Présentation

Les « Parcours de découverte »

Redécouvrir de quoi nourrir la foi
(onze parcours en commençant par la Parole de Dieu)
[en voie de complémentation]

Regarder ensemble, échanger, chercher, méditer, réciter parfois (oralité) : la nécessité est réelle de se retrouver – chaque semaine ? – pour approfondir la foi au Seigneur et (re)découvrir des aspects parfois peu connus de la Révélation et du christianisme des origines.

Introduction

Les parcours de découverte sont pensés pour avancer progressivement selon 11 axes en se servant des ressources accumulées depuis plus de vingt ans par tous ceux qui cherchent en lien avec EEChO. Ces parcours sont améliorables, ils sont proposés comme des guides, à adapter aux besoins de chaque groupe local (famille, amis, paroisse, …). L’important est de sortir de l’isolement et d’oser prendre sa foi en main avec d’autres, face aux difficultés de dire et transmettre la Révélation.

Ces difficultés sont liées au contexte (occidental). Elles viennent des conditionnements imposés par les idéologies matérialistes ou pseudo-religieuses, mais viennent aussi de confusions propres au christianisme occidental ; ces confusions sont au nombre de trois (et elles sont déjà anciennes) :

– 1° la difficulté à distinguer ce qui est pré-chrétien de ce qui est post-chrétien (mais présenté comme extérieur à la foi chrétienne, c’est-à-dire comme finalement comme pré-chrétien)) [voir note 1] ; tous les phénomènes religieux sont alors placés abstraitement sur un même pied, indépendamment les uns des autres, sous un regard athée ;

– 2° l’amalgame entre la destinée personnelle et celle de l’humanité globale et même de l’univers (Rm 8) ; on ne sait plus alors de quoi on parle, et toute parole sur l’au-delà du temps actuel (personnel ou collectif) devient floue et inaudible ;

– 3° la causalité imaginée entre le mérite et le Salut (les non chrétiens seraient sauvés par les mérites de leur conscience) ; certes, on ajoute immédiatement qu’en fait, c’est la « grâce » qui sauve, mais alors se pose alors la question insoluble de la « grâce » des non chrétiens : Dieu la distribuerait-Il en secret aux non chrétiens (par exemple à travers le bouddhisme ou l’islam) ?

Ces difficultés doivent être regardées à la lumière de la Parole de Dieu, qui est au fondement de la foi et à laquelle il faut toujours revenir (parcours 1 et 2).
Cette Parole, transmise par les douze apôtres du mieux qu’ils pouvaient (parcours 3), nous fait « rencontrer » Jésus (parcours 4), ce qui est bien davantage qu’une simple découverte : c’est là où se joue le salut.
L’humanité entière aura également à le rencontrer, lors de sa manifestation universelle (parcours 5).

On peut comprendre alors ce qui a conduit aux deux dérives fondamentales de la Révélation, qui sont d’une part les contrefaçons de la Rencontre personnelle qui sauve (les spiritualismes, parcours 7), et d’autre part les contrefaçons de la Rencontre collective et de sa perspective du Royaume (les messianismes, parcours 6).

C’est au milieu de tous ces aléas que l’unité de l’Église doit être préservée (parcours 8). Spécialement à cause des Églises d’Orient, l’islam mérite une attention particulière (parcours 9).
Une sorte de discrète tendance messianiste mérite aussi notre attention : imaginer construire un monde de paix et de joie par le « dialogue des religions » (parcours 10).
Enfin, il convient de s’interroger sur ce que la Révélation nous enseigne sur le mystère même de l’homme (parcours 11).

1– « Apprendre » la Parole de Dieu

  • Rencontre 1 : premiers pas
  • Rencontre 2 : se nourrir de la Parole
  • Rencontre 3 : transmettre
  • Rencontre 4 : juger en vérité
  • Rencontre 5 : entrer dans une histoire
  • Rencontre 6 : au cœur du mystère
  • Rencontre 7 : perles et manuscrits
  • Rencontre 8 : Parole et récitatifs
  • Rencontre 9 : intérioriser la Parole
  • Rencontre 10 : la Parole guérit
  • Rencontre 11 : devenir des témoins
  • Rencontre 10 : Jn, un évangile à méditer

2– Comprendre la Parole ‒ l’enracinement araméen de la Révélation

  • Rencontre 1 : l’araméen et le grec au temps du Christ
  • Rencontre 2 : (re)découvertes et découvreurs
  • Rencontre 3 : être serviteur de la Parole
  • Rencontre 4 : des évangiles composés oralement
  • Rencontre 5 : au terme de l’évangile de Jean
  • Rencontre 6 : la formation des évangiles
  • Rencontre 7 : Jn, composé en deux étapes
  • Rencontre 8 : pour une juste exégèse du N-T
  • Rencontre 9 : civilisation araméenne et damiers de mémoire
  • Rencontre 10 : les événements du jour de la Résurrection
  • Rencontre 11 : quand interviennent des a priori
  • Rencontre 12 : gérer la richesse ? Une parabole
  • Rencontre 13 : le Notre Père et le réductionnisme
  • Rencontre 14 : deux études

3– Les douze apôtres, piliers de la foi et de l’Eglise

  • Rencontre 1 :
  • Rencontre 2 :
  • Rencontre 3 :
  • Rencontre 4 :
  • Rencontre 5 :
  • Rencontre 6 :
  • Rencontre 7 :

4– La Rencontre personnelle du Christ, ici-bas et après

  • Rencontre 1 : la Rencontre avec le Christ a deux dimensions
  • Rencontre 2 : ignorer la Rencontre et imaginer la mort comme temps « t »
  • Rencontre 3 : un vieux problème pourri, propre à la théologie latine
  • Rencontre 4 : le tournant apporté par le Cardinal Ratzinger – Benoît XVI
  • Rencontre 5 : l’héritage du moralisme augustiniste
  • Rencontre 6 : répondre à ceux qui peinent à comprendre
  • Rencontre 7 : le livre qui a ouvert un retour au Nouveau-Testament

5– La Rencontre collective du Christ Juge, au terme de l’ère actuelle

  • Rencontre 1 : « jugement général » et Concile de Florence
  • Rencontre 2 : théologie de l’Histoire et Espérance pour le monde
  • Rencontre 3 : les « derniers temps », c’est depuis à la Pentecôte
  • Rencontre 4 : une évidence qu’on a voulu occulter
  • Rencontre 5 : l’anti-christ préparera a contrario le Jugement
  • Rencontre 6 : regard global avec Fr. Breynaert (audios, vidéos)
  • Rencontre 7 : méconnaissances diverses (dont celle des Darbistes)
  • Rencontre 8 : difficultés de se représenter ce qui est révélé
  • Rencontre 9 : remplacer l’Espérance par le messianisme, 2 paraboles
  • Rencontre 10 : l’humanité durant la Parousia – rédaction en cours –

6– Contrefaçons messianistes de la Révélation (et de l’Espérance)

  • Rencontre 1 :
  • Rencontre 2 :
  • Rencontre 3 :
  • Rencontre 4 :
  • Rencontre 5 :
  • Rencontre 6 :
  • Rencontre 7 :

7– Contrefaçons dites « gnostiques » de la Révélation (et de l’Espérance)

  • Rencontre 1 :
  • Rencontre 3 :
  • Rencontre 4 :
  • Rencontre 5 :
  • Rencontre 6 :
  • Rencontre 7 :

8– Histoire de l’Église et unité des chrétiens

  • Rencontre 1 :
  • Rencontre 2 :
  • Rencontre 3 :
  • Rencontre 4 :
  • Rencontre 5 :
  • Rencontre 6 :
  • Rencontre 7 :

9‒ Questions relatives à l’islam

  • Rencontre 1 :
  • Rencontre 2 :
  • Rencontre 3 :
  • Rencontre 4 :
  • Rencontre 5 :
  • Rencontre 6 :
  • Rencontre 7 :

10– Dialogues interreligieux : vers une paix et une spiritualité universelles ?

  • Rencontre 1 :
  • Rencontre 2 :
  • Rencontre 3 :
  • Rencontre 4 :
  • Rencontre 5 :
  • Rencontre 6 :
  • Rencontre 7 :

11– Anthropologie révélée et générale

  • Rencontre 1 : P. Jean-Claude Hanus :
  • Rencontre 2 :
  • Rencontre 3 :
  • Rencontre 4 : Préserver les enfants : réseaux sociaux, IA, etc.

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QUE SIGNIFIE « POST-CHRETIEN » ?

Le grand flou "des religions"
Le grand flou « des religions »

[i] L’adjectif « post-chrétien » a été employé d’abord par des sociologues pour qualifier le monde occidental de la « sortie de la religion » (formule de Marcel Gauchet). En fait, il doit s’appliquer à des réalités bien plus universelles : à tous les phénomènes religieux ou apparentés apparus après le temps des apôtres.
Hans Urs von Balthasar le comprit dès 1987, soulignant que les post-christianismes ne peuvent que rejeter le christianisme en même temps qu’ils prétendent toujours le dépasser :

« Il y a lieu de constater combien radicalement des projets qui ont surgi avant la connaissance de la révélation chrétienne sont différents des projets qui, consciemment en post-chrétienté, refusent l’unification réalisée dans le Christ (comme centre et sommet de l’histoire biblique de l’alliance) et prétendent offrir au lieu de cela quelque chose de plus plausible. Ce qui est pré-chrétien et ce qui est consciemment post-chrétien peuvent bien se ressembler structurellement, mais dans l’intention profonde, il y a une distinction essentielle.
Il faut le dire, étant donné qu’aujourd’hui le levain du christianisme a pénétré toute l’humanité, il sera difficile et quelque peu naïf de retrouver encore quelque chose de pré-chrétien dans des idées qui se seraient apparemment maintenues depuis l’époque précédant le christianisme (comme ce pourrait être le cas par exemple en Asie) ; en fait, ces idées ont souvent assimilé des éléments chrétiens (ou bibliques) dans l’intention de montrer que l’on n’a pas besoin du christianisme pour légitimer leur propre prétention à la totalité »
(Urs von Balthasar Hans, Epilogue, trad. Camille Dumont, Bruxelles /Paris, Culture et Vérité / Brepols, [1987] 1997, p.11-12).

La distinction pré/post-chrétien est évidente et fondamentale pour tout chrétien croyant ; elle s’impose également aux chercheurs sérieux en histoire : spirituellement, Jésus et les apôtres ont changé le monde, celui-ci n’est plus le même après eux. Un tel constat est cependant rejeté a priori par la pensée occidentale dominante.

Par contamination ou pour ne pas heurter autrui, ce constat fut – dirons-nous – très implicite dans les textes conciliaires : enfermés dans des concepts, leurs auteurs n’ont pas tenu compte de l’histoire, sans doute dans l’espoir de promouvoir des « dialogues » abstraitement constructifs. Dans l’abstrait en effet, on peut penser des convergences entre les divers systèmes religieux, car ils sont pensés comme étrangers les uns aux autres, et en particulier comme extérieurs au christianisme. On parle alors « des religions » – un concept qui n’a pas de sens. Dans la réalité concrète, il n’y a jamais eu autant de persécutions contre les chrétiens dans le monde, mais il n’est pas de bon ton d’en parler dans les réunions de « dialogue ».

Cette confusion pré/post chrétien, mise en lumière par Balthazar (mais trop tard), préparait à la « théologie des religions ». Celle-ci implique d’ignorer que le christianisme des origines fut immédiatement universel : il s’est inculturé dans les diverses parties du monde d’alors, et pour une bonne part en Asie. Faute d’en tenir compte, les « théologiens des religions » réduisent le christianisme à un phénomène européen, donc limité et incomplet au regard des autres phénomènes religieux qui devraient le compléter.

Voici une illustration de ce déni largement répandu :

« L’Eglise doit être assez humble pour être baptisée dans la religiosité asiatique […] A l’exemple de son maître, cette Eglise en Asie doit s’asseoir aux pieds des gourous d’Asie, non comme Ecclesia Docens (Eglise enseignante) mais comme Ecclesia discens (Eglise enseignée). Mais le fait est que le Christ comme Fils de Dieu ou Seigneur n’est qu’un titre, une catégorisation humaine, à travers laquelle une culture particulière a essayé de saisir le mystère ineffable du salut qui nous est communiqué dans la personne et l’enseignement de Jésus » (Piéris Aloysius sj, Une théologie asiatique de la libération, trad. Joseph Festhauer, Centurion, 1990, p.89).

Le Jésus de Piéris est un spirituel parmi d’autres, qui a voulu montrer une voie de salut que ce jésuite considère probablement comme plus éminente que d’autres voies, sinon il ne se dirait même plus chrétien. Clairement, il ne connaît pas les grandes communautés chrétiennes qui, en Asie, remontent aux apôtres : il est ébloui par des spiritualités orientales dont il ne perçoit pas les influences, voire les racines, chrétiennes (orientales – voir parcours 7). En matière de confusions (et d’ignorance), on a également eu des moines européens qui se sont mis à des méditations hindoues, ou zen ou néo-bouddhistes. La Révélation est devenue floue dans l’esprit de nombreux responsables et a atteint une partie importante du peuple chrétien.

Pour en savoir plus : Le christianisme face aux autres religions, 2025.

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