Le malentendu islamo-chrétien : pourquoi ?

page-I couverture sept2012Le malentendu islamo-chrétien

de Edouard-Marie Gallez post-face de Mgr J.-P. Cattenoz,
Archevêque d’Avignon qui a passé 14 années en Afrique du nord et sahélienne
Ed. Salvator, 2012 (21 €, 224 pages)
Présentation en 1 page.

 Idem (présentation en 5mn) à télécharger au format zip
texte de cette présentation audio

Présentation de l’éditeur :_Se comprend-t-on mal entre chrétiens et musulmans ? Ou est-ce l’Islam lui-même qui est mal compris ? Voire le christianisme ?
___Trop longtemps coupés des chrétiens d’Orient, ceux d’Occident ne découvrent qu’aujourd’hui l’enracinement de l’Islam dans une dérive première de la foi chrétienne, remontant à la fin du 1er siècle : celle des nazaréens. Les recherches récentes, notamment par Antoine Moussali († 2003) dont l’auteur de ce livre fut un collaborateur, rejoignent les conclusions des traditions chrétiennes orientales. Ainsi, des progrès décisifs ont été accomplis dans la compréhension du texte coranique et des manipulations qu’il a subies.
___Quant à la tradition latine, ses a priori et ses blocages par rapport à l’islam sont ici abordés de front.
___Sur de telles bases, des perspectives nouvelles s’ouvrent pour un dialogue entre chrétiens et musulmans épris de vérité et de paix.

Compléments :
_____Tout en présentant les résultats de la recherche islamologique ainsi que son histoire, cette étude de 200 pages éclaire les causes de la mécompréhension de l’islam dans l’Eglise latine.
Ces causes sont liées tout autant au manque de liens avec les chrétientés orientales, surtout pré-chalcédonniennes (Chaldéens, Coptes, etc.), qu’à la manière dont la Révélation a été traitée : si elle est le tournant de l’histoire en même temps que son avenir, peut-elle être séparée de celle-ci et être analysée conceptuellement comme un objet d’étude ? C’est cette voie qui a prévalu peu à peu dans la pensée occidentale.

_____Dans un tel cadre, l’Islam est devenu incompréhensible : il n’a rien à voir en effet ni avec un jeu de divergences conceptuelles sur Jésus ou sur le salut, ni avec un mystérieux projet de Dieu. En fait, l’idée de chercher un substrat commun, non seulement entre le christianisme et l’islam mais aussi avec d’autres phénomènes religieux, fourvoie : qu’y a-t-il de commun entre par exemple l’islam et une religion préchrétienne telle que l’hindouisme ancien ? Le concept même de « religions » (au pluriel), ne trompe-t-il pas, non seulement en présupposant des substrats communs mais surtout en masquant la nouveauté historique de la Révélation et de ses conséquences ? Et parmi celles-ci, n’y a-t-il pas eu des dérivations de la Révélation, qui se sont retournées contre elle et ont abouti aux divers post-christianismes opposés à la foi chrétienne ? Historiquement l’islam que l’on connaît aujourd’hui et qui s’est élaboré au cours de la seconde partie du 7e siècle, ne s’enracinait-il pas dans un courant antérieur post-chrétien, celui des « Nazaréens »? Sur de telles occultations, les « dialogues islamo-chrétiens », élaborés dans le dos des chrétiens d’Orient, ne pouvaient qu’aboutir à des impasses, si ce n’est à pire.

_____La théologie de l’histoire et de la Rencontre permet de repenser le mystère de la Révélation au cœur du devenir personnel et collectif ; la réalité du Salut doit se comprendre dans une perspective incluant à la fois l’au-delà et le Jugement lié à la Venue du Christ. De cette manière et sur de tels fondements peut se nouer un dialogue islamo-chrétien véridique.

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Réactions massignoniennes

____Le livre aborde la vie et l’influence d’un orientaliste décédé en 1962 : il est l’objet des seules 13 pages du chapitre 4. Cet orientaliste, Massignon, est aujourd’hui encore la référence du courant dialoguiste « islamo-chrétien » qui, depuis 50 ans,  cherche l’émergence d’un nouvel Islam. Bien évidemment, les disciples de Massignon n’apprécient pas vraiment la mise en question de leur prophète, malgré tout ce que leur disent les chrétiens d’Orient et leurs Evêques.
____Des diverses réponses que l’auteur leur a faites, il est intéressant de retenir un échange relatif à la question du salut personnel, où est intervenu Mgr Bagnard, ancien Evêque d’Ars-Belley. Il est également intéressant de revenir sur
la lecture de Vatican II telle qu’elle  faite par le dialoguisme ; la compréhension des textes conciliaires y est habituellement faussée. Certes, ceux-ci ne sont pas toujours d’une clarté limpide, en particulier quand ils tentent de décrire les rapports entre l’Eglise et le monde. Pour autant, il n’est pas possible de prétendre que ces textes reconnaîtraient à l’Islam une valeur comme telle. Or, telle est bien linterprétation qui a envahi la pensée théologique occidentale. Dans cette opinion qui fonctionne comme un a priori, le courant massignonien a joué un rôle d’autant plus important qu’il a réussi à s’imposer comme structure monopolistique en matière de rapports avec les musulmans dans toute l’Eglise latine. Cependant, des siècles de pensée théologique occidentale trop coupée de l’Orient expliquent également cette situation désastreuse, ainsi que le montre le livre.

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_____EXTRAIT 1 de la réponse à l’article massignonien :
Repenser l’Au-delà (la question du salut personnel)

_____Prenons l’exemple de la question de l’acte fondamental de positionnement par rapport à la lumière du Christ. Les supposés “obstacles philosophiques et théologiques insurmontables”, exposés par le P. Nicolas op, de Fribourg, sont connus de tout chercheur en théologie ; ils ont été pris en compte. En résumé, au point de vue philosophique, aucun acte (spirituel) ne serait possible après le dernier soupir, vu qu’il doit s’agir d’un acte moral, qu’un acte moral suppose un choix et une délibération, qu’une délibération suppose l’intervention du cerveau, et que donc que c’est impossible. Certes, si l’on pense que les actes humains, en soi ou dans le développement de l’être humain, ne sont pas d’abord liés à des relations d’amour reçu et rendu avant d’exprimer un positionnement moral, on conclura que, même à son niveau premier, l’agir humain est impossible au-delà de la mort terrestre. Mais tout repose sur un postulat. Et ce postulat est terriblement discutable – le live en parle.

_____Quant à l’objection théologique qui redoute qu’un acte spirituel au-delà de la mort puisse être en contradiction avec une orientation radicale qui aurait éventuellement été arrêtée déjà au cours de la vie terrestre, elle n’a pas lieu d’être. Regardons ce que dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique (paru en 1992) en deux numéros qui, originellement, devait couvrir plus d’une page mais que Benoît XVI, alors à la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a résumé de manière dense : dans sa mort, indique le n° 635, le Christ s’est rendu présent “dans la profondeur de la mort afin que les morts entendent la voix du Fils de Dieu et que ceux qui l’auront entendue vivent (Jn 5,25)”. Cette “Bonne Nouvelle annoncée aux morts (1P 4,6)” constitue “l’accomplissement, jusqu’à la plénitude, de l’annonce évangélique du salut. Elle est la phase ultime de la mission messianique de Jésus” qui étend “l’œuvre rédemptrice à tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux” (n° 634) : en d’autres mots, le salut est offert dans le mystère de la mort, qui connaît un « temps » différent de celui de la terre ; c’est même à chaque défunt qu’il est présenté, dans la Lumière, à un moment donné et de la manière la plus miséricordieuse qui soit. Alors, il faut aller vers cette Lumière, ou il est inévitable qu’on la fuie (Jn 3,19-21). Cet « acte » spirituel ne pourrait aller à l’encontre d’une position déjà arrêtée, dans le genre de ce que Jésus explique en Mt 12,31-32 à propos du péché contre l’Esprit ; mais, justement, beaucoup ne se sont pas encore fixé une position au cours de leur vie.

_____Après avoir lu Le malentendu islamo-chrétien, Mgr Bagnard, ancien Evêque d’Ars-Belley, a écrit (avec son approbation, nous citons ce passage de sa lettre d’encouragement):

“À la page 105, dans les dernières lignes, vous écrivez : ‘La question se pose même se savoir si un tel choix spirituel n’est pas toujours, de manière inchoative et mystérieuse, à la racine de tout choix moral’. Vous évoquez là un aspect important de la philosophie de Maurice Blondel (en particulier dans Principe élémentaire d’une logique de la vie morale). Nos choix « relatifs » se rattachent au choix absolu de notre destinée humaine ; ils impliquent, anticipent notre salut : rien n’est indifférent à l’option ultime !”

_____C’était, précise Mgr Bagnard, la manière de voir également de Gabriel Marcel et de Claude Bruaire, deux autres grands philosophes chrétiens – pour ne citer que ces noms. Ces perspectives, le livre les développe d’ailleurs en une théologie de la Rencontre (du Christ) à partir de la page 88 et surtout de 103 à 108 ; tous les convertis comprennent immédiatement de quoi il est question. Il est impossible d’en résumer ici la teneur, sinon en disant qu’elle est centrale dans une théologie de l’histoire qui est indispensable pour rendre compte de la Révélation – et cette théologie manque précisément dans la pensée catholique occidentale. Notre rencontre avec Notre-Seigneur, ici-bas ou dans le mystère de la mort, fait partie d’une histoire beaucoup plus vaste qui s’origine dans la Création et aboutira à l’entrée en gloire de cette création à travers l’acte ultime d’adhésion libre et globale de l’humanité au salut.

La trouble doctrine de la substitution
_____Le salut nous est gagné par le Christ ; reste à le recevoir. Dans cette réception, l’entraide qu’on appelle la « communion des saints » joue évidemment un rôle, jusqu’à un certain point cependant : on ne peut jamais valoir le salut à un autre, car on ne peut jamais accepter à la place d’autrui. Imaginer qu’on le pourrait serait une dérive théologique, dans laquelle aucune mystique chrétienne n’est jamais tombée même si, psychologiquement, leur compassion mystique peut donner l’impression de vivre un « enfer » pour en « arracher » quelqu’un. Aider autrui, ce n’est jamais une sinécure. En revanche, imaginer que les mérites (de la sainteté) soient « réversibles » et puissent valoir le salut en soi à autrui est quelque chose de profondément trouble, voire morbide : c’est jouer avec le Mal en croyant en triompher. Or, cette idée est bien au cœur de la pensée de Louis Massignon thématisée autour de l’idée de « substitution » (badaliya en arabe). Contrairement à ce que suggère l’article, le fait de n’avoir pas renié son baptême ne suffit pas pour en faire un saint.

_____En fait, cette idée de la « substitution » est ancienne. Elle s’enracine dans la pensée d’un ex-Abbé, Boullan, que les massignoniens ont largement occulté (il paraît être tombé dans des dérives satanistes). Cependant, il faut en chercher l’origine plus loin encore : on la trouve chez Louis-Claude de Saint-Martin[1] , théosophe et illuministe selon plusieurs historiens, il fut aussi lun des « philosophes » qui ont inspiré la Révolution française. Les faits sont là, et il n’est pas « calomnieux » de les mentionner. Bien entendu, Massignon savait que Boullan était un homme peu recommandable, mais il présumait pouvoir s’inspirer sans danger de sa pensée mystique, alors qu’elle pervertissait le sens même du martyre et de l’offrande. Selon l’article même, Massignon voyait le mystique soufi Hallâj comme un authentique “martyr mystique de l’islam dont il aurait voulu que l’Église le canonisât”. Certes, il avait été tué pour des idées qu’il pensait être salvatrices, et qui étaient dérivées de la foi chrétienne selon la vieille tradition gnostique – d’où des ressemblances apparentes avec la foi chrétienne, précisément. De même, ceux qui, aujourd’hui, se font exploser au milieu d’une foule tenue pour mécréante sont également des martyrs de l’Islam aux yeux de divers courants. Fort bien. Mais être victime à cause de la Vérité et de l’Amour de Jésus, c’est peut-être autre chose…

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_____EXTRAIT 2 :
Voir les drames réels du monde, loin des idéologies

_____[…] Ces quatre pages [du massignonien Borrmans] objectent essentiellement que j’aurais « oublié » ou (intentionnellement) « passé sous silence » ceci ou cela ; et, en plus, que je n’ai pas tout lu ! C’est mettre en cause le chercheur ou même le serviteur de l’Eglise que je suis, puisque ces oublis porteraient notamment sur des textes conciliaires. Pour rappel, l’intention du Concile fut indéniablement évangélisatrice, même si elle n’a sans doute pas toujours été adroitement exprimée, et cette intention est au cœur de « l’ouverture au monde » qui marque un tournant quant à certaines attitudes : on est passé en effet d’un dénigrement souvent facile et systématique de tout ce qui n’était pas étiqueté « chrétien » à une prise en compte des efforts et des espérances de tous les hommes, mais néanmoins pas à un émerveillement pour tout ce qui n’est pas chrétien (ou à une volonté d’harmonisation avec les « autres religions »). Jacques Dupuis, un des penseurs de la théologie des religions si liée au courant des discuples de Massignon, a rappelé que pour Paul VI, le “diagnostic sur la valeur de ces religions demeurait notablement négatif. Le concile ne fit pas mieux” [1]. Si l’on se réfère à certains écrits « post-conciliaires », on pourrait croire le contraire. L’analyse que je donne à la fin montrera par un exemple où se trouve le problème, lié à la sollicitation de textes pas toujours limpides.

_____Si, dans l’ouvrage Le malentendu islamo-chrétien, il m’a fallu parler de Massignon, dont le Père Maurice Borrmans (87 ans) est un disciple des plus fidèles [2], c’est parce qu’il reste le pivot d’un système de pensée qui s’est répandu dans les milieux cléricaux latins dès avant le Concile (au reste, il est mort en 1962). L’étude de cette antériorité était à privilégier dans un livre de 200 pages seulement, où chaque chapitre est en soi un petit traité autour d’une question dense. C’était de ces analyses-là, éclairantes ensuite pour tels ou tels passages de documents romains, que le peuple chrétien a besoin.
[…]

Le lien avec la Révélation évangélique
_____N
’importe quel lecteur est amené à s’étonner du fait que les références au Nouveau Testament soient si rares chez Massignon comme dans le massignonisme. Il n’est évidemment pas nécessaire d’être exégète ou théologien pour se nourrir du Nouveau Testament et le citer : tous les chrétiens qui témoignent et réfléchissent le font. Alors ? Dans son livre Louis Massignon. Badaliya (2011), le P. Borrmans avance sans doute la raison majeure : “Louis Massignon s’est laissé guider par ses intuitions spirituelles et les suggestions de l’Esprit de Dieu” (p.42). La première partie de cette affirmation reflète sans doute la réalité car si, à ma connaissance, Massignon n’a jamais prétendu être un inspiré, sa conduite et sa manière de s’exprimer le laissaient penser (ce qui n’exclut pas des moments de doute et de lucidité). Quant à savoir si l’Esprit Saint l’inspirait, cela relève d’un acte de foi. Au reste, Massignon fut le produit d’un certain passé. Je ne pense pas ici à Nicolas de Cuse qui fut l’idéologue « humaniste » du peu glorieux Pape Pie II au 15e siècle ; la théologie des religions hérite de lui (ce qui n’est généralement pas souligné). Je ne pense pas non plus au Bienheureux Charles de Foucauld qui n’a pas eu d’influence profonde sur Massignon : ses idées « mystiques » étaient déjà formées. Je pense à ceux qui ont réellement contribué à former ses idées, et qu’avait révélés l’actuel Evêque de Tournai, Mgr Guy Harpigny, en présentant, dans une thèse publiée il y a trente ans déjà, tous les aspects de sa vie, y compris les moins reluisants, et les sombres influences qui y sont liées.

_____Ces aspects sont trop restés « passés sous silence » en France – on ne pouvait les lire que dans des parutions anglophones. Aussi, malgré la publication courageuse faite par Laure Meesemaecker [3] en 2001, et après un nième livre à la gloire de Louis Massignon, il devenait urgent qu’un ouvrage court soit écrit pour éclairer les chrétiens de France, sans être centré pour autant sur ce personnage qui ne serait rien sans le contexte qui l’a formé puis qui a porté ses idées. Le projet du Malentendu islamo-chrétien fut donc d’exposer ce contexte, c’est-à-dire d’une part les lacunes de la théologie latine propices à l’éclosion et à la diffusion d’une pensée de type massignonienne, et d’autre part les freins mis aux développements de la recherche [4]. Comment en était-on arrivé à cette situation dès avant le Concile, qui subsiste aujourd’hui encore ?

Les apports trop méconnus du P. Moussali
_____À
cette question, le P. Antoine Moussali (1921-2003) ne pouvait pas répondre pleinement. D’origine libanaise, lazariste, il avait passé 16 ans en Algérie (et auparavant en Syrie) – il était monté régulièrement au monastère de Tibhirine pour donner des cours aux Trappistes dont on connaît la fin. Cependant, s’il n’était pas un spécialiste de la théologie latine (qu’il connaissait par sa formation sacerdotale en France entre 1938 et 1944), il l’était en revanche du Coran et de ses commentaires. En deux années de travail, nous avons pu apporter au dossier islamologique, des clefs qui manquaient à la lecture et à la compréhension du texte coranique en sa strate originelle ; depuis lors, de nombreux islamologues ont souligné à leur tour le niveau premier de cohérence eschatologique de ce texte, avant les manipulations successives qu’il a subies. Techniquement, les clefs capitales découvertes grâce au P. Moussali portaient sur l’interpolation de dix mentions sur quinze du mot « nasârâ » (incluant une mention au singulier, toutes les dix changeant le sens du mot), puis sur les cinq occurrences du nom de Muhammad (y compris sous sa forme de Ahmad) qui sont apparues avoir été toutes ajoutées également après coup.

_____Dès 1996, les premières de ces découvertes étaient abordées par le P. Moussali dans l’article Interrogations d’un ami des musulmans paru dans le livre collectif Vivre avec l’Islam ?, tandis que dominait en France un « pro-islamisme » de droite comme de gauche, notait déjà Jean-Claude Barreau [5]. En 1997, son livre La croix et le croissant exposait la position respective des chrétiens et des musulmans selon certains thèmes. D’autres ouvrages ont été écrits ensuite dans cette même ligne [6].

_____Répondant à une lettre, Antoine Moussali écrivait : “J’ai passé ma vie au service des musulmans, et je n’ai eu qu’à m’en féliciter. Il se trouve cependant que l’amitié avec mes frères musulmans a toujours été marquée par la vérité. C’est cela qu’ils ont toujours grandement apprécié et qu’ils continuent d’apprécier chez moi” (lettre du 7 décembre 1998). De fait, de nombreux musulmans venaient le voir, seuls ou en groupe, à Amiens où il vivait désormais – certains venaient même d’Algérie –; il s’agissait souvent de véritables échanges religieux partant des questions profondes que portaient ses interlocuteurs musulmans ; et il arrivait parfois que le P. Antoine serve d’arbitre, surtout entre les plus jeunes de ces interlocuteurs.

_____Par toute sa vie, il fut un modèle quant à la pratique du dialogue. Lui n’imaginait aucun préalable au dialogue, ce qui constitue justement un thème-clef de la pensée du massignonisme. Selon ce courant, pour réussir le dialogue, le chrétien aurait à « se convertir » et à « s’ouvrir » à l’islam, dans la perspective d’une “reconnaissance réciproque du statut de religion révélée” pour prendre une formule extrême mais révélatrice [7]. De plus, il y aurait un but à poursuivre : d’aucuns ont parlé de « convergences » à réaliser, et même “d’établir ce qui est commun à la République et à nos traditions religieuses : la fraternité” (document cité plus loin). En fait, Antoine Moussali montrait en France qu’aucun préalable ni but à atteindre ne devait être présupposé au dialogue. Sinon que le dialogue est une affaire de cœur (et d’un minimum de compétences).

_____De tels dialogues concrets portent évidemment des fruits en fait de rapprochement et d’apaisement de situations conflictuelles : les chrétiens d’Orient, qui subissent le joug de l’Islam, vivent cela depuis quatorze siècles entre les périodes de pogroms antichrétiens. Mais si le « dialogue » pensé par le massignonisme doit conduire à l’émergence d’un Islam fraternel et ouvert, l’échec est patent. Les persécutions n’ont fait que décupler depuis trente ans, et ce sont les interprétations les plus sectaires des traditions islamiques qui s’imposent de plus en plus – et qui dégoûtent aussi de nombreux musulmans. Et, ce qui n’est pas moins grave, dans le même temps, on assiste à une collusion de plus en plus forte entre les structures politiques de l’Islam et les intérêts mondialistes les plus sordides, sous couvert de la venue d’un monde meilleur et « démocratique ».

Les enjeux politiques des « dialogues »
_____Cette dimension politique de collusion islamo-mondialiste – ou américano-saoudienne – est un poison. On a vu comment la « démocratie » a été imposée aux Libyens par l’Otan [8].
_____En fait, c’est même le slogan médiatique du « printemps arabe » qui doit être dénoncé : ce mythe a été inventé d’une part pour occulter le fait qu’en Egypte, ce sont les jeunes Coptes, soutenus par d’autres jeunes, qui, depuis 2009, contestaient le système du Président Moubarak déjà très islamisant, et d’autre part en vue d’offrir le pouvoir aux islamistes, par des simulacres de « démocratie » : les médias dissimulent soigneusement la position ultra-libérale des islamistes en économie, d’où l’appui qui leur est donné par les grands intérêts financiers.

_____Cette situation nouvelle devrait être au cœur de tous les « dialogues islamo-chrétiens ». On en est loin. Au contraire, en 2012, “revenant du IVe congrès des religions du monde” organisé par le régime dictatorial du Kazakhstan (Nicolas de Cuse avait rêvé de tels congrès), le secrétaire du Service des Relations avec l’Islam, le P. Christophe Roucou, bénissait le « printemps arabe » en ces termes :

Cela fait bientôt 18 mois que le réveil arabe porté par des jeunes tunisiens, égyptiens, yéménites et d’autres a suscité de grands espoirs de changement dans leurs pays et au-delà. […] Aucune révolution, aucune évolution ne se fait en quelques mois. Malgré la crise, les peuples européens ne sont-ils pas appelés à soutenir ces premiers pas vers la démocratie, à être aux côtés de ceux et celles qui, au prix de leur vie, réclament la justice, la paix et la citoyenneté pour tous en Syrie ?
____Et de continuer en faisant l’éloge du nouveau pouvoir en France : “Un nouveau président, de nouveaux députés sont chargés d’établir la liberté et l’égalité par des lois. Il nous revient avec tous les croyants en Dieu et tous les humanistes de poser les gestes qui établiront ce qui est commun à la République et à nos traditions religieuses : la fraternité” (26 juin 2012 [9], voir le site de Chrétiens pour la Méditerranée [10]).

_____N’était-ce pas enchérir sur la propagande médiatique et la politique belliciste liées au pouvoir français en place ? Sur les diverses chaînes d’Etat, le ton continue d’être à la guerre contre le gouvernement syrien. Dans la lettre déjà citée, le P. Antoine ajoutait presque prophétiquement :
J’ai le ferme espoir que le travail si important que fait le SRI saura prendre en compte les éclairages qui ne vont pas nécessairement dans le sens d’un discours convenu… Il me semble que cela fait partie aussi du dialogue à l’intérieur de l’Eglise ! Et puis, pourquoi vouloir à tout prix tirer à soi le Pape ? Et pourquoi mettre sur le compte de la peur tout effort de clarification ? Quelqu’un n’a-t-il pas dit : La vérité vous libèrera ?

_____Hélas, le problème du « discours convenu » s’est élargi. Il ne s’agit plus seulement de la dissimulation des avancées de la recherche en islamologie ; il ne s’agit plus de la question de l’influence délétère de la mystique massignonienne ; il s’agit désormais surtout de la destinée de nos Frères chrétiens d’Orient à qui la parole n’est jamais donnée en Occident, et dont l’existence même est menacée chez eux. Là bas, c’est même ce qui reste de convivialité civile et interrreligieuse, de laïcité et d’indépendance (économique et politique) qui est en train de disparaître, en vertu d’un projet mondialiste visant la destruction de ce qui reste d’Etat laïque, multiconfessionnel et convivial… et indépendant. L’Etat syrien n’est d’ailleurs pas alouite mais essentiellement sunnite, dans son gouvernement comme dans son administration. Ce projet remontait lui aussi à 2001 : la Syrie y figurait dans les pays à détruire, après la Libye. Les Evêques et d’autres personnalités du Proche-Orient nous demandent d’œuvrer à exiger l’arrêt des hostilités – qui ont été planifiées par l’Otan et où la France est impliquée depuis des années –; on ne les entend pas, et même, on les calomnie dans la presse, laquelle est, depuis le début, l’outil d’une guerre de propagande. L’OTAN reconnaît aujourd’hui que 70 % au moins de la population syrienne soutient son gouvernement, et estime à 20 % ceux qui n’ont pas d’opinion déterminée – et il s’agit ici de chiffres avancés par les ennemis du pays. Ce soutien massif s’explique notamment par le fait que l’armée nationale syrienne est faite de conscrits et est multiconfessionnelle, et qu’elle défend les citoyens syriens contre les dizaines de milliers de jihadistes ou mercenaires venus de 29 pays (selon l’ONU), armés et payés par les théocraties totalitaires du Golfe, et attaquant essentiellement depuis la Turquie. Parmi ceux-ci, qui sont responsables d’horreurs indicibles, se trouveraient des milliers de jeunes endoctrinés européens, dont des Anglais, des Belges et des Français.

_____Un vrai « dialogue islamo-chrétien » devrait aborder ces réalités, qui sont assez éloignées du thème consensuel « Amour de Dieu, amour du proche »[11] adopté pour la rencontre de Rome de novembre 2008, que le P. Samir Khalil Samir a réussi à sauver du naufrage. Il est temps que les Chrétiens d’Orient prennent leur place et mènent ces questions. Pour sa part, Massignon n’avait pas été “inattentif aux chrétiens d’Orient” (ce qui n’est écrit nulle part dans mon livre) ; il en avait le souci, que le P. Borrmans rapporte au fait que “sa sodalité de la Badaliya (1947-1962) a été fondée avec eux et pour eux (il suffit d’en lire les textes)”. Certes, sa Badaliya (c’est-à-dire Substitution ou Réversibilité) voulait les utiliser mais n’a pas été fondée avec eux (à moins de tenir Mary Khalil pour représentative des chrétiens d’Orient). Un tel projet d’un Occidental mystique magnifiant l’aspect salvifique supposé de la souffrance ne fut jamais le leur – surtout qu’il s’agit de leurs souffrances à eux.

_____Je n’avais pas mesuré pleinement cette dimension jusqu’à ce qu’un lecteur m’indique la thèse que Nicolas Mulot a consacré à Louis-Claude de Saint-Martin, théosophe et illuministe, dont les idées précèdent celles de Joseph de Maistre et surtout celles de l’ex-Abbé Boullan et de Joris-Karl Huysmans ; Joseph de Maistre écrit : “L’innocent en souffrant ne satisfait pas seulement pour lui, mais pour le coupable, par voie de réversibilité[12]. Il n’est pas sûr que Maistre, qui est un historien et non un théologien, ait bien compris la portée de la doctrine de Saint-Martin. En tout cas, c’est bien cette doctrine qui se retrouve dans la pensée de Massignon ; il est impossible de nier sa filiation et sa dimension occultiste. Dès lors, les ressorts d’une certaine incompréhension occidentale à l’égard des souffrances des chrétiens d’Orient apparaissent mieux : on leur reproche de n’être pas enthousiastes à la perspective d’être rançonnés, violés, bombardés et assassinés. Ce serait le prix à payer non seulement pour la « démocratie », mais pour qu’émerge un islam ouvert, « des lumières », bref humain !

_____Comme l’écrit P.-M. Soubeyrand, à partir des années 90, “les Églises d’Orient elles-mêmes, au contact de l’Islam depuis des siècles, n’hésitaient plus à dénoncer des compromis et des ambiguïtés des Églises sœurs d’Occident, dans leur prétention à prendre la tête d’une nouvelle ère des relations du monde chrétien et musulman”. Ces compromis et ambiguïtés ont sans doute empêché de dénoncer les nouvelles guerres de l’axe Washington-Ryad en Afrique du nord et au Proche-Orient (Jean-Paul II avait dénoncé la guerre contre l’Irak, qui, avec l’embargo, a fait plus d’un million de morts et dont les conséquences dramatiques continuent).

_____Sur quoi s’appuyer ? Notre force sera toujours d’écouter la Révélation dans son intégralité. Quand on cite 1Tm 11,3-4, on ne peut pas se contenter de la première partie de la phrase : “Dieu veut que tous les hommes soient sauvés”, car la seconde précise : “et que tous parviennent à la connaissance de la vérité”. Pour St Paul, la question déterminante est : “Comment tous les hommes auront-ils accès à la vérité ?” (ce qui forme un des sujets du Malentendu islamo-chrétien, en lien avec les paroles de Jésus en Jn 3,19-21), et non pas : “Comment Dieu sauve-t-Il des non chrétiens sans qu’ils aient la connaissance de Celui qui est le chemin, la vérité et la Vie (Jn 14,6)”.

Ce qui est vraiment écrit dans Nostra Aetate
_____D
e même, il faut lire la Déclaration conciliaire Nostra Aetate telle qu’elle est écrite. Loin de « reconnaître la valeur des autres religions » au plan du salut, comme on le lit fréquemment, sa perspective fut de mettre en valeur les cheminements personnels. Dans un exemple déjà ancien de cette mécompréhension [13], on pouvait lire que le dialogue avec les musulmans
“se situe dans la lumière de l’invitation adressée par le Concile Vatican II dans la Déclaration sur les relations de l’Eglise avec les religions [Nostra Aetate] : « L’Eglise catholique ne rejette rien de ce qui est vrai dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières de vivre et d’agir et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu’elle-même tient et propose, cependant apporte souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes »”.

_____Mais cette citation, qui est tirée du paragraphe 2 de cette Déclaration, concerne uniquement les religions préchrétiennes. La tromperie est massive : c’est seulement au §3 qu’il sera question des musulmans. Or, que voulait dire ce § 2 ? Sa rédaction n’est sans doute pas des plus heureuses. On voulait s’adresser aux fidèles des courants religieux préchrétiens tels que les animismes, qui existent “depuis les temps les plus reculés jusqu’à aujourd’hui” et qui portent parfois “un profond sens religieux”, mais également aux fidèles de “l’hindouisme” et du “bouddhisme” qui sont présentées comme étant des “religions liées au progrès de la culture”. De telles affirmations historiques sont certes discutables, notamment quand on sait que la datation du bouddhisme pose d’immenses difficultés, aucun chercheur sérieux ne pouvant produire de document réellement antérieur à notre ère ; inversement, on peut se demander si l’hindouisme d’aujourd’hui est vraiment conforme à celui d’avant notre ère. Mais on voit bien l’idée des Pères conciliaires : ce qu’il y a de juste et de bon au point de vue des “valeurs spirituelles, morales et socio-culturelles” du vécu humain préchrétien forme un fondement pour un cheminement ensemble. C’est là une perspective du Nouveau Testament, et traditionnelle.

_____Dans la catégorie propre aux religions préchrétiennes n’entre pas l’Islam – que les textes conciliaires ne mentionnent d’ailleurs jamais : ils évoquent uniquement les musulmans. Comment la confusion a-t-elle pu abuser tant de gens ? D’abord, ces textes manquent sans doute  de clarté. Les Pères conciliaires (essentiellement occidentaux) avaient des difficultés à sortir d’une théologie qui ne les aidait pas à dire le mystère de l’histoire dont le Christ constitue le tournant, c’est-à-dire que :

 :  il y a un avant le Christ, et il y a un après le Christ c’est-à-dire le temps que le Nouveau Testament nomme « les derniers temps », temps qui a commencé avec la diffusion de l’Evangile par les Apôtres et leurs disciples dans tout le monde connu et facilement accessible de l’époque (et cela jusqu’en Chine) ;
et 2° : ces « derniers temps » furent également marqués par les post-christianismes, lesquels se sont structurés dès après les Apôtres et contre eux ou contre leurs successeurs, et ces post-christianismes doivent l’essentiel de ce qu’ils sont au christianisme à travers des contrefaçons radicales. Tel est le monde où nous vivons aujourd’hui.

_____Comme Jean-Paul II et Benoît XVI l’ont rappelé maintes fois, le Concile doit être lu à la lumière de la tradition ; concrètement cependant, rien ne pallie le manque de bons outils théologiques (esquissés aux chapitres 2 et 3 du Malentendu islamo-chrétien). Ce manque constitue la seconde raison du succès de la mystification relative à l’Islam, en rapport avec le texte de Nostra Aetate, alors qu’il est vain et même gravement dommageable de rêver d’une « reconnaissance mutuelle » interreligieuse, ou de chercher dans l’Islam (ou dans toute autre système de pensée) “quelques vérités de la révélation, prière, jeûne, aumône, ascèse, etc. qui sont des moyens de salut”[14], au lieu d’aborder de front les questions relatives à la volonté de Dieu (évoquées au chapitre sept du livre). De par leurs traditions, les chrétiens d’Orient, eux, ont toujours affirmé que l’Islam provenait simplement d’une vieille dérive ex-chrétienne, non qu’il serait une religion révélée et porteuse de salut (même inchoativement ou partiellement selon les adverbes ajoutés habituellement en Occident).

_____À la suite d’études parues au Proche-Orient, l’étude de plus de mille pages parue en 2005, Le messie et son prophète, a montré la validité de ces traditions chrétiennes, par la convergence d’une masse d’indices historiques en ce sens, parallèlement à l’absence d’indices avérés allant en sens contraire : telle est la définition même d’une avancée historique. Au reste, depuis lors, cette étude n’a été aucunement mise en cause au point de vue historique ; les recherches ultérieures n’ont fait qu’en éclairer le contexte (araméen en particulier).
_____ Bien évidemment, tous les post-christianismes sont truffés d’éléments chrétiens : leur présence n’y doit rien au Saint Esprit. C’est d’ailleurs logiquement sur ces fondements dérivés du christianisme que les musulmans croient traditionnellement connaître mieux le message de Jésus que les chrétiens eux-mêmes – un sujet à aborder tôt ou tard amicalement, comme le P. Moussali le faisait. L’Islam est un post-christianisme parmi d’autres, il ne présente rien de « révélé ». Les musulmans pensent autre chose, c’est leur droit ; c’est également le droit et le devoir des chrétiens et tout simplement de tout homme honnête de parler avec eux de ce qui est avéré. Nous ne sommes pas invités à aimer l’Islam, mais les musulmans.

_____Il est donc plus que temps de s’expliquer sans préalable entre chrétiens” écrit le P. Borrmans comme le P. Moussali en 1998 (voir plus haut). Que ne l’a-t-on pas fait durant trente ans ? Combien, avant le P. Jourdan, n’ont-ils pas été écartés des lieux d’influence, à cause de leurs compétences et de leur connaissance de l’Islam ? Et parce qu’ils ne partageaient pas la foi au prophète Massignon ? Les errements du passé ont contribué à la situation dramatique d’exacerbation et de manipulation politique du fanatisme islamique, qui est celle d’aujourd’hui. On ne peut plus changer le passé, mais on peut retourner à l’Evangile (sans oublier Mt 24,24) et écouter nos Frères chrétiens persécutés et assassinés par dizaines de milliers de par le monde. Si on ne les écoute pas, on ne pourra qu’ajouter au mal.


[1] Dupuis Jacques, Le dialogue interreligieux à l’heure du pluralisme, in Nouvelle Revue Théologique n° 120, 1998 /4, p.545.

[2] Le P. Borrmans a donné une recension du livre du P. François Jourdan début 2012 : http://www.france-catholique.fr/Francois-Jourdan-La-Bible-face-au.html

[3] Laure Meesemaecker, L’autre visage de Louis Massignon, Versailles, éd. Via Romana, 2011.

[4] Ce fut l’un des problèmes des Pères Blancs, que le P. Pierre-Marie Soubeyrand, plus tard auteur de Comprendre l’Islam, risque ou défi ? (éd. des Béatitudes, 2010) fut amené à quitter pour servir le Christ ailleurs.

[5] Jean-Claude Barreau interviewé in Le Figaro du 13 nov. 1991, p.30, jugeait cette dialectique gauche-droite “transcendée par tous les grands sujets de société”. Il a écrit De l’Islam en général et de la modernité en particulier (éd. Pré-aux-clercs, 1991), où il note : “Le mélange détonant de l’exotisme, de l’esprit militant, de la crainte légitime d’être coupé de sa recherche [c’est-à-dire d’être interdit de séjour en tel pays musulman] et de la mauvaise conscience a généré l’inhibition de l’esprit critique européen face à l’Islam” (p.17).

[6] Dont celui du P. François Jourdan en 2007, Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans, ce qui lui valut d’être mis à l’écart de l’Institut Catholique où il enseignait. Heureusement, il a repris la direction de l’ISTR de Toulouse depuis septembre dernier. Voir la réponse qu’il a faite à une mise en cause : http://plunkett.hautetfort.com/archive/2008/05/17/dieu-des-chretiens-dieu-des-musulmans-francois-jourdan-repo.html .

[7] La Croix (ici 07-01-2000 p.22). Autre citation du même genre (tirée d’un livre) : “Dénier au Coran tout caractère de religion révélée est extrême et inacceptable”.

[9] http://chretiensmediterranee.com.over-blog.com/article-artisans-de-fraternite-au-milieu-des-espoirs-et-des-inquietudes-107177731.html

[10] Ce groupe collabore parfois avec le Quai d’Orsay : www.observatoirepharos.com/international/international-l2019egypte-la-tunisie-deux-ans-apres-le-debut-des-revolutions-que-sont-ils-devenus-fr

[11] Le texte final est analysé ici : La transformation de la notion d’amour de Dieu et du « prochain » Une lecture de la racine hbb [aimer] dans le Coran, article paru sous le titre La cause de l’amour selon l’islam in Liberté Politique, Printemps 2009, n° 44, p. 55-61 et dans Cedrus Libani n°79, 2009, p.66-69 – URL : www.lemessieetsonprophete.com/annexes/L%27idee%20%27d%27aimer%27%20selon%20le%20Coran.htm.

[12] L’idée de réversibilité (des mérites salvifiques) est à la base de celle de substitution-badaliya. URL : www.paris-sorbonne.fr/les-actualites/agenda-des-soutenances/toutes-les-soutenances/article/la-reversibilite-le-grand-mystere.

[13] Catholiques et musulmans : un chemin de rencontre et de dialogue, document de Lourdes, 1998 (pas une ligne du document préparatoire n’a été modifiée).

[14] Ces moyens sont évidemment qualifiés d’imparfaits ; le P. Borrmans, répondant à Mr Alain Besançon en 1998, précisait : “ce ne sont pas encore des sacrements, mais l’Esprit Saint n’est-il pas capable de faire porter à ces bribes de vérités révélées et à ces éléments de moyens de salut des fruits inattendus… ?”. Ces idées ont été développées de diverses manières dans la littérature de « dialogue ». Le document épiscopal français mentionné à la note 16 évoquait quant à lui “la spécificité de la Révélation qu’ils [les chrétiens] ont reçue” – une révélation parmi combien d’autres ?

– texte de cette recension audio en PDF

One thought on “Le malentendu islamo-chrétien : pourquoi ?

  • 26 octobre 2013 at 12 h 40 min
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    merci beaucoup pour cette présentation de livre synthétique !

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