Africain noir, esclavage en Islam et Coran

Noirs et musulmans ?

De nombreux Noirs musulmans quittent l’islam parce qu’ils s’y sentent méprisés en tant que Noirs. Même dans un pays parmi les moins arriérés, comme le Maroc, la société est divisée par la couleur et la « race », reconnaît le professeur Chouki El Hamel, auteur de : « Le Maroc noir, une histoire de l’esclavage, de la race et de l’islam (Éditions La Croisée de Chemins – voir vidéo ici) ». Il note qu’au Maroc la légitimité politique et la liberté ont été liées à la « blancheur », notamment sous le règne du sultan Ahmad Al-Mansour (1578-1603) ; et que les Haratine, ces Noirs convertis à l’islam pour échapper à l’esclavage, y ont pourtant été maintenus, en particulier sous le règne du sultan Moulay Ismaïl au XVIIe siècle. Ainsi s’est perpétué pour les Noirs, quels qu’ils soient, le statut d’esclave. D’ailleurs, l’esclavage n’est toujours pas aboli au Maroc, par aucun décret de l’autorité royale … Si donc l’esclavage a disparu au Maroc, c’est grâce à la colonisation française. Mais le mépris racial y persiste à l’égard des Haratine et des Noirs en général. Certains Noirs ont certes occupé des postes à responsabilité, mais la majorité d’entre eux se bat toujours contre le racisme. Des villages entiers de Noirs sont marginalisés, privés des services sociaux et administratifs de base. Les mariages mixtes entre Arabes ou Amazighs et Noirs sont toujours honteux dans le sud du Maroc. Bref, comment l’islam a-t-il justifié le racisme envers les Noirs ? C’est ce que je vous propose de découvrir maintenant.

Justification idéologique par l’islam

Nous n’entendons pas parler de l’esclavage en tant que tel, dont Allah interdit l’abolition (Coran 16.71), mais de la justification par l’islam de son racisme contre les Noirs. Justification dont a eu besoin l’empire abbasside naissant pour motiver leur mise en esclavage. Elle a été forgée par le l’érudit musulman Tabari (839-923), qui, à la suite de Ibn Hisham, auteur de la première biographie de Mahomet deux siècles après son existence supposée, raconte que Cham, l’un des trois fils de Noé, maudit par son père, a été condamné à être non pas seulement l’esclave de ses frères (Gn 9.18-27), mais aussi à changer de couleur de peau, à devenir noir, lui et sa descendance (Histoire des prophètes et des rois). Et parce que l’islam veut ravir au christianisme sa légitimité divine, il prétend se référer à la même histoire, à la même révélation, consignée dans la Bible. Or, la vérité est que cette malédiction que serait la couleur noire de la peau, n’est pas dans la Bible … Ce qui montre, s’il en était encore besoin, que le blasphème de la Parole de Dieu est au fondement de l’islam. Pour s’en convaincre, il suffit de lire l’histoire de Cham en Gn 9.18-27, livre commun aux Juifs et aux chrétiens, car la Parole de Dieu ne passe pas …

Certes, Tabari s’est sans doute inspiré d’écrits rabbiniques (tels que le Targum Yonatan, le Pirke de Rabbi Eliézer, le traité Taanit du Talmud de Palestine, ou le traité Sanhédrin du Talmud de Babylone), qui font déjà de la couleur de peau noire une des malédictions de Cham, mais ces ouvrages ne lient pas clairement couleur de peau noire et esclavage, comme le fait Tabari. L’association Noir et homme servile n’a disparue en aucun pays arabe. Depuis 1983, le pouvoir islamiste de Khartoum a reconnu l’enlèvement de 14 000 « païens », noirs, chiffre que les familles élèvent à 200 000 ! L’ONG Solidarité chrétienne internationale a depuis 1995 racheté et libéré 78 000 « esclaves » au Soudan … L’imam Doudi, a été expulsé de France vers l’Algérie en 2018 pour avoir notamment prêché à la mosquée As-Sounna de Marseille que les Noirs sont des chiens. En pays musulman, l’expression arabe « abd » qui veut dire « esclave » y désigne toujours le Noir. Si le musulman arabe se considère « esclave d’Allah », il considère le Noir esclave du musulman, esclave par nature, comme l’enseigne l’historien arabe Ibn Khaldoun (1332-1406) : « La plupart des nègres s’habituent facilement à la servitude ; cette disposition résulte d’une infériorité qui les rapproche des animaux. (Les Prolégomènes, IV) »

Les défenseurs de l’islam ne vont pas manquer d’évoquer ici l’histoire du premier muezzin, Bilal ben Rabah, qui était Noir, et qui aurait été affranchi par Mahomet. Mais ils ne diront pas que Bilal ne fut affranchi qu’à condition de servir Mahomet … c’est-à-dire d’intégrer sa bande de brigands, pour se livrer à toutes sortes de crimes sous le couvert du nom d’Allah, appelés djihad. Mais, est-ce vraiment une libération que de cesser d’être esclave pour le devenir de Mahomet … qui était lui-même un esclavagiste (Coran 8.70 ; 33.52) ?! Et sans doute le pire esclavagiste qui soit, puisqu’il a réussi à faire croire que lui être soumis, à lui ou à ses épigones (Coran 5.55), c’était être soumis à Allah (Coran 3.132 ; 4.64,65,80,105 ; 33.36 ; 49.1-3 ; 72.23) ! Où l’on voit que dans le Coran le pourfendeur de l’associationnisme était lui-même associateur (Coran 4.14,59,61,64,65, 69,80,105 ; 5.33,60 ; 8.1,12-14,24 ; 9.29,63 ; 24.48-57 ; 33.36,57 ; 47.32-34 ; 49.1-3,14,15 ; 59.7 ; 72.23…). Mais surtout Allah est raciste. Ben oui, comment mieux justifier le racisme ? Ainsi Allah dit : « Au jour de la résurrection il y aura des visages blancs et des visages noirs. Allah dira à ces derniers : […] Allez goûter le châtiment pour prix de votre incrédulité, tandis que ceux dont les visages seront blancs recevront la miséricorde d’Allah. (Coran 3.106-107) » Comment être noir et musulman ?

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Hulton Archive/Getty Images

Histoire

Il faut bien noter qu’à la différence des missions chrétiennes, les premières conquêtes musulmanes n’avaient pas pour but de convertir les populations, mais de faire du butin (Coran 4.74,100-101 ; 8.1,41 ; 48.15,19-21 ; 59.6-7). Le Coran a même une sourate ainsi nommée : « Le butin » ! Pour répondre à ses besoins de main-d’œuvre, Allah lançait le djihad, et une fois les peuples soumis, il laissait en place les potentats à condition qu’ils lui livrent chaque année un lourd tribut d’esclaves. C’est ainsi que le général arabe Abdallah ben Sayd, en 652, imposa aux chrétiens de Nubie la livraison de 360 esclaves par an. Lorsqu’à partir du IXe siècle, les conquêtes commencèrent à s’essouffler, ce trafic a cependant continué à fonctionner et à prospérer, au point que les spécialistes, comme l’anthropologue franco-sénégalais Tidiane N’Diaye, évaluent entre douze et dix-huit millions le nombre d’Africains victimes de la traite musulmane. Leur sort était dramatique : Après l’éprouvant voyage à travers le désert, les hommes et les garçons étaient systématiquement castrés, au prix d’une mortalité effrayante, compensée par leur grand nombre, ce qui était propre à l’esclavage musulman. Les marchés aux esclaves d’Orient brassaient beaucoup d’argent, et les sources musulmanes et chrétiennes insistent sur l’importance du rôle des Juifs dans ce commerce.
Bien sûr, il n’y a pas que les Noirs à avoir été réduits en esclavage par les musulmans, qui s’estiment d’une essence supérieure aux autres hommes (Coran 3.139 ; 4.89 ; 16.71). Les Européens l’ont eux-aussi très tôt été, et ce jusqu’à ce qu’en 1830 les Français se décident, enfin ! à coloniser l’Afrique du Nord. Mais cela, la loi Taubira de 2001 et « la journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leur abolition » décidée en 2005 par Jacques Chirac, n’en parlent pas, ne reconnaissant pour crimes contre l’humanité que la seule traite négrière occidentale, les « blancs » pour seuls coupables. Car, pour Christiane Taubira, ne pas évoquer la traite négrière musulmane permet aux « jeunes Arabes de ne pas porter sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes ». Ce propos non seulement amalgame Arabe et musulman, mais témoigne du mépris condescendant en lequel les jeunes musulmans sont jugés incapables d’assumer leur histoire, incapables de se confronter à la vérité, et témoigne encore du degré de soumission de nos institutions à l’islam, qui s’impose toujours par la dissimulation de la vérité, et la terreur (Coran 2.196 ; 3.152,165,175 ; 5.33 ; 8.12,13,60 ; 16.106 ; 18.29 ; 23.52 ; 33.26 ; 59.2,13).

Qui se demandera d’où est venue l’idée d’abolir l’esclavage dans le monde reconnaîtra qu’elle est venue de l’Occident, et cela parce que l’Occident a été évangélisé. Ce sont les prétendues Lumières, avec ses philosophes, comme Voltaire, qui l’y ont ressuscité, préférant retourner au paganisme de l’Antiquité, appelé Renaissance, plutôt que de continuer à servir Jésus-Christ. Si la traite qu’ils ont organisée a commencé à la fin du 15e siècle au Portugal et a été officiellement abolie trois siècles plus tard au congrès de Vienne de 1815, la traite négrière musulmane a duré aussi longtemps que l’islam, jusqu’à ce que sous la pression occidentale la vente publique d’esclaves soit interdite en Arabie saoudite en 1962, à Oman en 1970, en 1981 en Mauritanie. Mais que la vente publique d’esclaves soit interdite, ne dit rien de leur vente privée… Aussi, Malek Chebel ayant visité dix-huit pays musulmans, en a-t-il tiré un livre au titre évocateur : L’esclavage en terre d’Islam  (Hachette littératures, collection Pluriel, Paris, 2009). Un tabou bien gardé ! La fatwa édictée en 2003 par le très influent Saoudien Saleh al-Fawzan est sans ambiguïté : « L’esclavage fait partie de l’islam, comme du djihad. Or le djihad durera aussi longtemps que l’islam. » De fait, au musulman meurtrier involontaire d’un autre musulman, à défaut du prix du sang versé à la famille de la victime, Allah commande « d’affranchir un esclave croyant (4.92) », comment cela serait-il possible sans esclave ? Ou alors le Coran n’est pas la Parole de Dieu valable jusqu’à la fin du monde. Et puisqu’il doit y avoir des esclaves musulmans, comment dire que la conversion à l’islam délivre de l’esclavage ?

Notons encore que certains Noirs prétendent que Jésus aurait été Lui-même noir, ainsi que tous les vrais juifs … Il n’est certes pas difficile de deviner en ce propos un sentiment d’infériorité cherchant compensation, mais combien est-il triste de voir le message de Jésus être toujours si ignoré, et dévoyé au profit de revendications raciales ou identitaires, Lui qui au prix de Sa mort et de Sa résurrection, nous a, tous, Noirs et Blancs, réconciliés avec Dieu. « Vous êtes tous fils de Dieu par la foi dans le Christ Jésus. (…) Il n’y a plus ni Juif ni Grec, ni Blanc ni Noir, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, car vous n’êtes tous qu’un en Jésus-Christ. Vous êtes ainsi la vraie descendance d’Abraham, qui s’étend à l’ensemble de l’humanité, héritiers de la Terre promise, participant de la nature divine ! (Ga 3.26-29 ; 2 P 1.4) »

Source : https://www.islam-et-verite.com/noirs-et-musulmans/.

Voir aussi https://www.portailsudmaroc.com/actualite/14343/le-tabou-de-la-traite-arabo-musulmane-des-africains-14-sicles-desclava.

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One thought on “Africain noir, esclavage en Islam et Coran

  • 12 mars 2022 at 10 h 08 min
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    Le christianisme est la seule religion qui condamne et dès le départ l’esclavage car le Christ a dit : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes. » Matthieu 7,12.

    Ainsi, donc si l’esclave doit se mettre à la place de son maître et l’aimer et donc agir comme il aimerait qu’on lui obéisse s’il était maître, alors de même le maître doit agir comme s’il était esclave et donc demander à son esclave s’il veut être affranchi et l’affranchir s’il le demande. C’est le commandement d’empathie. De toute façon Jésus recommande de vendre ses biens pour donner aux pauvres… A fortiori pour les esclaves….

    Simplement, saint Paul puis trop de théologiens après lui n’en ont pas tiré les conséquences théoriques et pratiques. Ils ne voulaient être les causes d’une révolution sociale et avaient raison de ce point de vue mais ils auraient dû incliner clairement à l’affranchissement sinon à la fin de cette pratique dont les théologiens ont cependant bien vu qu’elle découlait du péché originel. Saint Thomas d’Aquin, parfois faillible du fait de l’influence de la pensée païenne, est en régression par rapport à saint Paul et saint Augustin car il naturalise de fit cette pratique qui n’est pas naturelle…

    Saint Grégoire de Nysse et Jean Duns Scot ont bien senti et parlé du sujet avant le seizième siècle.

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