Églises apostoliques depuis les origines (tableau)

Tableau historique des Églises apostoliques depuis les origines
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Ce tableau illustre d’une manière nouvelle « l’histoire de l’Église » (ou « des Églises apostoliques »).

Dans les milieux d’enseignement de la pensée unique, la présentation qui est faite de cette histoire se ramène habituellement à une suite de « divisions » (à l’occasion ou non de Conciles). Il s’agit d’une manière tronquée et incohérente de présenter les choses.

  • ¤ Tronquée parce que, dès les origines, l’Église était diverse et multiculturelle en même temps qu’universelle (c’est-à-dire catholique au sens étymologique du terme) – tout en étant facilement une à cause du solide tronc commun hébréo-araméen –;
  • ¤ et  incohérente parce que, au XVIIIe siècle déjà, les promoteurs de cette présentation en divisions successives ont posé un préalable : il fallait logiquement, avant les divisions, que l’origine soit un groupe uniforme très fermé (parce qu’ils ne concevaient l’unité que de manière imposée et militaire, ne sachant pas ce que sont la communion et la tradition). Or, à l’inverse, ils prétendaient en même temps que le christianisme primitif aurait été un marécage d’opinions diverses, et qu’au milieu de ce marécage, Paul aurait inventé la Trinité : il en serait sorti un groupe qui aurait vivoté jusqu’à ce que l’Empereur Constantin en ait fait une religion d’État au début du IVe siècle (ce qu’il n’a pas fait, mais on n’est pas à un détail près dans ces divagations). Tout cela est incohérent et contradictoire.

Bien entendu, cette théorie « religieusement correcte » suppose que les chrétiens d’Orient n’existaient pas avant le IVe siècle, ce qui oblige à passer sous silence les masses de données qui prouvent le contraire et montrent l’apostolicité de leurs Églises d’Orient.
Sont également passés sous silence les documents (écrits ou archéologiques) qui montrent qu’en Occident même (c’est-à-dire dans l’Empire romain), les croyances reflétées dans les évangiles (qui ne sont pas du tout des constructions tardives) sont celles des nombreux chrétiens de la première génération.

L’État Islamique (dit Daech selon la volonté politico-médiatique) a assassiné des milliers de chrétiens – après tant d’autres génocides qu’ont subis les chrétiens d’Orient dans le passé. Et l’Occident, moralement, ajoute les clous au cercueil en niant le passé apostolique de ceux-ci – qui est pourtant grandiose, car jusqu’aux immenses massacres de Tamerlan, il y avait beaucoup plus de chrétiens en Asie qu’en Europe, et à elle seule, la Grande Église de l’Orient comptait 200 Évêchés très vastes, jusqu’en Chine et au Tibet. Déjà en 2003, le Prof. Dr. Piotr O. Scholz déplorait la volonté systématique de faire disparaître les études du christianisme oriental („Untergang einer unbeliebt gewordenen Kunde vom christlichen Orient« )

De gros enjeux sont à l’œuvre en ce monde en rapport avec le christianisme. Le tableau présenté ici permet de ne pas se faire prendre par le « religieusement correct » – face religieuse du « politiquement correct » imposé partout insidieusement ou par la violence (et la complicité intéressée ou peureuse de beaucoup).


http://catholicsay.com/horror-as-isis-kills-250-christian-children-by-kneading-them-to-death-in-bread-machine/#.WJJ0I8rf2QI.twitter

NOTE :
Par « apostolique« , il faut entendre : « provenant des apôtres ou d’un ou de plusieurs d’entre eux« . Tel est le sens de l’expression « Église(s) apostolique(s)« .
C’est justement cette qualification que ne possèdent pas les Églises protestantes (ou même anglicane) – d’où le fait qu’elles n’apparaissent pas dans le tableau –; car leurs fondateurs ont malheureusement rompu la transmission de la bénédiction (ou ordination) provenant de tel ou tel apôtre.
On n’est donc pas étonné que ceux qui, dans ces Églises-là, se disent historiens voient l’histoire globale de l’Église comme une suite de divisions (dont elles sont précisément issues) et fassent tout pour occulter l’existence et l’importance des Églises d’Orient.
Ceci vaut également pour un auteur comme Simon-Claude Mimouni, ancien directeur des Études juives, qu’il faut citer puisqu’il sert de norme de pensée à certains enseignants chrétiens, et pour qui l’idée du « marécage » originel de la foi est sans doute vitale : selon lui, les « chrétiens d’origine juive qui ont reconnu la messianité de Jésus » se seraient partagés entre ceux « qui ont reconnu ou qui n’ont pas reconnu la divinité du Christ » (Le judéo-christianisme ancien. Essais historiques, Paris, Cerf, 1998, p.15). Comme s’il s’agissait d’un détail. En fait, il s’agit surtout d’une énorme confusion, faisant fi de la prédication des apôtres, notamment en Mésopotamie et dans les villes d’Asie où les juifs (nombreux) ont suivi massivement l’Annonce faite par ceux-ci : on veut suggérer que la croyance en la messianité de Jésus n’a pas amené d’abord à croire que celui-ci est vraiment « de Dieu » (« Mon Seigneur et mon Dieu« , lui dit l’apôtre Thomas après avoir réfléchi durant 6 jours, cf. Jn 20,28), comme si la négation de la dimension divine de Jésus pouvait être autre que postérieure à l’affirmation de celle-ci ! En 2000, Frédéric Manns avait publié déjà un livre pour répondre à ces élucubrations politiquement correctes (Le judéo-christianisme, mémoire ou prophétie ?, Paris, Beauchesne – voir en particulier p.6). Elles sont absurdes et contredites par les études sérieuses des textes et manuscrits connus qui nous montrent que cette négation apparaît après le temps des apôtres comme doctrine de groupes constitués.

Edouard-Marie Gallez

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–  ce tableau est paru in bulletin de janvier 2017 sous sa première forme –

2 thoughts on “Églises apostoliques depuis les origines (tableau)

  • 27 mars 2017 at 14 h 21 min
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    Avant tout,je voudrais vous dire le séisme mental qu’a provoqué chez moi la lecture de votre thèse!Et vous remercier(cela venant d’un incroyant).
    2 questions:
    *vous ne mettez pas fils de Zébéddée sous Jean?
    *Vous indiquez Jacques fils d’Alphée comme un des fondateurs de l’Eglise de Jérusalem.Jacques frère de Jésus n’apparaît pas.

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    • 28 mars 2017 at 18 h 25 min
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      Correction faite : par distraction, on avait effectivement oublié d’indiquer « fils de Zébédée » sous Jean.
      Pour ce qui est de Jacques « fils d’Alphée », évêque de Jérusalem (et non pas fondateur de la communauté – c’est la Vierge Marie qui l’a fondée), il s’agit bien d’un des cousins de Jésus. C’est Eusèbe qui s’est ingénié à brouiller les cartes (surtout à propos de Jean, pour dévaloriser l’Apocalypse).

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