Petite précision sur l’usage des termes de Pshytta, Peshitta, Peshitto.

Pierre Perrier ayant noté une ambiguïté lors d’un échange sur le site EEChO, nous donne son éclairage sur la question. Voyez la discussion dans son contexte en cliquant.

Pshytta (forme phonétique pour occidentaux) est le nom à réserver au texte oral araméen tel qu’il fut composé et transmis en colliers à Jérusalem (et Antioche ou Rome ou Ephèse ou dans les missions de l’un ou l’autre des apôtres).

Sa forme écrite de référence était notée en caractères hébraïques de Jérusalem (modèle à Qumran), sa forme orale dialectale (judéenne avec des hébraïsmes ou galiléenne proche du moyen araméen d’empire) dépendait de son locuteur et des auditeurs de celui-ci, soit sur feuilles séparées, soit en rouleau de parchemin ou papyrus de lectionnaire liturgique. Sa collection est le fait de l’Eglise-Mère de Jérusalem sous le contrôle de Marie puis Jacques le mineur.

Peshitta est le nom savant (avec le e minuscule inversé) pour le texte original bien conservé ensuite  en araméen d’empire ou des nations (lingua franca de l’empire parthe) dont la vocalisation a été notée vers le 4e siècle. Il s’agit d’un araméen d’empire donc non dialectal puisque langue officielle et conservé dans des inscriptions et restes d’écrits dans l’empire parthe. Sa forme voyellisée est en a ou â et le texte de référence correspondant était conservé à Ninive sous forme de quatre lectionnaires plus un (Actes) copiés et dé-dialectalisés sur le texte de référence de Jacques le mineur à Jérusalem.

Peshitto est le nom dialectal du texte en usage à l’école d’Edesse pour la formation des moines et donc rétabli par l’évêque Raboula pour l’ensemble des églises de la province romaine de Syrie quand il obtint de rétablir le texte ancien comme texte liturgique dans les paroisses ne parlant pas grec lesquelles devaient entendre d’abord l’évangile en grec avant sa traduction en dialecte local qui n’était pas l’araméen d’empire dans le cadre de la politique romano-byzantine d’hellénisation de tous les actes civils et religieux de l’empire oriental. On dispose de plusieurs de ces traductions du grec en dialectes variables qui força Raboula dans son accord avec l’impératrice de Byzance à conserver quelques trente variantes typiquement propres au texte byzantin de référence fixé par Eusèbe de Césarée pour ne pas trop s’éloigner des variantes dialectales désormais non canoniques. Il resta cependant la prononciation en o venant surtout de l’influence du grec hellénistique des Séleucides.

Enfin, la découverte du manuscrit Khabouris (Peshitta) est essentielle puisqu’elle rétablit sans discussion l’antériorité sur le grec de ce texte en araméen du 2e siècle qui comporte des signes plus précis d’oralité élémentaire, complémentaires du texte repéré en colliers du codex de Raboula (Peshitto).

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