Violence ou finalité ? un nœud de l’islam

Violence ou finalité ?  un nœud de l’islam

  Trop souvent, les débats concernant le phénomène islamique se réduisent à des discussions sur la violence de l’islam dont « l’Etat islamique » d’Irak-Syrie constitue une illustration revendiquée par ses propres vidéos postées sur le web. On peut penser que de telles vidéos monstrueuses servent simplement une politique de terreur, laquelle est vieille comme le monde.

Des intérêts pas clairs

  Malheureusement, les intentions ne sont pas si limpides. Nos grands médias relaient ces vidéos. Pourquoi faire un tel déballage de violence islamique – qui attire certains jeunes et qui, selon des sondages, n’est pas globalement rejetée par les populations se référant en Europe à l’islam –, et cela tout en exaltant l’islam comme « religion de paix » et en promouvant même un délit d’islamophobie dans la jurisprudence (anglaise mais aussi française) ?
À quoi joue-t-on ? Qui veut-on manipuler ?

  Les illustrations de cette situation ne manquent pas. En France, on note que la propagande islamique est de plus en plus présente dans les manuels scolaires, et pas seulement ceux de 5e : dans un manuel utilisé en CM1, on trouve une présentation très soft de l’islam suivie par l’exposé idyllique d’un propagandiste, Tahar Ben Jelloun (voir également ici, où il est expliqué aux enfants que l’Islam est très tolérant et que ses 5 « piliers » se trouvent aussi dans le livre des juifs et des chrétiens, et ici où on enseigne aux enfants que Mahomet a reçu son message de Dieu par un ange).
Au nom de quoi empêcher que les enfants sachent qu’existent des explications de l’Islam qui ne font pas intervenir « Dieu », et que  l’islam s’est répandu essentiellement par la guerre et la force – de nombreux musulmans s’en vantent ? Est-il si important de tromper les enfants ?
Pourquoi leur cacher par exemple qu’ un tiers de la population de la Turquie était chrétienne au 19e siècle encore, et qu’elle a été chassé ou exterminée ? Serait-ce parce certains enfants risqueraient de penser « que le christianisme est meilleur que l’islam », pour reprendre la phrase d’un journaliste outré de France Inter qui , en 1998, évoquait le livre du P. Antoine Moussali, La croix et le croissant ? Et quelle présentation du christianisme est faite dans ces mêmes manuels ?
Et peut-il y avoir une once de vérité si l’on interdit d’y comparer ce que les traditions elles-mêmes disent respectivement de Jésus et de Mahomet, à l’instar de ce qui est arrivé à Mike Overd, un prédicateur de rue anglais, Mike Overd poursuivi pour avoir fait cette comparaison (jugée attentatoire à « l’ordre » public) ?
En Allemagne en octobre,  des Kurdes ont manifesté contre l’Etat islamique ; on le comprend. Mais, vu que la Turquie soutient les jihadistes et l’Etat islamique, des Turcs,
dans plusieurs villes, ont attaqués les Kurdes à l’arme blanche (ici les images de Hambourg).
À Berlin, une église copte a été incendiée. Est-ce cela « l’ordre public » qu’on veut instaurer ? Qui y a intérêt ?

Une Eglise qui subit les événements

  On attendrait de l’Eglise qu’elle soit un phare pour démêler et dénoncer les manipulations qui visent essentiellement les immigrés d’origine musulmane ; on peut se demander d’ailleurs si le but poursuivi n’est pas de les séparer le plus possible des populations européennes et de les monter contre elles.  Mais, s’il existe des gens lucides (dans l’Eglise ou ailleurs) qui produisent des études sur ces questions, quels sont les moyens utilisés pour en faire connaître le résultat ?
Tout seul le Pape ne peut pas pallier le manque crucial de vérité dans la sphère de la communication, ni l’alignement sur la pensée unique définie par les détenteurs des médias planétaires. Il fait de son mieux, avec les pressions qu’il subit et le cadre conceptuel dont il dispose, comme on le voit dans l’interview de 45 mn qu’il a donnée le 30 novembre à son retour de Turquie.
Pape_30nov_2014_interview   Bien sûr, il ne peut pas critiquer ce pays policier national-islamiste, ni même dire qu’il porte une responsabilité majeure dans la destruction de la Syrie et dans les crimes islamistes.
Par rapport au « dialogue » et au concept « d’islamophobie », il indique prudemment : « Les musulmans disent : Le Coran est un livre de paix. … Je comprends cela » – ceci pour préciser qu’il n’a jamais qualifié le Coran de « livre de paix » mais exprimait ce qu’il pense être la position de tous les musulmans. Très justement, il fait appel ensuite à tous les responsables musulmans pour qu’ils « aident la majorité du peuple islamique à dire non » à la violence. C’est dire si le Pape ne se fait pas d’illusions !

   Vers la fin de l’interview, il dénonce la manipulation médiatico-guerrière qui, en septembre 2013, accusait le gouvernement syrien d’avoir utilisé des armes chimiques (il se trompe sur les détails mais peu importe) ; et il regrette que la frontière soit fermée entre l’Arménie et la Turquie (sans préciser que c’est la Turquie qui la ferme). Ce qui est déjà très courageux, à la place qu’il occupe.

Un problème de fond tout autre

  Cependant, le problème de fond ne se situe pas dans ces discussions.
  Ce problème est : peut-on faire avancer des « dialogues de paix » sans mettre en cause ce qui va contre la paix, c’est-à-dire en premier lieu sans regarder en soi les systèmes de pensée qui prétendent faire advenir un monde meilleur ou même parfait ?
   Car il existe un lien mécanique entre de telles prétentions  et ceux qui y trouvent la légitimation de leurs pires actes.  Car quand on croit détenir le salut du monde (et en particulier, selon l’identité musulmane, être choisi par Allah au dessus des autres hommes), la pente sur laquelle on se trouve peut conduire à poser des actes que, sereinement et seul, on refuserait de faire. Et est-il possible de s’opposer au groupe qui dirait que « Dieu » veut de tels actes ? Qui oserait se mettre en travers de ce qui semble être la « volonté de Dieu » (ou le « sens de l’Histoire », selon l’équivalent laïciste de cette Volonté) ?
Telles sont précisément la force et la perversité des systèmes idéologiques, religieux ou anti-religieux (l’Europe du 20e siècle en a bien connus).
  Voilà le problème de fond.

  De ces systèmes qu’on appelle « messianismes », le plus ancien de tous est apparu à la fin de l’époque des Apôtres. Il s’agit d’un véritable retournement de la Révélation chrétienne, source des bienfaits et bénédictions sans nom pour l’Humanité. Par le fait même, il amène son contraire : des conséquences destructrices pour l’Humanité toute entière, que ce soit au plan individuel ou sociétal. Tout en ressemblant au christianisme par des côtés séducteurs.

     On peut percevoir dès lors la différence qui existe entre les « dialogues » en faux-semblants qui exaltent la paix et la fraternité mais qui, dans la réalité, aggravent les maux dont souffre le monde, et les dialogues où l’on se retrouve paisiblement pour comprendre et s’opposer ensemble aux mécanismes messianistes – y compris dans leurs aspects financiers et commerciaux – qui conduisent aux guerres et aux génocides.
  Si l’on ne comprend pas cette différence, qu’au moins on écoute ce qu’ont à dire les chrétiens d’Orient… quoique tout soit fait justement, pour qu’ils n’aient jamais l’occasion de s’exprimer dans nos médias occidentaux.

  Il faudra bien cesser un jour de croire aux vertus miraculeuses des dialogues où tout le monde fait profession de paix et de fraternité, même ceux qui financent les assassins de chrétiens. Il est vrai que qui donc serait contre la paix ? Les pires tyrannies idéologiques ont toujours été pour la paix. Mais laquelle ?
Actuellement, l’Otan masse des troupes et des chars aux portes de la Russie, dans les pays baltes. C’est sans doute pour la beauté du paysage et du climat ? Le budget fédéral US vient d’être voté : mille milliards de dollars, dont plus de la moitié pour la défense. Mais quelle « défense », alors qu’aucune nation ne menace les USA ? Est-ce la paix qui est recherchée ou son contraire ?

  Ne pas mettre en cause les légitimations des messianismes (l’islam n’est pas le seul, loin de là), c’est y collaborer inconsciemment, au risque de contribuer à faire advenir des guerres et des génocides (ils n’ont pas manqué d’en provoquer).
 En ce 8 décembre, un prêtre irakien a magnifiquement résumé l’état d’esprit de ces chrétiens qui ont tout perdu pour conserver la Foi :

"Même si les terroristes nous ont tout pris, personne ne peut nous prendre notre joie. {...} Ces Lumignons nous montrent que la lumière est au bout du couloir. J'espère atteindre le bout du couloir et cette lumière." (vidéo à 1 mn 30)

Puissions-nous nous en inspirer !

Edouard-M. Gallez

9 thoughts on “Violence ou finalité ? un nœud de l’islam

  • 17 décembre 2014 at 20 h 05 min
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    Belle et juste réflexion. Puisse un jour proche certains dirigeants se réveiller pour se rendre compte de l’abyme qui s’est créé entre les actes et les paroles…

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  • 17 décembre 2014 at 20 h 44 min
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    Je travaille depuis mon pèlerinage en 2013 en terre sainte à conscientiser mon voisinage :famille et paroisse. Mais mon curé m’empêche de continuer sous forme d’intentions dans mes P universelle le dimanche, de sensibiliser es paroissiens : c’est la peur de son voisage musulman, autour de nous .Tous les curés et même les évêques font pareille . Comment faire. Je suis en relation avec les chrétiens d’orient…

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  • 20 décembre 2014 at 10 h 19 min
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    Je crois que tout découle du fait que l’Islam n’est pas un projet religieux mais un projet politique, n’en déplaise à ses pauvres fidèles abusés, et à nos braves chrétiens (moins excusables !).

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    • 21 décembre 2014 at 5 h 18 min
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      Opposer un « projet politique » à un « projet religieux » mène-t-il à quelque chose ?
      On entend cette idée de manière récurrente dans le discours laïciste : toutes les « religions » seraient bonnes fondamentalement, c’est l’ajout d’un « projet politique » qui les pervertirait.
      Cette manière de penser, très habituelle, est d’autant plus fausse que la plupart des « projets politiques » (le marxisme léninisme en a inspiré beaucoup) dissimulent de véritables « projets religieux », des « religions laïques » pour reprendre une expression de Raymond Aaron (ou « sécularisées », selon d’autres auteurs).
      Or, ce qui est pervers n’est communément pas la forme extérieure du projet, qu’il soit « politique » ou « religieux », mais sa finalité. Quels sont les buts qu’il poursuit ? Que disent les textes de référence ? Si la prétention apparaît de mener le monde vers un état idéal ou même simplement meilleur, il faut se méfier au plus haut point. Ceux qui rendent ce monde réellement un peu meilleur n’ont aucune prétention à le changer, ils savent qu’un tel projet relève du mythe manipulateur.
      La « religion » en soi, cela n’existe pas. Et les phénomènes religieux, surtout aujourd’hui après deux millénaires d’influences post-chrétiennes, n’ont rien de pur. Déjà avant le Christ, ils n’avaient rien de pur. Relisons les écrits de Paul à ce sujet, et bien d’autres passages de la Bible !
      Le phénomène islamique doit être resitué au milieu des autres phénomènes « politico-religieux » que le monde subit depuis deux mille ans.

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  • 21 décembre 2014 at 22 h 34 min
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    un musulman écrivait au site catholique-musulman-issa.com : « ce que les gens ne comprennent pas c’est que l’islam n’est pas qu’une religion. C’est un système socio-politico-religieux ». Tout est dit: la religion n’est plus qu’une idéologie dans un système totalitaire et l’islam n’est pas comparable aux autres religions, mais aux totalitarismes du 20ème siècle (nazisme et communisme). Dans les années ’50, le sociologue Jules Monnerot expliquait aux Français (qui avaient alors une certaine connaissance de l’islam à cause de l’Algérie), que le communisme est une sorte d’islam !

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    • 22 décembre 2014 at 19 h 03 min
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      Bien dit Mr de Marsac et mon Père avant .. Pour info il est utile de lire la lettre à René Bazin , du militaire, explorateur, presque moine,,devenu prêtre sur un tard, à vécu en terre sainte , est adulé au Maroc et en Algérie, sa mémoire est gardée par des sœurs à Nazareth : vous avez trouvé le Père Charles de Foucault ? Devenu Bienheureux en 2005, mort en 1926.
      Quel amour donné aux Touaregs , aux musulmans; Quelle analyse juste est faite sur cette lettre
      Prions plus et faisons prier autour de nous pour ce problème . Rappelons nous qu’il ne peut y avoir qu’une seule révélation . Où nos frères musulmans peuvent-ils se révéler autrement que à travers Jésus ; Amitiés en Christ

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  • 30 décembre 2014 at 15 h 43 min
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    Y a t’il une seule religion Islam ? L’Islam est -il forcement synonyme de conquête mondiale ? Et les musulmans qui croient réellement que leur « religion » est paix sont-ils en fait des Chrétiens qui s’ignorent ? Le Christianisme a aussi eu ses pages sombres… Quelle différence y a t’il entre la Croisade populaire et l’appel au Jihad ? Des personnes répondant à l’appel exalté de prêcheurs pour aller mourir on ne sait où. Certes ce n’était pas le but… Mais combien de musulmans (qui n’étaient plus les sanguinaires Seldjoukides) furent massacrés à Jérusalem par des soldats incontrôlables. Certes, ce n’était pas commandé, mais c’est arrivé.

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    • 31 décembre 2014 at 14 h 32 min
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      Je réponds juste à la première partie du commentaire qui est affichée.
      En gros, on lit là le gros discours habituel de nos médias qui répètent sans cesse que toutes les religions sont plus ou moins mauvaises. Même les manuels scolaires de nos enfants sont pleins d’exaltations de l’Islam, tandis que le christianisme est accusé des pires forfaits.
      Les communistes avaient développé le même discours contre le christianisme. Les Nazis aussi. Il faut le signaler même si ce n’est pas une réponse en soi.
      La différence, c’est que les armées musulmanes d’invasion ne venaient pas libérer des populations asservies, tandis que les lieux saints de Jérusalem venaient d’être détruits et que les pèlerins ne pouvaient plus s’y rendre librement.
      La différence, c’est que l’évangile n’enseigne pas que les seuls qui sont sûrs d’être sauvés sont ceux qui se font exploser « pour Dieu » (« Dieu aime ceux qui vont jusqu’à tuer sur Son chemin » Coran 61:4).
      La différence, c’est que les voisins et amis ne deviennent pas des gens qui vous volent ou vous tuent parce que le conditionnement au Jihad s’est mis en marche (demandez aux réfugiés irakiens ce qu’ils ont vu ou entendu de leur famille). Pour ce qui est de la France voir cette étude : http://revolte.exprimetoi.com/t2112-djihad-au-bas-mot-125-000-militants-actifs-de-l-etat-islamique-dans-nos-banlieues.
      Oui, tout le monde veut la paix. Et les intentions des idéologies, religieuses ou non, sont toujours belles, indépendamment du fait que les gens soient « bons » ou non (selon une grille de jugement moral). Mais ce ne sont pas les gens qui sont pervers en soi, c’est le système qui les tient prisonniers.
      Si vous avez compris la différence entre des gens et un système qui les conditionne à faire ce qu’ils ne feraient pas d’eux-mêmes, vous avez tout compris.

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      • 2 janvier 2015 at 16 h 08 min
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        J’ai eu la chance d’assister en Septembre à un colloque , en France . J’y ai enregistré 4 intervenants , évêques ou archevêques d’Orient . Chacun parle une heure . Tout y est dit . Géopolitique, culture , culte , histoire depuis le 1er siècle . J’accepte d’ expédier deux DVD de ses intervenants de qualité. Audition impeccable de ses supports: ils peuvent être diffusé en bande sonore seule ou en video . Je laisse le soin à ce site de donner mon N° de tel pour contacte , ou mon adresse courriel .
        Intervenants venus de Irak, Egypte, Liban , Mossoul. C’est un excellent document de réflexion . Merci de votre lecture.

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