18 ans de « sanctions » : appel de l’ONU en faveur des Syriens

La Rapporteuse spéciale de l’ONU préconise la levée immédiate des sanctions occidentales contre la Syrie

En ce temps où l’Union Européenne multiplie les « sanctions » qui détruisent les moyens de subsistance des peuples européens, il faut rappeler que, depuis 2004 (à la suite des USA) et plus encore depuis 2019 (loi César), elle a décidé des « sanctions » contre les Syriens ; il s’agit d’un véritable blocus financier et économique, qui a des conséquences désastreuses sur la population (la Syrie n’est pas la Russie de 2022). A ce blocus s’ajoute le vol du pétrole syrien par l’armée américaine qui occupe le nord-est du pays, un pétrole dont les Syriens auraient grandement besoin.

C’est l’occasion aussi de rappeler l’utilisation des jihadistes pour détruire le pays, tout comme en Irak.

En juin 2021 paraissait l’appel de CSI (Christian Solidarity International) pour la fin de ce blocus. Cet appel était soutenu par les Evêques de Syrie et par de nombreuses associations humanitaires non liées à des gouvernements.

Ces constatations ont été reprises le 10 novembre 2022 par la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur les mesures coercitives unilatérales et les droits de l’homme, Mme Alena Douhan : après une visite de 12 jours en Syrie, alors que la guerre dure depuis 11 années (!), elle exhorte les Etats ayant imposé des sanctions à l’encontre de la Syrie à lever immédiatement ces mesures unilatérales – même si le rapport définitif sera présenté au Conseil des droits de l’homme en septembre 2023 (texte préliminaire ici).

Mme Douhan y déclare que 90 % de la population syrienne vivent actuellement en dessous du seuil de pauvreté, ne disposant que d’un accès limité à la nourriture, à l’eau, à l’électricité, aux abris, aux combustibles de cuisson et de chauffage, aux transports et aux soins de santé, en soulignant que le pays était confronté à une fuite massive des cerveaux en raison de difficultés économiques en augmentation constante :

« Dans la situation humanitaire telle qu’elle se présente actuellement, qui est dramatique et ne cesse de se dégrader, alors que 12 millions de Syriens sont aux prises avec l’insécurité alimentaire, je préconise la levée immédiate de toutes les sanctions unilatérales qui portent gravement atteinte aux droits de l’homme et empêchent tout effort de relance, de reconstruction et de rétablissement rapide ».

« J’exhorte la communauté internationale et tout particulièrement les Etats qui appliquent les sanctions à prendre en compte leurs effets dévastateurs et à adopter rapidement des mesures concrètes pour remédier au non-respect des règles par les entreprises et les banques, conformément au droit international des droits de l’homme».

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