Nouvelle alliance selon St Marc: traduction de l'araméen

La récitation orale de la Nouvelle Alliance, selon Saint Marc             
traduction du P. Frédéric Guigain, éd. Cariscript.

_____La documentation antique semble attester que, dans les tout premiers siècles, l’Evangile de saint Marc n’était pas utilisé lors des eucharisties dominicales, pour une lecture séquenciée de la Parole. En revanche, il est bien connu que, dans certaines Eglises, il était solennellement proclamé in extenso aux néophytes durant la vigile pascale.

_____De tels usages liturgiques ne sont pas dus au caractère de résumé de la Bonne Nouvelle, que l’on pourrait attacher après coup à son Evangile en comparaison avec les autres, mais témoignent plutôt de son statut spécifique hérité de l’âge apostolique, lorsque la lecture ecclésiale de la Parole avait sa norme dans la récitation orale de Celle-ci. Les néophytes étaient tenus de connaître par cœur l’Evangile du Seigneur, défini comme un parcours initiatique ordonné, pour intégrer sur son fondement l’ensemble du patrimoine didactique des Apôtres, connu autant par les écrits que par la tradition orale. La Tradition apostolique identifie justement saint Marc au secrétaire de saint Pierre, c’est-à-dire à celui à qui il revint de mettre par écrit – semble-t-il pour l’auditoire romain – la récitation orale du saint Evangile par le prince des Apôtres. Ce qui confère à l’Evangile de saint Marc le privilège de nous transmettre ce qui devait constituer la récitation typique des Douze de la Bonne Nouvelle et le vade-mecum catéchétique de la mission, en marge et au fondement de la liturgie des sabbats.

_____Or, il est tout à fait possible de reconstituer cette récitation orale, grâce à la stabilité, d’une part, des procédés anthropologiques mis en œuvre et, d’autre part, de la pratique constante de l’Eglise d’Orient qui, au-delà des adaptations dialectales, a noté consciencieusement ses principales inflexions vocales et quelques-uns de ses repères mnémotechniques.

_____Tel est le défi relevé par cette traduction française originale du texte araméo-chaldéen de l’Evangile de saint Marc, selon l’unique version dite « stricte » (Peshitta) des Eglises d’Orient.

Le P. Fr. Guigain a déjà publié la traduction de l’évangile de St Matthieu d’après le texte araméen.