Recensions : études sur l'Islam

Ces recensions proviennent du Bulletin et sont seulement indicatives des courants de recherche :

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Muhammad is not the father of any of your men

David S. Powers

Philadelphia, USA, University of Pennsylvania Press, 2009

Malgré les pressions et les compromissions d’origines diverses en vue d’accréditer la légende du Coran inaltéré depuis ‘Uthman, la recherche sur l’histoire du texte coranique avance çà et là.

________Cette étude, focalisée sur un point restreint du texte coranique, s’appuie sur certaines photos d’un manuscrit coranique de la BNF de Paris, datant d’autour de l’an 700 – à l’époque-clef du Calife ‘Abd al-Malik qui a donné à l’Islam l’essentiel du visage qu’il présente aujourd’hui (y compris son nom même d’islam !). .
________Ce manuscrit est, comme tous les manuscrits anciens, un texte fait de consonnes dépourvues de points diacritiques et, bien sûr, de voyelles. Selon l’article de Yasin Dutton paru en 2001 dans le  Journal of Qur’anic Studies (An Early Mushaf According to the Reading of Ibn ‘?mir, volume 3, pages 71-89), il s’agirait d’une copie de la « version syrienne » du Coran, réalisée en Syrie.
En fait, très peu d’études de codicologie ont encore été consacrées aux copies du Coran les plus anciennes – toutes postérieures au BNF ar328a –, sinon des descriptions très générales et superficielles.

________Celle de David Powers est l’une des ces rares. On ne s’étonnera pas qu’elle aborde l’histoire du texte coranique à travers un point très limité, qui reflète le cheminement même de l’auteur. Comme il l’explique dans l’introduction (p. XIII), lui-même croyait que “l’ossature consonantique du coran, tel qu’il nous est présenté aujourd’hui au XXIème siècle, est identique en tous points à la révélation reçue par le prophète Mohammad sur une période de vingt-trois ans entre 610 et 632. L’idée que la première communauté musulmane ait pu réviser et modifier l’ossature consonantique du coran est impensable, non seulement pour les musulmans, mais aussi pour les islamologues, y compris, jusqu’à récemment, moi-même”.

_______Or, suite à des recherches sur le système juridique islamique en matière d’héritage, il découvre qu’un mot a été mal orthographié dans le texte coranique actuel et possède une signification différente. Jetant un coup d’œil sur une (trop rare) reproduction photographique du Ms Paris ar328a (un ouvrage publié par Noseda et Deroche à moins de deux cents exemplaires et à un prix prohibitif), il constate en effet une anomalie dans la sourate an-Nisa’ (les femmes) :

Kalâlahun mot – kalâlah, inconnu autant en arabe que dans les autres langues sémitiques – présente des retouches  ; une première écriture, sous-jacente, indique kallah c’est-à-dire belle-sœur. C’est en tout cas ce qui se voit au verset 12.
Mais cette sourate mentionne une seconde fois le mot, en son dernier verset (c’est-à-dire en s.4:176). Et là, il ressort que cet ultime verset vient mal : non seulement il n’a pas de lien avec ce qui précède – tout le monde peut le constater –, mais encore, remarque Powers, il est recopié de manière notablement décalée et trop ramassée par rapport au reste du folio 20b et même de tout le reste de ce manuscrit BNF ar328a ; c’est comme s’il avait été composé et ajouté durant la copie même du manuscrit (la place de la sourate 5 ayant été déterminée à l’avance, ce qui est normal dans un tel travail de copiste). Ce n’est d’ailleurs pas la seule anomalie que présente la transcription de cette sourate 4.
________La substitution du mot kalâlah à la place de kallah en s.4,12 et la fabrication d’un ultime verset supplémentaire où ce mot apparaît répondent, explique Powers, à la volonté d’insérer dans le Coran une certaine doctrine en matière d’héritage, tournant autour du mot kalâlah jusqu’alors inconnu et auquel la signification de « sans descendant » est prêtée (c’est-à-dire inventée). De la sorte, une nouvelle doctrine juridique était sacralisée. L’auteur estime ainsi que (p. 227) :

“l’ossature consonantique du Coran est restée ouverte et fluide pendant les ¾ du 1er siècle [= jusque vers 700], entre la mort du prophète et le califat de ‘Abd-al-Malik. Le procédé de fixation de cette ossature fut rempli d’erreurs. Des problèmes furent identifiés et résolus, des erreurs furent corrigées, des versets ajoutés, révisés ou retirés” .

________L’évolution de David Powers vers une attitude critique à l’égard du Coran est emblématique, tôt ou tard, de toute recherche coranologique faite de bonne foi, même par des auteurs musulmans. Ainsi en est-il de l’auteur du livre suivant, ‘Amir Moezzi.

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Le Coran silencieux et le Coran parlant

Mohammad ‘Ali ‘Amir-Moezzi

Paris, CNRS Editions, mai 2011

___Sans aller jusqu’au scepticisme absolu de Muhammad Kalish qui avait provoqué des remous en 2008, le Chiite Mohammad ‘Ali ‘Amir-Moezzi met en cause la valeur du texte coranique dans un livre récent.

___La présentation de ce livre sur le site du CNRS est déjà frappante ; ces quelques extraits de la conclusion le sont plus encore (les gras ont été ajoutés).
___Certes, les manipulations du texte dénoncées par les commentateurs chiites que cite l’auteur sont mises au compte de la volonté des premiers Califes (ceux de Médine puis de Damas) de faire disparaître toute allusion à ‘Ali ou à la famille du supposé fondateur de l’Islam, Muhammad. Néanmoins, elles cachent mal les véritables manipulations du texte qui, primitivement, ne mentionnait même pas le chef de guerre qui fut surnommé « muhammad », et qui témoignait beaucoup plus clairement que dans le texte actuel des initiateurs historiques du mouvement qui s’appellera « Islam » un siècle après seulement.
______Voici ce qu’écrit Amir Moezzi. Il y a “deux domaines d’une importance capitale où pourtant continuent à persister de larges zones d’ombres : l’histoire des débuts de l’islam et celle de la rédaction de ses Ecritures”. (p.210) …
______Afin de justifier ces exactions, le pouvoir califal mit au point un système complexe de propagande, de censure et de falsification historique. Il altéra tout d’abord le texte coranique et forgea tout un corpus de traditions faussement attribués au Prophète en prenant à son service grands lettrés, juges, juristes, prédicateurs, historiens… tout cela au sein d’une politique de répression aussi féroce que méthodique des opposants d’une manière générale et des Alides en particulier”…
______En récupérant son pouvoir, les adversaires de Muhammad se sont vus contraints d’intervenir massivement dans le texte coranique afin d’en altérer les passages compromettants pour eux. Aidés par des hommes puissants de l’Etat et des lettrés professionnels (parfois les deux qualités étaient réunies chez un même individu, comme ce fut le cas de ‘Ubaydallâh ou d’al-Hajjâj b. Yûsuf) ; ils mirent au point le Coran officiel connu qui, à force d’interventions de toutes sortes, finit par trouver cet aspect décousu et difficilement compréhensible que l’on sait”. (p.211) …
______Cependant, jusqu’aux 3e et 4e selon le calendrier islamique/ 9e et 10e siècles, d’autres recensions coraniques très différentes dans leur forme et leur contenu circulaient, elles aussi, sur les terres d’islam jusqu’à ce que le « Coran étatique » fut imposé à tous y compris à la majorité des Shi’ites. À cette époque, avec l’établissement de « l’orthodoxie » sunnite sous le califat abbasside dont un des dogmes majeurs a été le caractère divin et éternel du Coran officiel, il devenait extrêmement périlleux de mettre en doute l’intégrité de celui-ci. Seule une minorité parmi les Shi’ites continua à soutenir discrètement la thèse de la falsification et ce jusqu’à notre époque”…
______Dans une phase qui serait la plus ancienne, l’obscurité du texte coranique est dite être due à sa falsification. Différentes suppressions et ajouts, œuvre des ennemis de Muhammad, et de ‘Ali, ont complètement altéré la Révélation et entamé sa clarté initiale” (p.212).

______‘Amir-Moezzi veut penser que la mystification historique et les manipulations du Coran sont motivées par le rejet de ‘Ali. Mais c’est la figure du chef de guerre appelé Muhammad qui fut rejeté durant tout un temps, tellement elle rappelait les origines judéo-nazaréennes. Ce n’est que 50 ans plus tard, que cette figure fut tirée de l’oubli lorsque des opposants chiites se mirent à l’utiliser par opposition à l’autorité du Calife de Damas (à partir de 683). Très intelligemment, le Calife ‘Abd al-Malik sut retourner la situation à son avantage, en faisant de cette figure même le transmetteur inspiré du Coran (nouvelle version), dont le statut faisait problème.
______La continuelle occultation de l’histoire est la cause réelle de qu’Anne-Marie Delcambre a appelé la schizophrénie de l’islam (titre de son livre paru en 2006 chez DDB) : « La caractéristique de la schizophrénie, explique-t-elle, c’est de ne pas coller à la réalité et de s’enfermer dans un monde surréel, avec des refoulements obligés qui ne peuvent qu’aboutir au délire violent de persécution ». Mais l’auteure, quoique mentionnant le judéo-nazaréisme, en reste encore à des explications très psychologiques, présentant l’Islam comme une « religion de convertis » – les convertis étant supposés être schizophrènes. Mais le supposé Prophète de l’Islam était-il lui-même un converti ? Et par qui l’avait-il été ? Les convertis à l’Islam doivent-ils être nécessairement schizophrènes, ou est-ce le système qui, sous une forme antérieure, l’était déjà, ce qu’était la mystique communiste – pour prendre une comparaison compréhensible par un Européen pas trop jeune –? La poursuite d’un rêve éveillé sociétal est le ressort de la « surréalité », selon le mot inventé par les dissidents soviétiques pour décrire l’univers mental dans lequel vivait le monde communiste et qui conduisait à rejeter la réalité en fonction du projet de Salut auquel toute la terre devrait être soumise. Dans le monde islamique, cette « surréalité » engendrant la schizophrénie s’appelle Charia ; elle n’est cependant pas une invention musulmane : elle existait depuis longtemps auparavant.
______L’idée de type mythologique et trop facile selon laquelle celui qui a été surnommé Muhammad aurait été à l’origine de l’Islam doit être mise en cause. Beaucoup tournent autour de cette question mais sans oser faire le pas qui libérerait (enfin) leur recherche.

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Kropp Manfred, Results of contemporary research on the Qur’ân. The question of a historical-critical text of the Qur’ân,
Orient-Institut Beirut/ Würzburg, Ergon Verlag, 2007.

____Il s’agit des actes partiels d’un congrès qui s’est tenu à l’université de Mayence du 8 au 13 septembre 2002. Dans ce volume qui réunit huit contributions substantielles, on ne trouve pas de révélations extraordinaires mais certains éclairages intéressants ou certains questionnements inattendus. Nous ne ferons ici que rendre compte d’une seule de ces contributions (d’autres données seront disponibles plus tard sur notre site internet) : celle de François Déroche, le spécialiste des manuscrits arabes de la BN, intitulée Beauté et efficacité : l’écriture arabe au service de la révélation [avec un petit « r »] .

____Derrière ce titre apparemment très consensuel surgit un questionnement qui l’est beaucoup moins. Le diacritisme est un ensemble de signes qui, en arabe, permet de distinguer nombre de consonnes les unes des autres, ainsi que leur redoublement. On imagine la difficulté de lire un texte qui en serait dépourvu – ainsi que de voyelles, même si elles jouent un rôle mineur, permettant de savoir par exemple si l’on est devant une forme active ou passive. Le problème soulevé ici est le suivant : on a longtemps imaginé et on continue d’enseigner que les signes diacritiques ont été inventés postérieurement au Coran. Ils auraient été alors ajoutés peu à peu, dans la mesure où les incertitudes s’accumulaient dans la transmission orale et qu’une mise par écrit plus rigoureuse s’imposait. On part en effet du récit islamique de la « révélation » : les déclamations du « prophète » Muhammad avaient été apprises par cœur et vaguement notées sur des supports hétéroclites, des omoplates de chameau, des pierres, etc. mais jamais ni sur papier ni sur parchemin (ce qui est vraiment bizarre), mais avec le temps et la diminution de la mémoire, il avait fallu apporter des précisions à la mise par écrit. On aurait ainsi eu jusqu’à sept lectures possibles du texte qui, d’ailleurs (!) aurait eu le plus grand mal à être « collecté », au point que ?Uthmân le premier puis d’autres califes ensuite auraient fait disparaître tous les types de « corans » non « conformes ».

____Voilà ce qui ressort des traditions islamiques et du discours islamologique qui les interprète. Ce récit est bourré d’invraisemblances. Pour commencer, la mémoire est extrêmement fiable dans les cultures orales. S’il y a eu des difficultés à lire les mises par écrit – qui sont en réalité simplement des aide-mémoire –, c’est parce que leur texte n’était pas ou guère connu. Et évidemment pas parce qu’il avait été noté sur des supports hétéroclites. S’il était disparate et dispersé, c’était pour une autre raison, que la légende islamique cache sous l’invention des invraisemblables supports (omoplates de chameau, pierres, etc.) : l’imagination est subjuguée par le détail et ne voit plus l’artifice que recèle l’explication.

____Une autre raison impérieuse oblige à remettre en cause cette « explication » légendaire : le diacritisme n’est pas une invention du 8e siècle, il existait déjà avant Muhammad. Si le texte est sacré, le soin le plus grand aurait dû être apporté à sa conservation (c’est ce que le titre de la contribution entend sous le mot d’efficacité). Or, explique François Déroche, les manuscrits les plus anciens du Coran (qui datent de la fin du 7e siècle ou plutôt du début du 8e) sont écrits SANS aucun signe diacritique, ce qui les rend relativement illisibles. Et alors même que de tels signes apparaissent, de nombreuses copies postérieures continuent à ne pas en employer ;

“En fait, la comparaison entre différents fragments, voire entre différentes mains – quand plusieurs copistes ont uni leurs efforts pour transcrire le Coran – souligne le caractère extrêmement personnel de la ponctuation [diacritique] ; chacun met des points là où cela lui semble bon” (p.23).

____Dans le cadre du récit islamique des origines de l’Islam, aucune explication sensée ne peut rendre compte de ces apparentes aberrations. Alors ?

____Sortons maintenant de la légende pour envisager les choses sous un autre angle de vue, celui qu’ouvre l’étude Le messie et son prophète. Supposons que le but recherché à partir de ?Uthman ait été d’avoir un texte à opposer aux juifs et aux chrétiens, et que les seuls matériaux dont ce Calife disposait étaient les aide-mémoire (plausiblement sans diacritisme) laissés en arabe par les enseignants judéo-nazaréens et datant de l’époque de Muhammad ou même d’avant lui. Ces aide-mémoire ont servi, certes, mais leur contenu n’était guère connu. Du reste, l’auteur de la sourate 39 (versets 27-28) se plaint de ce que les Arabes ne font pas d’effort pour mémoriser (encore parle-t-il là du lectionnaire traduit en arabe). Quant à lire ces aide-mémoire, le manque de diacritisme conduisait à le faire selon des lectures divergentes. Mais le premier sujet de discorde était évidemment le choix de tel de ces textes plutôt que tel autre. Le temps pressant, on en tira au plus vite un recueil – en fait, on en tira justement plusieurs qui entrèrent en concurrence, comme le rapportent les traditions islamiques – en recopiant un choix assez arbitraire de ces aide-mémoire dont le contenu, connu grosso modo, semblait aller dans le sens de ce qu’on attendait : constituer quelque chose d’opposable au livre des juifs et des chrétiens et magnifier l’élection par Dieu de la nation arabe. Les copistes firent leur travail sans comprendre (ce qui est souvent le cas, à vrai dire). Et la tradition s’installera de copier sans le diacritisme, pourtant nécessaire à la lecture.

____Comme on peut s’en douter, les textes qui résultèrent de ces « choix » trop rapides ne répondaient que moyennement aux besoins, et ils ne résistaient pas à la critique des juifs et des chrétiens (il leur fut interdit de lire le Coran), et pas davantage à celle des partisans (ou des opposants) des Califes. C’est pourquoi, des interventions multiples et successives sur le texte s’avérèrent nécessaires, ce qui conduisit l’autorité politique à imposer plusieurs fois de nouvelles versions, et à brûler les « corans » obsolètes, sous peine de mort pour les récalcitrants. À leur manière, les traditions islamiques évoquent ces éliminations successives.

____Le Coran n’est pas ce que l’on croit. Une autre recension de l’ouvrage par Anne-Sylvie Boisliveau.

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Comprendre l’Islam, risque ou défi

Pierre-Marie Soubeyrand

Editions des Béatitudes

Un livre capital, en l’attente d’une synthèse plus vaste encore !

Pierre-Marie Soubeyrand, responsable de la Communauté des Béatitudes à Lourdes, connaît bien l’Afrique du Nord où il a vécu de nombreuses années ; il fait ici un formidable travail de présentation des nouvelles découvertes sur les véritables origines historiques de l’islam, dont il présente les grandes conclusions.

Viennent ensuite les conséquences au plan du dialogue islamo-chrétien qui est « une nécessité vitale » et non « un choix passager », comme l’a exprimé Benoît XVI, mais qui ne pourra être fécond que sur des bases autres que celles qui conduisent à l’impasse depuis près de 50 ans, c’est-à-dire s’il intègre une nouvelle lecture des textes dans leur contexte historique et la recherche de vérité par le travail de la raison.

Ainsi que l’écrit Mgr Ginoux dans sa préface, « ce travail s’inscrit dans une exigence contemporaine : se connaître et avancer dans le respect mutuel et par le moyen de la raison. »

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azzi

Le prêtre et le prophète

Joseph Azzi

Editions Maisonneuve et Larose, 2001

L‘auteur présente ses recherches sur les nazaréens et démontre, preuves à l’appui, qu’ils sont bel et bien les promoteurs de l’islam (cf. son livre Al-Qass wa n-nabî). Son étude a été assumée par celle du messie et son prophète qui apporte plus de précisions (Le prêtre et le prophète manque parfois de recul par rapport au discours musulman, notamment à propos de La Mecque).

En mars 2010, une émission de la chaîne Al-Hayat du Père Boutros Zacharia (web et satellite), donnait la parole par téléphone au P. « Abou Moussa al-Hariri » (P. Joseph Azzi, libanais) : c’est la première fois qu’un large public arabophone entend, dans les pays musulmans (où Al-Hayat est beaucoup écoutée, et de plus en plus) que l’Islam est d’origine (judéo)-nazaréenne !

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Le Messie en croix selon les Eglises primitives face à l’islam

François Jourdan, eudiste

Editions de Paris

Ancien délégué du diocèse de Paris pour les relations « avec les Musulmans », il a enseigné pendant quinze ans à l’Institut Catholique de Paris et dix ans à l’École Cathédrale. Il a été envoyé ensuite en mission eudiste aux Philippines, confrontées à l’islam asiatique.

Entrés définitivement dans une ère interreligieuse, comment allons-nous comprendre et vivre avec nos amis de l’islam ?

Un point incontournable de nos croyances fait difficulté : la mort du Messie Jésus en croix. L’islam la rejette. Le christianisme y voit, avec la résurrection, l’amour rédempteur de Dieu pour tous les hommes.

Comment les chrétiens d’Orient, à l’héritage prestigieux et méconnu, ont-ils porté ce point central de la foi chrétienne, avant l’islam et à ses débuts ?

Son livre précédent, Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans, qui, après d’autres auteurs, présentait les oppositions radicales entre le christianisme et l’Islam, lui a valu quelques difficultés en France après sa parution…

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Le texte arabe non islamique

Les auteurs : Peter Bruns, Yolande de Crussol, Hugues Didier, Edouard-Marie Gallez,
Geneviève Gobillot, François Jourdan,Jean-Marie Mérigoux, Philippe Molac,
Antoine Noujeim, Pierre Perrier, Karam Rizk, Henri Teissier,
Dominique Urvoy, Marie-Thérèse Urvoy, François Zabbal, Maroun Zogheib

Collection Studia Arabica – Volume XI, Actes du colloque de Toulouse, octobre 2007

Editions de Paris

La croyance qu’il n’y a de texte arabe qu’islamique demeure ancrée dans l’imaginaire collectif.

Les études présentées dans cet ouvrage montrent comment le texte arabe fut absorbé par l’islam à la faveur d’un processus politique d’affirmation du caractère islamique de l’Empire arabe. Néanmoins, une littérature arabe indépendante de l’islam a persisté.

À noter : une contribution d’exégèse coranique sur les mots de racine (très biblique) kfr qui donne par exemple l’appellation injurieuse de kâfir (mécréant) mais dont le sens réel dans le Coran s’était complètement perdu.

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Logo-Abecedaire-UrvoyAbécédaire du christianisme et de l’islam

Dominique et Marie-Thérèse URVOY

Editions de Paris, juillet 2008, 160 pages.

Alors que les musulmans revendiquent d’être reconnus comme tels et justifient religieusement les signes distinctifs qu’ils affichent, il est nécessaire de connaître exactement le support spirituel et dogmatique de leur identité.

Des formules telles que « l’amour de Dieu » ou « l’amour du prochain » ont des sens différents selon les traditions respectives des chrétiens et des musulmans.

Cet Abécédaire permettra de savoir ce qu’il y a réellement sous les mots employés et d’éviter ainsi tout malentendu.

Si l’équivoque paraît souhaitable à certains pour une politique à court terme, elle ne ferait qu’empoisonner une coexistence à long terme.

Marie-Thérèse Urvoy est professeur d’islamologie, d’histoire de l’islam et de langue arabe à l’Université catholique de Toulouse.

Dominique Urvoy est professeur retraité de pensée et civilisation arabes à l’Université de Toulouse I.

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Comprendre l’Islam et construire une humanité fraternelle et pacifique

C. Hélou-Matar

Cariscript, septembre 2010.

PRESENTATION de l’éditeur :

Quelles justifications apporter à l’attaque de Rome, en 846, par des musulmans, qui, après avoir débarqué à Ostie, ont tout pillé sur leur passage, puis profané l’église Saint-Pierre.

Comment expliquer qu’en 878, le Pape Jean VIII dut promettre à des jihadistes musulmans de leur verser un tribut annuel pour éviter la dévastation de Rome ?

Dans une Arabie complètement musulmane, pourquoi des Wahhabites se sont-ils mis au début du XVIIIe siècle à massacrer leurs coreligionnaires de la péninsule en prônant un retour aux sources de la Tradition musulmane qui sont le Coran et la Sunna des premiers siècles ?

 

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Pour Allah, jusqu’à la mort

Paul Landau

Editions du Rocher, 2008.

Le 9 novembre 2005, une jeune femme belge, Muriel Degauque, se faisait exploser en Irak, devenant la première femme kamikaze européenne. Au même moment, s’ouvrait devant la cour d’assises de Douai le procès de Lionel Dumont, lui aussi converti à l’islam radical et membre du « gang de Roubaix » qui défraya la chronique dans les années 1990. En décembre 2001, trois mois seulement après les attentats du 11 septembre, l’Amérique tout entière découvrait avec stupeur sur les écrans de télévision le visage hagard et ensanglanté du « taliban américain », John Walker Lindh, capturé à Mazar-i-Sharif.

Qui sont ces « soldats perdus » du djihad ? Comment un jeune Français, issu d’une famille catholique ouvrière, ou un adolescent américain élevé en Californie peuvent devenir du jour au lendemain des musulmans aux idées radicales, en coupant tous les liens avec leur famille et leur milieu d’origine, et en sacrifiant leur liberté, voire leur vie, pour une cause dont ils ignoraient tout quelques années auparavant ? Quelles sont leurs motivations, avouées ou secrètes ? Pourquoi les services de renseignements européens sont-ils inquiets de l’expansion de ce phénomène et comment tentent-ils de le combattre ?

En juin 2009, Paul Landau a donné une conférence sur le thème « L’islamisation de l’Europe : conversions, subversion et soumission », où il expose les réflexions et enquêtes contenues dans ce livre.

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The Syro-Aramaic Reading of the Koran: A Contribution to the Decoding of the Language of the Koran

Christoph Luxenberg

Editions Schiler Hans Verlag

Tout au long de son histoire, le Coran a présenté des problèmes d’interprétation. En général les spécialistes  qu’ils soient occidentaux ou dont la langue maternelle est l’arabe, estiment qu’au moins un quart du texte est obscur et luttent avec le vocabulaire archaïque qui n’est plus utilisé dans l’arabe moderne.

Dans cette étude approfondie de la langue du Coran, l’érudit Christoph Luxenberg dissipe une grande partie du mystère qui entoure de nombreux passages jusque-là difficiles. La clé, comme Luxenberg l’indique de manière exhaustive, est de comprendre que l’araméen était la langue de la plupart des Juifs du Moyen-Orient et des chrétiens de l’ère pré-islamique, donc à l’époque de l’élaboration du Coran, et a eu une influence profonde sur le développement du texte arabe de ce livre.  Pour un millier d’années qui ont précédé l’avènement de l’Islam, l’araméen (ou syriaque comme on l’appelait parfois) était la lingua franca de nombreuses parties du Proche-Orient.  Il était la langue maternelle des premiers évangélistes chrétiens et la principale langue liturgique des églises chrétiennes de Syrie à l’Iran.

  • Cette vidéo d’une interview de Christoph Luxenberg présente les travaux contenues dans le livre (en anglais)
  • Voir aussi http://www.ilya.it/chrono/pages/corancristfr.htm à propos des travaux de Lülling sur le Coran (1970-1980), qui ont précédé ceux de Luxenberg.

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Allah a-t-il sa place dans l’entreprise

Bouzar Dounia et Lylia

Editions Albin Michel

 Un salarié peut-il revendiquer de disposer d’un local de prières sur son lieu de travail, refuser de serrer la main à des collègues féminines ou à des clientes, imposer au service ses congés pour le ramadan ? Inversement, le DRH peut-il interdire le port du foulard à une chef de service, ou celui de la barbe à un commercial ?

Ces questions et cent autres du même genre auraient une réponse assez claire dans le secteur public, mais… qu’en est-il dans les entreprises privées, qui ne sont pas soumises au principe de neutralité ?

Paradoxalement, alors que la question de la visibilité des pratiques religieuses revient régulièrement dans les médias, le plus grand flou règne dans le monde du travail. L’enquête passionnante de Dounia et Lylia Bouzar, anthropologues du fait religieux, montre que l’on oscille en général entre un dangereux laxisme (par crainte de paraître raciste ou islamophobe) et des pratiques discriminatoires.

Or, il existe des règles de droit précises en la matière, et des balises élaborées par la Halde. Mais très peu de salariés, et même de syndicalistes ou de DRH les connaissent vraiment. Elles sont ici décrites très clairement, et expliquées par des exemples concrets. Se fondant sur les réalités du terrain, ce livre est donc aussi un guide proposant une grille de critères objectifs, outil indispensable pour gérer sereinement ces situations.

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La République ou la burqa

Bouzar Dounia et Lylia

Editions Albin Michel

Extrait de la présentation :

Le phénomène marginal de la « burqa » n’est que la partie émergée d’un iceberg autrement plus massif. Cette question est celle d’un certain islam manipulé qui tente par les moyens les plus divers de déborder les services publics dans tous les domaines de la vie quotidienne.

Dounia Bouzar, née en 1964, a des origines algérienne, marocaine, italienne et corse. Musulmane, elle a un regard très critique tout en militant pour un « islam culturel ». Ses réflexions de bon sens méritent l’attention :

“L’amalgame entre musulmans et intégristes… ça donne du pouvoir aux prédicateurs qui imposent le voile intégral, car cela valide le fait que ce sont des musulmans. Et puis, on ne voit que la partie féminine du problème! Or, c’est un souci masculin. Et les hommes favorables au voile intégral sont bien plus nombreux que les femmes pointées du doigt. — (question du journal :) Mais les responsables musulmans ne le dénoncent pas… — Parce qu’ils sont pris à leur propre piège. Dénoncer le voile intégral revient à critiquer l’islam. Et ils ne veulent pas être dans cette critique”

(extrait de 20 minutes).

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Le puzzle de l’intégration. Les pièces qui vous manquent

Malika Sorel

Mille et une nuits, 2007.


Malika Sorel met en garde contre les politiques de discrimination positive qui menacent sérieusement notre cohésion nationale. Sans concession pour les uns ni pour les autres, elle expose les logiques communautaristes, à rebours des principes républicains, qui ne cessent d’exacerber les malaises identitaires.

Elle aborde aussi une question taboue, mais qu’elle estime être cruciale : le droit du sol constitue-t-il un atout pour les enfants de l’immigration ou, au contraire, une entrave dans leur parcours d’intégration ?

Malika Sorel dans un débat (ARTE), L’islam et les femmes : pourquoi tant de haine ? :

1/3 http://www.youtube.com/watch?v=rK5jL3O_yrM

2/3 http://www.youtube.com/watch?v=Yqq8-6Ri-UI

3/3 http://www.youtube.com/watch?v=DOnji5xvhhA

  • Un extrait de son interview dans Le spectacle du monde, octobre 2010, n° 571 :

“La Halde… joue un rôle d’exaspération et de crispation entre les groupes. Elle passe Ie plus clair de son temps a exacerber les tensions en disant que les gens issus de l’immigration sont victimes de notre société, alors que c’est l’ignorance des codes sociaux et culturels qui empêche les jeunes d’être recrutés. Cela avait été parfaitement mis en évidence par l’analyse d’entretiens d’embauche auxquels la sociologue Jacqueline Costa-Lascoux avait assisté. Le fait qu’on accepte d’eux ce qu’on n’accepterait jamais des autres ne fait que les enfermer dans leurs propres codes culturels. J’ajoute que je prends comme une bonne nouvelle la mise sous tutelle de la Halde. Mais il faut, à terme, qu’elle disparaisse. Le système judiciaire français est là pour traiter des vraies affaires de discrimination. On n’a nul besoin d’une institution qui participe, vraisemblablement sans le vouloir, à dresser les gens les uns contre les autres.”

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L’Europe et le spectre du califat

Bat Ye’or

Editions Les Provinciales

Ce livre expose l’action politique en Occident de l’OCI – Organisation de la Conférence Islamique – la plus grosse organisation internationale après l’ONU, forte de cinquante-six États gouvernant un milliard trois cent millions de personnes et qui se comporte de fait comme un califat moderne associatif.

L’OCI a réussi à établir par delà les frontières et à l’aide de réseaux européens une véritable gouvernance sur les minorités musulmanes immigrées en Europe. Son action sur les politiques communautaires a contourné les procédures démocratiques. En imposant que ces minorités gardent leur lien avec leur religion, leur culture, leur langue et leur État d’origine, elle provoque l’échec des modèles occidentaux d’intégration et conduit l’Europe à un « multiculturalisme » aventureux.

Bat Ye’or révèle le projet révolutionnaire d’installer le siège permanent de l’OCI à Jérusalem et comment l’Europe est instrumentalisée dans cette opération décisive pour l’avenir du Proche Orient et ce qu’il y reste de christianisme.

« Au cours de la rédaction de cet essai, je me remémorais la question qui m’avait hantée voici vingt ans. Comment des peuples chrétiens, dotés d’États, de fortes armées et des plus riches cultures de leur temps, se désintégrèrent-t-ils dans leurs confrontations avec l’islam du VIIe au XVe siècle ? Maintenant je ne me pose plus ces questions. Ces processus de décomposition que j’étudiais dans de vieilles chroniques, je les ai vus se dérouler dans l’Europe actuelle… »

Extrait de son interview par Véronique Chemla :

  • Question : Pourquoi les musulmans modérés (Ayaan Hirsi Ali, Wafa Sultan) ou les Arabes modérés (Nonie Darwish) -, qui alertent l’Occident, sont-ils si peu écoutés, notamment par les médias ?
  • « Des médias craignent des représailles terroristes. Ne présentant aucun danger, les musulmans modérés sont négligés par une Europe qui courtise ses ennemis et leur achète un répit provisoire par le paiement de milliards d’euros et la diffusion de leur propagande (– suite ici) ».

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Plaidoyer pour la libération de l’homme musulman

Necla Kelek

Traduit de l’allemand, éd. Jacqueline Chambon, 2007

Quatrième de couverture :

“Pourquoi en Allemagne tant de garçons turco-musulmans sont-ils en situation d’échec scolaire ? Pourquoi y a-t-il trois fois plus de délinquants parmi eux que parmi les Allemands ? Pour Necla Kelek, les causes de cet échec sont moins imputables à la discrimination sociale et aux carences éducatives, qu’à la façon dont le jeune musulman est élevé par le père. Les coups qu’il reçoit lui inculquent le «respect» qu’on doit à plus fort que soi. La «honte», c’est la faiblesse de ne pas pouvoir se venger. Cette violence qui régit les rapports sociaux s’appuie sur une vision archaïque du monde tirée du Coran et réaffirmée de génération en génération.”

Originaire de Turquie et vivant en Allemagne, Necla Kelek, est déjà connue par  » La Fiancée importée. Un rapport de l’intérieur sur la vie turque  en Allemagne  » (Die fremde Braut. Ein Bericht aus dem Inneren des türkischen Lebens in Deutschland, 2005).