La proclamation synagogale du saint Evangile-synopse

Guigain 2015 synopse 1e couvB Présentation de l’éditeur + commentaires :

« Voici une présentation synoptique de la récitation du saint Evangile telle qu’elle devait être pratiquée quand l’Eglise n’était pas encore séparée liturgiquement de la synagogue.
Les évangiles n’ont pas été transmis, en effet, comme de simples chroniques, ni n’ont été écrits en vue d’une lecture solitaire, mais ils ont été intentionnellement composés en fonction de la célébration publique de la Parole communément admise à l’époque des Apôtres.

Cette composition remonte, en fait, à la prédication de la Bonne Nouvelle par Notre-Seigneur Lui-même, inscrite dès le début dans le contexte synagogal et festif de la religion judaïque, dont elle prétend réaliser définitivement les Écritures sacrées. Ainsi Ses discours autant que Ses actes sont à situer en vis à vis constant de l’Ancien Testament et de la Tradition vivante de Son temps, si l’on veut comprendre de quelle façon ils en constituent la réponse directe.

Mais cette composition orale de la Bonne Nouvelle s’est poursuivie jusqu’à l’élaboration de lectionnaires propres à la communauté primitive, où le ministère triennal du Seigneur a été reporté sur le cycle ordinaire de toutes les synagogues. Cet ajustement a donné lieu à des lectionnaires différents selon l’auditoire visé, le contenu traditionnel choisi et les périodes liturgiques couvertes. Elle a aussi décuplé la compréhension théologique des actes et dits du Seigneur en favorisant davantage de congruence avec l’Ancien Testament.

L’étude de l’intertextualité du saint Évangile constitue un champ immense d’investigation, à laquelle une synopsis ne saurait apporter toutes les justifications nécessaires. Son bénéfice spécifique tient, cependant, à ce qu’elle présente en un clin d’œil des enchaînements qui sans cela seraient renvoyés à l’abstraction du raisonnement.
En présentant brièvement chaque récitatif évangélique encadré de son contexte synagogal, en amont et en aval, elle permet de visualiser les fins poursuivies par la liturgie hebdomadaire et même au-delà. En outre, elle fait paraître quelques clefs d’interprétation, tirées du lexique sémite des deux Testaments, qui rendent compte des accrochages réalisés par leur mise en parallèle. Ainsi, au titre de simple soutien visuel de l’intelligence, elle représente un instrument préalable nécessaire à toute recherche approfondie sur la transmission de la Bonne Nouvelle à l’âge apostolique. »

Commentaire :

Chaque page du livre est divisée en trois colonnes divisées en lignes synoptiques. De la sorte, « c’est une présentation brève de chaque récitatif évangélique » (hivernal de Matthieu, estival de Marc, hivernal et estival de Luc), « encadré de son contexte synagogal en amont et en aval ».
Au centre se trouve déroulé une présentation brève de chaque perle selon l’ordre du récitatif évangélique, comprenant :

  • un code d’abréviation de la perle (par exemple JB), un titre correspondant à celui utilisé dans La récitation Orale de la Nouvelle Alliance selon… ,
  • les références des versets
  • et la citation de quelques versets caractérisant le thème de la perle.

À droite (en aval) est déroulé la suite continue des sabbats selon l’ordre de la liturgie synagogale des temps apostoliques. Sont référencés :
le numéro du sabbat et le nom du mois, le jour de la semaine, les références des versets de l’Ancien Testament lus ce jour là, et les citations de quelques versets caractéristiques du thème de la perle.

À gauche (en amont) sont présentés les sabbats au cours desquels se sont réalisés les actes et les dits du Seigneur,tels qu’ils sont cités dans La récitation Orale de la Nouvelle Alliance.Sont référencés :
le numéro du sabbat, le nom du mois et la ou les dates des années,les références des versets de l’Ancien Testament lus au cours de ce sabbat, et les citations de quelques versets ou des commentaires caractéristiques du thème de la ou des perles.

Comme elle l’indique, la présentation permet de « décupler la compréhension théologique des actes et dits du Seigneur en favorisant davantage de congruence avec l’ancien Testament » et « faire paraître quelques clefs d’interprétation, tirées du lexique sémite des deux testaments, qui rendent compte des accrochages réalisés par leur mise en parallèle ».

http://www.cariscript.fr/html/nouveautes.html.

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10 thoughts on “La proclamation synagogale du saint Evangile-synopse

  • 18 juin 2015 at 11 h 02 min
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    bonjour
    Pourriez-vous me prévenir dès que le livre sera disponible svp?

    Merci beaucoup
    Titus Jacquignon

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    • 19 juin 2015 at 13 h 06 min
      Permalink

      L’ouvrage est dès à présent disponible chez l’éditeur que vous pouvez contacter à : cariscript@wanadoo.fr
      Bonne lecture !

      Reply
  • 23 octobre 2016 at 20 h 32 min
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    Il est fascinant de constater que sur les manuscrits de la Peshitta apparaissent les indications de correspondance entre calendrier synagogal et calendrier liturgique chrétien pour l’évangile. C’est une découverte fantastique qui mérite une publication scientifique et une une vulgarisation, bravo Père Guigain pour votre travail.

    Si la Chrétienté d’Orient n’est pas connue et donc aimée comme il se devrait, cela est dû en grande partie à une ignorance de la force pour la foi de la tradition araméenne, directement rattachée aux à celle des apôtres ; il est ainsi souvent ignoré qu’il y avait plus de chrétiens en Orient (Inde, Chine, Mésopotamie, Asie Centrale) qu’en Occident jusqu’au 14e siècle, où les massacres de Tamerlan ont fait basculer le centre de gravité de l’Église.

    Il est utile pour la foi et le service de la vérité de connaître les traditions hébraïques conservées par les judéo-chrétiens (ne pas confondre cette Église de la Circoncision avec les hérétiques judéo-nazaréens) et leurs héritiers araméens et parfois délaissées par les Juifs rabbiniques, comme :
    – la pratique de l’araméen, avec par exemple la lecture des targoumin, là où les rabbiniques sont revenus à l’hébreu pour se distancier des judéochrétiens (et des judéonazaréens) ;
    – la conservation de tous les textes de l’ancien testament ;
    – la conservation des rites du Temple, de la religion sacerdotale hébraïque, transformés en rituel de la messe et du sacrifice de l’eucharistie, et en ordonnancement des églises (bâtiments) ;
    – la conservation des structures d’oralité, de l’apprentissage oral des traditions en araméen, de la méthode d’apprentissage ;
    – la conservation de structures d’organisation du peuple (lévites, prêtre, grand prêtre) dans l’organisation des Églises ;
    – et sans doute aussi des éléments de calendrier, ce qui serait logique compte tenu du fait que la construction de certains Évangiles dérive en partie du calendrier liturgique synagogal (cf. travaux du Père Guigain).

    Pour la foi et pour les chrétiens d’Orient, la multiplication des travaux de recherche et des publications sur ces sujets serait utile : les chrétiens comprendraient l’importance de leur frères d’Orient (ce qui les sensibiliserait à la nécessité de maintenir la Chrétienté d’Orient et les inciterait à se mobiliser pour eux) ; les gens comprendraient aussi mieux le lien puissant unissant la foi chrétienne aux traditions hébraïques anciennes, témoignant ainsi de la force et de la vérité de celle-ci, l’Église étant ainsi manifestée comme la véritable héritière et continuatrice de l’Israël antique. Merci donc au Père Guigain.

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  • 19 août 2019 at 2 h 27 min
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    J’ai travaillé sur un sujet similaire sur une période de vingt ans pour l’Évangile selon Marc. En lisant la présentation de l’éditeur, je me demande si j’ai bien saisi la proposition de fond.

    1) Jésus aurait agi et enseigné au rythme des thèmes des lectures synagogales (Torah et Prophètes) en usage dans son milieu.
    2) Les premiers chrétiens auraient créé des ensembles de leçons autour de ces thèmes pour une pédagogie orale.
    3) La période apostolique étant passée, les chrétiens auraient rassemblé ces leçons pour former des lectionnaires dominicaux (nos évangiles), toujours en accordance avec la liturgie de la Parole de la synagogue.
    4) Ces lectures des évangiles auraient finalement été réparties sur une années, chaque évangile en sa saison, toujours en accordance avec une liturgie juive.

    Est-ce bien cela ?

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    • 19 août 2019 at 20 h 02 min
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      Pas exactement. Jésus n’a pas besoin de se calquer sur un calendrier liturgique, mais il en tient évidemment compte. Cela induit des choix lorsque, lors des qoubala-s, les juifs suivant les apôtres se remémoreront tel ou tel événement, sur la base des témoignages composés par les témoins. Ces compositions sont des colliers de récitation, et c’est l’étape qui manque dans votre compréhension du résumé trop bref. L’utilisation d’une trame répartissant les perles ou parties de collier à réciter sur 8 mois – ce qui donnera l’évangile selon St Matthieu – date du premier départ de Jérusalem, en 37 (traduction en grec sous l’autorité de Matthieu quelques années plus tard).
      D’autres pages du site abordent ces questions complexes, même des commentaires, par exemple http://www.eecho.fr/le-texte-grec-quel-texte-grec/#comment-46312 !

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  • 23 décembre 2019 at 14 h 33 min
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    Ce qui est formidable dans ce livre, c’est que chaque passage de l’Evangile est restitué dans un double contexte :
    – À gauche (en amont) sont présentés les sabbats au cours desquels se sont réalisés les actes et les dits du Seigneur, avec de dates très précises ; car Jésus parlait dans le contexte religieux du judaïsme du premier siècle et ses faits et dits sont des formes de commentaires ou discours en lien avec le calendrier hebdomadaire synagogal des sabbats et donc avec la parasha (lecture de la Loi i.e. du Pentateuque) de chaque jour de la semaine.
    – À droite (en aval) est déroulé la suite continue des sabbats selon l’ordre de la liturgie synagogale des temps apostoliques. On voit que chaque section des Evangiles est à mettre en relation avec la lecture d’une parasha selon ce même calendrier synagogal. Les Evangiles sont construits en tenant compte de la liturgie des sabbats et cette découverte est le grand mérite du Père Frédéric Guigain. C’est l’une des plus grande découverte exégétique de tous les temps et elle mériterait plus d’écho dans le monde. Beaucoup de recherches et de thèses universitaires devraient se faire autour de cette découverte.

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    • 1 janvier 2020 at 22 h 52 min
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      Bonjour. C’est en effet une approche saisissante et prometteuse. Il faut cependant savoir que le Père Guigain n’est pas le premier à battre la semelle dans ces sentiers. Il convient de mentionner les travaux de pionniers de Paul Levertoff, R. G. Finch, Alleen Guilding, Philip Carrington et Michael D. Goulder. Tous ces exégètes ont proposé que les évangiles étaient ordonnés d’après une liturgie de la parole et les saisons et les fêtes d’un calendrier spécifique, soit le calendrier d’Israël ou un calendrier chrétien primitif. Plus près de nous, il y a l’incontournable ouvrage de Bernard Frinking, «La Parole est tout près de toi. Apprendre l’Évangile pour mieux le vivre.» (1996), qui réinscrit magnifiquement l’évangile de Marc dans le calendrier sacré d’Israël et met en lumière les liens que l’évangile entretient avec les fêtes (Pessah, Chavouôt, Rosh HaChana, Yom Kippour, Soukkôt, Hanoukkah, Pourim). Et puis j’ai moi-même publié une étude sur le sujet en 2004, «L’Évangile dans le calendrier. Marc révélé par la liturgie juive.» J’y reprend le travail de Frinking, auquel j’ajoute les liens avec les lectures de la Torah et des Prophètes de la synagogue – que n’avait pas vus l’auteur. Ceux qui désirent avoir un aperçu des rapports de Marc avec son calendrier, suivant Frinking, pourront les découvrir sur ma page d’accueil : http://www.pictogrameditions.qc.ca

      Il faut savoir que tous ces auteurs arrivent à des conclusions différentes sur les rapports que les évangiles entretiennent avec le calendrier et les lectures de la Synagogue.

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      • 2 janvier 2020 at 9 h 59 min
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        Il faut savoir aussi que ces auteurs ne connaissent pas l’araméen et n’ont aucun lien vivant avec les traditions des chrétiens syriaques ou araméens…

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  • 2 janvier 2020 at 13 h 58 min
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    Un site qui raconte bien la démarche de Bernard et Anne Frinking autour de l’évangile de Marc et la mémorisation de la parole : https://www.frigolet.com/cantillation-de-la-parole

    La référence exacte de l’ouvrage est : La parole est tout près de toi. Apprendre l’Évangile pour apprendre à le vivre. Bayard/Centurion, 1996

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  • 2 mars 2020 at 16 h 04 min
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    Un petit nouveau qui travaille aussi sur les liens entre le calendrier, la répétition et la transformation du monde. Je ne suis ni prêtre ni pasteur, juste un menuisier sans diplôme en théologie. je suis en première année d’hébreu depuis 40 ans et je déchiffre péniblement le grec.
    Mais j’ai fait un site qui voudrait faire voir la Parole :
    https://chartresblogbible.pagesperso-orange.fr/#une.html
    Regardez le mois 7 et le lien avec les fêtes d’automne, le jugement du monde, la fin du Deutéronome et les Evangiles.
    Le mois 6 et les sections des pains dans les 4. l’homme ne vit pas seulement de pain dit le Deutéronome.
    et le mois 8, qui est lu en même temps que le début du livre de la Genèse, débute dans Marc et Matthieu par une citation : « au commencement, Dieu les fit mâle et femelle ». La suite correspond à un enseignement en lien avec le “tout quitter” du livre d’Abraham . Matthieu ajoutera l’entrée de Jésus à Jérusalem en lien avec le “non sacrifice” d’Isaac sur la montagne. Luc va placer entre la prière du Notre Père et la recherche du Royaume un enseignement pour nous aider à discerner entre les esprits impurs de toutes sortes et l’Esprit Saint. Quant à Jean, dans ce mois 8, il va utiliser 18 fois le mot « père », 4 fois “parents” et 11 fois Abraham.
    La simplicité du calendrier, la régularité permettent une mise en mémoire rapide et profonde.
    Bon courage à tous et ne perdons pas de temps, le monde à besoin du travail de chacun.

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