Chrétienté hors des manuels scolaires jordaniens

La chrétienté supprimée des manuels scolaires jordaniens

Un article de Raymond Ibrahim, relayé par Coptic Solidarity, nous rappelle que l’entreprise d’effacement et de transformation du passé, particulièrement du passé chrétien, n’est pas le propre des seuls jihadistes qui ont détruit les vestiges antiques de Palmyre, mais est aussi le fait des paisibles musulmans jordaniens. Cette christianophobie fondamentale et ces reconstructions du passé caractérisent les messianismes politiques post-chrétiens, comme avait pu nous l’expliquer Pierre Perrier lors de la session d’été 2015 d’EEChO, ou comme les recherches du P. Edouard-Marie Gallez l’ont mis en lumière.

Voilà une réflexion qui peut introduire au thème de la session de Pentecôte 2016 d’EEChO : « Refuser l’histoire, refuser le Christ ». Elle aura lieu les dimanche 15 et lundi 16 mai, Paris (Inscriptions et renseignements sur la page dédiée).

jordanian-textbooks 2Une conférence s’est tenue récemment à Amman, en Jordanie, intitulée « Pour une stratégie globale de lutte contre l’extrémisme », au sein du Centre de Jérusalem pour les Etudes Politiques (Jerusalem Center for Political Studies). Le Docteur Hena al-Kaladani, lui-même chrétien, y révélait qu’une « entreprise d’effacement complet de l’histoire arabe chrétienne de l’ère pré-islamique » était en cours, et que « de nombreuses erreurs historiques » étaient maintenant enseignées dans les écoles de Jordanie.
«  Il y a des impasses injustifiables dans les programmes d'enseignement de l’histoire de la Jordanie » a ainsi affirmé Al-Kadani, signifiant là que des siècles entiers d’histoire chrétienne ont pu être omis voire carrément  supprimés. Il mentionnait ainsi par exemple qu’il n’y a « aucune référence à une personnalité chrétienne ou à l’histoire de l’Eglise dans le pays dans les livres d’histoire de 10ème section [équivalent au secondaire] ». « Tous les manuels ignorent complètement les grandes figures chrétiennes, et ne parlent même pas des lieux chrétiens de Jérusalem, alors qu’ils sont prolixes sur les lieux de l’islam », ajoutait-il. On n’y apprendra pas plus que les premiers habitants de Pétra, les Nabatéens, étaient d’anciens païens convertis au christianisme.
A chaque fois que le christianisme est évoqué, c’est pour le voir tronqué ou décrit à tort et à travers. Un manuel d’arabe cite ainsi la phrase « l’homme ne se nourrit pas seulement de pain » sans même l’attribuer au Christ ou à la Bible. Le christianisme y est principalement évoqué comme un vecteur de colonisation occidentale (c’est-à-dire qu’il serait étranger à la Jordanie), ajoute ainsi Al-Kaldani.
Toutes les minorités chrétiennes du Moyen-Orient – et pas seulement en Jordanie –  sont là pour nous rappeler que l’histoire telle qu’enseignée dans les écoles publiques éradique l’héritage chrétien et magnifie l’islam, quitte à mentir à son sujet.
Par Raymond Ibrahim, via Coptic Solidarity ; traduction EEChO

 

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One thought on “Chrétienté hors des manuels scolaires jordaniens

  • 2 mai 2019 at 21 h 43 min
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    En Jordanie du 13 au 20 avril, j’ai ressenti un malaise en la personne du guide.
    Sommes passés à Anjara, lieu saint pour les chrétiens avec refus d’un arrêt.
    Lieu du baptême de Jésus indiqué et fléché sur l’autoroute , à une vingtaine de kilomètres de notre halte au bord de la mer morte, déconseillé par le guide
    (vous verrez 2 trous!) J’y suis allé en taxis.
    Au mont Nébo, Moise est « notre prophète » a – t-il répété
    Nous avons rapidement compris l’intolérance du personnage

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