Livre: Fr. Guigain, Exégèse d’Oralité tome I

Exégèse oralité

La parution du livre « Exégèse d’Oralité, tome I » est le fruit de la méditation régulière du père Frédéric Guigain au contact de la Parole de Dieu. Un contact renouvelé par la pratique d’une lectio divina d’un nouveau genre : l’oralité des Evangiles. Avant-gardisme ? Non, c’est à un retour aux sources que le père Guigain nous invite. Prendre au sérieux cette « manducation de la Parole », cette incarnation de Dieu dans notre chair, en acceptant de réduire la distance que nous avons avec « les Ecritures ». Cette distance, bien rassurante nous permettant d’exercer notre sens critique sur le texte sacré sans avoir jamais à faire l’acte de foi qui consiste à s’en nourrir pleinement.

L’oralité n’est pas « un nouveau discours », une « autre approche » sur les Evangiles, elle est d’abord une expérience à vivre. Sentir la Parole grandir en nous.

Retrouvez sur notre site plusieurs articles du père Guigain, publié dans ce livre « Exégèse d’Oralité, Tome I ».

Réanimation du fils de la veuve de Naïm – miséricorde et parole.

De l’assimilation juive de la Parole au mystère chrétien de l’Incarnation. Retrouvez également un exposé de 40 minutes sur ce sujet donné par le père Guigain, en vidéo.

Exégèse orale de deux paraboles : l’Esprit de la Miséricorde.

L’intendant malhonnête, ou l’honnêteté de la Miséricorde.

La généalogie de Jésus en st Matthieu (pourquoi manque-t-il trois rois ?).

La cohérence orale des apparitions du Ressuscité.

          Ci-dessous, présentation du livre par CARISCRIPT
“Il appartient à notre époque d’avoir l’heureux privilège de redécouvrir des aspects fondamentaux de la tradition apostolique qui, pour des raisons historiques diverses, sont demeurés perdus jusqu’à aujourd’hui. Aussi, non seulement sommes-nous en mesure de rétablir une conception plus exacte de l’activité évangélisatrice de la génération apostolique, mais encore d’accomplir à son imitation un renversement essentiel de notre attitude à l’égard de la Parole de Dieu, qui soit enfin le gage d’un profond renouvellement de l’Église de notre temps. Cette découverte tourne autour d’une réalité unique et très simple, mais dont les implications sont multiples et parfois complexes, que l’on peut appeler : l’oralité évangélique.
  (Extrait de l’introduction)
  Aussi ce premier cahier d’études se propose-t-il de présenter un tour d’horizon suffisamment large des diverses problématiques liées à cette redécouverte de l’oralité à l’âge apostolique : sont abordés les aspects spirituels d’une véritable “théologie de la mémorisation” caractéristique de l’époque, la genèse structurée de la Bonne Nouvelle dans le cadre hiérarchique de l’ “école traditionnelle”, et les principes techniques d’un décompte systématique de la Parole de Dieu.
  Tout ceci ne saurait être possible sans revenir à la pâte linguistique concrète du Seigneur et des Apôtres, c’est-à-dire à l’araméen, transmis par une pratique orale ininterrompue et dont le texte chaldéen de la Peshitta constitue le vestige archéologique incontournable. C’est ainsi qu’est rendue à sa beauté première la Bonne Nouvelle du Verbe incarné, dont la qualité littéraire est seule à rendre compte de l’ensemble des procédés phonétiques, scéniques et midrashiques, qui font regorger la Parole de sens et lui assurent son inlassable et savoureuse manducation.
  La recherche scientifique est alors l’occasion d’un pèlerinage initiatique sur de grands thèmes de l’Évangile, entièrement revisités, tels que l’Enfance, la Transfiguration, la Miséricorde et la Résurrection.
  (Quatrième de couverture)

A propos de l’auteur

Frédéric Guigain est né à Paris en 1971, a obtenu un D.E.A. en philosophie à la Sorbonne (Paris IV) en 1994, a été ordonné prêtre dans le diocèse maronite de Jbeil-Byblos (Liban) en 2001, et a assumé diverses tâches pastorales au Nigéria, en Italie, au Liban et à Paris.

2 thoughts on “Livre: Fr. Guigain, Exégèse d’Oralité tome I

  • 18 juin 2011 at 21 h 42 min
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    Lorsque j’ai étudié ce premier cahier d’Exégèse d’oralité, j’ai eu la réponse immédiate à une question qui me taraudait : pourquoi avais-je éprouvé le besoin , il y a presque deux décennies d’apprendre par coeur certains Psaumes et de nombreux passages de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments? Certes, je n’ignorais pas le premier verset de l’Evangile de Saint Jean ( cela dit je ne sais plus si je dois en revenir au latin : « In principio erat verbum  », «  Au commencement ( ou en principe), était le Verbe » mais ce qui m’importe dans ledit verset , c’est que le Verbe soit Dieu et donc Parole avec la majuscule nécessaire. Ainsi, grâce au Père Guigain dont les travaux s’inscrivent dans ceux du Père Marcel Jousse et de Pierre Perrier en les enrichissant, je comprends que la Parole nait de l’oralité et non de l’Ecriture et que j’en ai besoin au même titre que de l’Eucharistie. Je réalise au fil des pages de ce document à quel point j’avais besoin de faire corps avec cette Parole, et ce dans l’esprit du corps-à-coeur avec Dieu, auquel nous entraine l’auteur :

    « Ce qui est en jeu à chaque fois, c’est le processus d’incarnation personnelle de la Parole, laquelle ne peut être vraie sous forme de simple écriture, ni seulement comme conception dans les esprits, mais ne trouve sa pleine réalisation que lorsqu’elle prend possession parfaite de la personne et se dit, faits et gestes, dans la vie la plus ordinaire ».

    Le travail de Frédéric Guigain est rigoureux, au plus près du texte qu’il étudie et traduit à savoir la Peshitta. Néanmoins dans cette recherche scientifique, il se permet souvent des respirations simples et joyeuses. : ainsi nous parle-il des « boutades » de Jésus. Un seul regret en lisant ce livre: avoir un peu oublié le grec et le latin des classes secondaires et ne pas avoir appris l’araméen. Ce luxe n’est toutefois pas nécessaire, le prêtre maronite se doute bien qu’il doit être très pédagogue avec ses ouailles et nulle difficulté à le suivre dans les méandres de l’Orient, là où tout a commencé. Il nous entraine avec jubilation et profondeur sur la réalité de l’époque apostolique, sur la Vérité dans laquelle s’inscrit la venue du Messie. Le salut vient des juifs. Le père Guigain analyse les colliers ( thèmes sous forme de perles enfilées) évangéliques tels qu’ils devaient se vivre dans la tradition synagogale. Il nous met en garde contre «  La dérive portée à son comble avec la représentation des évangélistes comme autant d’individus collationnant le patrimoine de la communauté primitive, en le recevant au petit bonheur et en l’arrangeant en fonction d’une prétendue théologie personnelle »

    A l’heure où en Occident, on conteste de plus en plus l’expression Père dans l’Eglise catholique, au contact sans doute de nos frères protestants qui préfèrent le nom de pasteur, ce mot de Père s’applique bien à Frédéric Guigain. A travers cet énorme travail d’Exégèse, il nous guide , tel un bon berger, oui tel un bon père vers une appropriation toujours plus grande de la Miséricorde divine. Qu’il en soit remercié!

    Personnellement, je souhaite à tous ceux qui liront ces quelques remarques modestes de se pencher sur cet ouvrage. Ils y trouveront toutes les formes d’intelligence de Dieu pour son peuple, relatées et interprétées par un auteur empreint d’authenticité. Ces lignes sur son travail n’en représentent pas le centième, il faut absolument le lire, le savourer, dormir pour se l’approprier inconsciemment et le reprendre au petit jour…ou plus tard. Mais on y revient pour ce Maître d’Amour qu’est Notre Seigneur et dont on suit ici les années d’enfance et de vie publique.

    A tous ceux qui préfèreraient s’initier dans un langage plus « grand public » ,je conseille le livre de Pierre Perrier : « La transmission des Evangiles », éditions du Jubilé, dont le premier chapitre s’intitule : Tradition et prédication orale. Le petit glossaire en dernières pages évitera de faire travailler sa mémoire. Mais attention, cette mémoire, chez Frédéric Guigain comme chez Pierre Perrier et leurs prédécesseurs est l’Alpha et l’Oméga d’une Transmission digne de ce nom. Une Transmission qui nous vient de l’Orient et qui n’est autre que celle du Salut divin.

    Anne-Catherine Fouillet

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  • 23 juin 2014 at 8 h 07 min
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    Le terme qui a retenu mon attention dans votre texte est : « Incarnation personnelle de la Parole »
    C’est la question du « passage à l’acte »; acte personnel.
    Pour exemple, nous pouvons déceler dans les propagandes djihadistes
    que par la manducation, on passe à l’acte.
    Lors de la manducation on obtient la force de la Parole qui se traduit alors en acte.
    Je pense à un autre texte qui va dans le même sens: « l’antirrhétique »;
    antirrhétique très bien étudiée par les Pères d’Orient.
    Antirrhétique, cette fois-ci force manducatoire chrétienne.
    Je ne suis pas spécialiste de « religion », mais je compare, à tort ou à raison, des situations que je soupçonne d’être analogue.

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