L’Évangéliaire-"Peshitta" est paru !

La Torah de la Nouvelle Alliance selon la récitation orale des Apôtres.
Texte des évangiles et des Actes selon la Version Stricte d’Orient.

T E X T E   E N   A R A M E E N
Analyse rythmique et midrashique (Cariscript, 2010)

Guigain_Couv-Torah_Nouv_All-B• Qu’apporte ce nouvel Evangéliaire aux Églises proche-orientales et à ceux qui étudient la Parole de Dieu en araméen ?

______D’abord, l’évangéliaire a été augmenté : il comporte désormais également les Actes des Apôtres, un « livre » qui faisait partie de la « Bonne Nouvelle » transmise et apprise de « cœur à cœur » depuis le temps des Apôtres selon le système oral judéo-chrétien. Cette transmission a été conservée en certaines Communautés syro-araméennes quasiment jusqu’à nos jours ; elle avait besoin d’être refondée scientifiquement, ce qui est l’un des buts de l’évangéliaire.

______Par ailleurs, « L’Evangéliaire selon la récitation orale des Apôtres » édité en 2009 était basé sur le seul texte canonique araméen occidental (Peshittô) ; ce nouveau volume intègre les indications fournies par le manuscrit araméen Khabouris, riche témoin du monde araméen de l’Est (dont le texte canonique s’appelle Peshitta). Il s’agit là d’un enrichissement considérable. Le texte évangélique est donné cette fois en écriture estrangelo voyellisée, très lisible, toutes les annotations, plus nombreuses, restant en français.

______Enfin, sur ces bases, le développement de l’analyse rythmique et midrashique a permis d’aller plus loin que la restitution des récitatifs correspondant à l’état de la matière évangélique antérieur à l’état rédactionnel dans lequel nous lisons aujourd’hui les textes. Pour prévenir l’oubli de la manière dont cette matière évangélique – « l’Evangile »– devait être transmise oralement, un jeu de signes avait été ajouté aux manuscrits (au cours du VIe siècle pour ce qui est de la Peshitta). L’étude de ces signes a permis de retrouver comment l’enseignement des Apôtres s’est cristallisé en quatre textes tout en continuant à être transmis oralement selon une organisation autre, en colliers ; en amont, les recherches ont abouti à comprendre pourquoi ces quatre textes se présentent tels qu’on les voit aujourd’hui et pourquoi ils ne sont pas faits pour être lus linéairement : tel est l’apport principal de l’analyse « midrashique ».

• Les acquis de l’étude publiée précédemment

______L’Évangéliaire selon la récitation orale des Apôtres constituait la première application concrète des deux acquis principaux relatifs à l’anthropologie de l’oralité à l’âge apostolique : d’une part le formulisme et son rythmo-mimétisme, que le jésuite Marcel Jousse avait déjà mis en lumière dès avant-guerre, et d’autre part le système récitatif évangélique en « colliers », que l’analyse comparative développée par Pierre Perrier avait permis de restaurer. Le texte manuscrit en effet est parsemé – criblé même – de signes de récitations, qu’il s’agisse de points placés autour des mots ou d’astérisques simples ou doubles (dits sections syro-ammoniennes) en fin de ligne ou de « paragraphe » (disons plutôt : d’unité orale, souffle ou perle).

______La raison d’être de ces signes avait fini par se perdre. Or, les premiers, qui sont des signes d’interponctuation, permettent de rétablir la rythmique et les assonances de la récitation antique, moyennant le bilatéralisme et le midrashisme de l’oralité judaïque ; quant aux seconds, ils se rapportent au découpage des enseignements oraux mis par écrit, c’est-à-dire qu’ils rendent compte de la structure originelle (et mnémotechnique) de décompte de la Bonne Nouvelle en colliers (thématiques).

• Des précisions apportées par le manuscrit Khabouris

______La prise en considération du texte canonique araméen oriental des évangiles d’après le manuscrit Khabouris a considérablement enrichi l’analyse rythmique de la récitation orale, en vertu du plus grand nombre de signes d’interponctuation dans ce texte. En outre, il a pu être confirmé que les sections syro-ammoniennes remontaient effectivement à la phase orale de composition des évangiles, du fait de leur présence sous forme de points gras dans les marges indépendamment des numérotations eusébiennes, ainsi que par l’existence de nœuds dessinés dans le corps du texte qui démontrent une connaissance de son histoire génétique antérieure à sa mise par écrit.

______Enfin, la présence de petits points fins tout le long des marges à droite et à gauche, en lien avec les principales pauses de l’interponctuation, forme un indice saisissant de l’attention portée par les Anciens au bilatéralisme (balancements droite /gauche des phrases) et au décompte de chaque verset. On passe ainsi à une compréhension structurelle du texte non seulement plus riche et précise, mais qui repose sur une validation à 95% dans les manuscrits eux-mêmes, les 5% restant se déduisant expérimentalement et logiquement.

• Origine et finalité liturgiques des évangiles : une approche scientifiquement fondée

______Le but pratique de nos textes évangéliques était déjà indiquée dans l’Évangéliaire selon la récitation orale des Apôtres : celui d’être des lectionnaires au service de la liturgie. Les raisons des découpages et de l’organisation qui en résulte ont été grandement approfondies pour chacun d’eux, au point de rétablir la correspondance exacte de chaque péricope évangélique avec le lectionnaire annuel synagogal (babylonien), au double point de vue de la liturgie ecclésiale à l’époque apostolique et d’abord de l’enseignement historique de Jésus. Il apparaît en effet que les dits et gestes eux-mêmes de Jésus ont été volontairement posés en fonction des fêtes hébraïques et des lectures synagogales, spécialement de la Torah, au cours des trois années de sa vie publique – ce que l’établissement d’une grille générale a permis d’établir. Ce lien premier entre la Torah et la prédication apostolique forme la base organisationnelle de « l’évangile » de Pierre, que Marc a mis par écrit. Les autres évangiles-lectionnaires ont été pensés davantage en rapport avec la vie liturgique des communautés elles-mêmes, et ceci vaut également pour le livre des Actes qui, utilisé comme lectionnaire d’été, était lu en correspondance avec le livre des Nombres et le Deutéronome selon le cycle synagogal.

______Nous avons donc là, et pour la première fois, les clefs de la « composition des évangiles » comme on dit – ou plutôt de leur « organisation liturgique », selon une manière de parler qui s’avère plus exacte en tenant compte de la primauté de la transmission orale des colliers de la prédication apostolique.

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Afin que chacun puisse avoir une idée précise du contenu de cet ouvrage, nous vous offrons ici un extrait. Il s’agit du collier de Jean-Baptiste.

Pour commander le livre en ligne, voir sur le site de Cariscript. Vous pouvez aussi commander l’ancien volume qui est moins cher (25 euros).

Voir aussi la présentation vidéo de l’ouvrage, par le père Guigain.

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