aucun texte ne dit cependant que St Pierre, qui est allé à Antioche un peu avant les années 40, aurait été le premier possesseur du Linceul. Le passage de la lettre aux Galates 3, 1, parfois cité, dit seulement que le Christ en croix était représenté dans cette ville. Et, dans l’Evangile aux Hébreux (II° s), la confusion, supposée par certains, entre Pietro et puero (le serviteur du grand-prêtre) n’a pas été retenue [10].
[33] cf. « L’histoire cachée du Linceul de Turin », Jack Markwardt – 2021 – Résumé publié dans les Cahiers MNTV 70 (2023) et 71 (2024).
[34] Ce récit, attribué à Athanase, évêque d’Alexandrie au IV° s (voir note 3), aurait en fait été écrit vers 765 en s’appuyant sur des textes apocryphes ; lu en 787 à la IV° session du II° concile de Nicée, dont le but était de réhabiliter le culte des Images, il a été considéré comme plein de fables et tout à fait indigne de saint Athanase, par Louis Ellies du Pin (Histoire Ecclésiastique, 1712 ?) – cf. traduction des sessions du concile, retranscrite par W.-E. Painter (Londres 1850), citée par Jack Markwardt.
[35] date incertaine ; pour Ian Wilson, cette visite aurait eu lieu entre 383 et 394.
[36] cf. « Vie du bienheureux Daniel de Galash », Jacques de Saroug, ms syriaque 235 B, VI° s [5].
[37] vers 670, Arculfe (évêque de Périgueux) a vu, à Jérusalem, un sudarium de huit pieds (2,40 m), soit la moitié de la longueur du Linceul [6 b ; 10 ; 11].
[38] hypothèse de Jack Markwardt – cf. « L’histoire cachée du Linceul de Turin » – 2021.
[39] Elle a été assimilée à l’icône du Latran par le Père H. Pfeiffer ; mais l’icône originale du Latran (chapelle du Sancta Sanctorum), qui date du VI° s (redécouverte au XX° s sous d’autres couches de peinture), montre le Christ en majesté, assis sur un trône et tenant un rouleau dans la main gauche (cf. Cahier MNTV n° 47).
[40] qui interdisait pourtant le culte des images [4 a].
[41] cf. « Le Linceul de Turin à Constantinople à partir de 944 » – Pam Moon et Joanne Bywater – Cahier MNTV n° 69 – 2023.
[42] cf. The world of Kosmas – Illustrated Byzantine codices of the Christian Topography – Maja Kominko – 2013.
[43] mosaïque dite de Léon le Sage, à Ste-Sophie de Constantinople – X° s.
[44] lamentation funèbre – fresque de Saint-Panteleimon à Gorno Nerezi, Macédoine, 1164.
[45] dont la statue est visible au musée de Mossoul. Le royaume d’Osrohène (Edesse) était alors voisin et vassal de l’empire parthe.
[46] par le pape Grégoire II (715- 731), dans une lettre à l’empereur byzantin Léon III ; lors des Conciles de 692 (Quinisexte) et de 787 (Nicée II) ; mais aussi par Jean Damascène dans son « Discours apologétique contre ceux qui rejettent les saintes images » – vers 728 [5 et 11].
[47] « En contemplant sa figure corporelle, nous nous représentons autant qu’il est possible la gloire de sa divinité » – Discours sur les images, Jean Damascène – Cahier MNTV n° 13 – 1995.
[48] Quelques exemples montrent que cet usage, qui est toujours en vigueur pour le Saint Sacrement (voile huméral), est très ancien : les fouilles récentes à Alexandrie ont ramené un vase canope tenu par un scribe à travers un tissu de protection ; dans la catacombe de Commodilla (IV° s), comme dans les mosaïques de Ravenne (VI° s), St Pierre tient les clés du royaume à travers un linge, et St Paul tient les rouleaux de la loi dans un grand voile. Et le Christ lui-même ne peut prendre dans ses mains l’âme de la Vierge Marie qu’avec un tissu de protection (églises de Voronet/Roumanie, d’Ohrid/Macédoine, de la Martorana à Palerme/Sicile …)
[49] beaucoup trop grand pour envelopper seulement une courte serviette, mais ayant pu envelopper entièrement le Linceul replié dans son coffre – cf. Parcours personnel dans le Manuscrit de Skylitzès – Pierre de Riedmatten – Cahier MNTV n° 30 – 2004.
[50] cf. « La Sainte Face de Laon – Le Mandylion dans l’art orthodoxe » – André Grabar – Seminarium Kondakovianum – 1931.
[51] début du XIII° s, arrivée en France en 1249 – cf. « La Sainte Face de Laon » – Pierre de Riedmatten – Cahier MNTV n° 36 – 2007.
[52] La plus ancienne semble être celle d’Ostie (marqueterie de marbre du IV° s). Voir aussi les fresques des catacombes de Commodilla et de St Marcellin à Rome (fin du IV° s).
[53] médaillons en forme de bouclier rond.
[54] détail d’une icône des saints Serge et Bacchus (VI° s), conservée à Kiev.
[55] X° s – conservée à Ste Catherine du Sinaï.
[56] sur la base d’un texte apocryphe du VII° ou VIII° s, « La mort de Pilate », s’appuyant sur une autre forme de la légende d’Abgar (Bérénice =bhrh nikh).
[57] Le voile de Manoppello, supposé par H. Pfeiffer être la Véronique de Rome est une peinture, très probablement réalisée par A. Dürer en 1506 – cf. « L’énigme de Manoppello enfin dévoilée ? » – Pierre de Riedmatten – Cahier MNTV n° 68 – 2022. La Véronique qui est encore dans le pilier de Véronique à St-Pierre de Rome est une peinture du XIII° s, en forme de grenade retournée – cf. « La dévotion à la Sainte Face » – Pierre de Riedmatten – Cahier MNTV n° 47- 2013.
[58] Jean Damascène, « Sur la foi orthodoxe, IV » – 749.
[59] Jean Damascène, « Discours sur les saintes images » – 726.
[60] cf. « A propos du terme Mandylion », K. Dietz – 2023.
[61] Pseudo Constantin, « Narratio de Imagine », en 945 ; Nicolas Mésaritès, en 1201 et en 1207.
[62] Nicolas Mésaritès, en 1201.
[63] « la sainte serviette sur laquelle est peint le visage du Christ envoyé à Abgar » – anonyme, vers 1190.
[64] utilisé notamment par Antoine de Novgorod, en 1200.
[65] Ce terme, utilisé notamment par Arculfe pour désigner un grand linge (voir nota 37), désigne en général le linge mis sur la tête du Christ à la descente de croix.
[66] « les linges qui furent trouvés dans le tombeau après la résurrection » – lettre d’Alexis Comnène (XII° s).
[67] Nicolas Soemundarson [8 et 10].
[68] Le texte du Pseudo-Syméon (985) situe cet évènement à la fin de 944 [10].
[69] chapelle St-Michel, à Kato Lefkara, milieu du XII° s ; cette peinture montre également les fils de fixation (non visibles ici), comme sur la Fig. 17.
[70] Eglise Panagia tou Arakos, à Lagoudera – 1192.
[71] Eglise Episcopi en Crète – 1190.
[72] nom arabe d’Edesse.
[73] cf. « Livre de la Démonstration d’Eutychius », vers 930 selon Ian Wilson – édité notamment par Pierre Cachia en 1961.
[74] cf. « les Prairies d’or » – témoignage cité par Dobschütz en 1899, et par K. Dietz dans « A propos du terme Mandylion » – 2023.
[75] cf. « La vie religieuse à Byzance » – J. Gouillard – 1981 ; et lettre d’A. Queinnec du 05/05 2025.
[76] L’éditeur Brooks (1910) a traduit le terme réel syriaque par Mandhlh et par sudarium.
[77] calendrier lunaire (355 jours/an), commençant en 622 (Hégire).
[78] cf. « Image d’Edesse ou Linceul de Turin. Qu’est-ce qui a été transféré à Constantinople en 944 ? » – Revue d’Histoire Ecclésiastique – 1987.
[79] cf. « La question de l’identité entre le Saint Suaire de Turin et l’image d’Édesse » – Yves Saillard – RILT n° 38 – 2014.
[80] cf. Symposium de Paris – 1993.
[81] cf. RILT n° 38 – 2014.
[82] dictionnaire Bailly.
[83]L’évangile dit seulement que « sa sueur devint comme des gouttes de sang qui coulaient jusqu’à terre » (Luc 22, 44). Syméon le Métaphraste, déjà cité, précise (ode 6 du Synaxaire) : « Vivant tu as essuyé ton Visage sur un tissu ; mort tu as revêtu un tissu funéraire ».
[84] sans doute une céramique avec le seul Visage, placée au dessus de la porte d’Edesse où le « portrait » aurait été caché [6 a]. Dans sa harangue de 1201, Nicolas Mésaritès, gardien des reliques mentionne au Boucoléon « le Législateur gravé dans la brique fragile ». Amené de Hiérapolis à Constantinople en 966 par Nicéphore Phocas [4 a], le Kéramion semble avoir disparu dans la tourmente de 1204.
[85] Fig. 19, fragment de mosaïque (VI°- VII° s) trouvé en 1972 – musée d’Edesse (noter la similitude avec le clipeus de la fig. 13) ; Fig. 20, copie de l’icône de la Sainte Source à Chypre (VI° s, musée de Limassol) ; Fig. 21, Spas Neredista, 1198, fresque détruite pendant la guerre de 1940 comme celle de la fig. 3.
[86] Selon la légende, une image se serait formée sur une tuile/brique, par contact avec l’image du Christ empreinte sur le linge, lors du retour vers Edesse de l’envoyé d’Abgar [10].
[87] cf. « La fausse piste du Linceul vu par Robert de Clari » – Cahier MNTV n° 62 – 2020.
[88] Ce miracle, mentionné lors du voyage d’Antoine de Novgorod en 1200, cessa complètement après la conquête de Constantinople – cf. « Le Livre du Pèlerin d’Antoine de Novgorod » – Revue Romania, LVIII, 1932. Voir Cahier MNTV n° 62.
[89] Les reliquaires arrivés en France n’étaient pas syriens mais byzantins. cf. « Le Trésor de la Sainte-Chapelle » – Jannick Durand, conservateur au Louvre – 2001.
[90] cf. « The Image of Edessa », Mark Guscin – 2009.
[91] peut-être celui du 23 septembre 1063. Sur les 24 siècles précédents, il y a eu 548 séismes, soit en moyenne un tous les quatre ans dans la région de Constantinople – cf. « Les Byzantins face aux catastrophes naturelles sous les Paléologues » – M.- H. Congourdeau – 2009. De nombreux séismes ont eu lieu sous le court règne (1034-1041) de Michel IV le Paphlagonien [4 a].
[92] cf. « Une Description de Constantinople dans le Tarragonensis 55 » – Krijnie N. Ciggaar – Revue des études byzantines, T. 53 – 1995 ; témoignage également cité par Mark Guscin.
[93] écrit vers 957 ; traduit en 2012 par Ann Moffatt et Maxeme Tall – cf. article de Pam Moon, Cahier MNTV n° 69 – 2023.
[94] Le suaire de Cadouin (2,81 m), conquis à Jérusalem en 1098 (1° croisade), a été plus tard suspendu dans un coffre au plafond de l’abbatiale, par de grosses chaines encore visibles – cf. « La mort d’une relique » – Cahier MNTV n° 40 – 2009.
[95] cf. « Aliénor d’Aquitaine a sans doute vu le Linceul », Pierre de Riedmatten – Cahier MNTV n° 70 – 2023.
[96] Il fit même la guerre contre son suzerain, l’empereur franc Baudouin I° [12].
[97] « Qu’on nous rende ce qui est sacré ». Dans ses commentaires, Barbara Frale a montré que cette lettre, découverte en 1980 dans les archives du Vatican par le Père Rinaldi, ne peut pas être un faux, comme Andréa Nicolotti le prétend – cf. Cahier MNTV n° 55 – 2016.
[98] Etant alors à Nicée (à l’est de Constantinople), Théodore Ange était forcément bien informé.
[99] position confirmée par le pape Innocent IV en 1214 (concile Latran V).
[100] comme le coffre de 22 pouces de long sur 15 de large, mentionné dans les inventaires de la Ste Chapelle – Cahier MNTV n° 57 – 2017.
[101] cf. Observations de César Barta sur « La fausse piste du Linceul vu par Robert de Clari » – Cahier MNTV n° 63 – 2020.










