29 juin, fête des Ss Pierre et Paul – depuis Jérusalem

Par le P. Peter Madros, du Patriarcat latin de Jérusalem

       Simon de Bethsaïde, Saul de Tarse, captifs du Christ à Rome ! (Jn 15 – 19 ; Gal 1, 13 s ;  et 5, 1, 15 s  )   (P.P. Madros)

1-    Pierre et Paul à Rome

____Rome n’est pas la capitale du Christianisme mais bien Jérusalem, mère et coeur de toutes les Eglises. C’est « la Ville du grand Roi » : celle de la Rédemption, de la résurrection, de l’Ascension et de la Pentecôte, origine de l’Eglise.  Ces réflexions entendent prévenir toute objection : c’est sur Pierre que Jésus déclare fonder l’Eglise, à Césarée de Philippe (ou Panéas, aujourd’hui Banias) ; Paul n’est qu’un serviteur de Jésus-Christ, non le fondateur du christianisme, comme l’enseignent sans argument valide des rationalistes et certains non chrétiens, lesquels s’enthousiasment parfois par ailleurs pour la Torah ou la chari’ah (la loi islamique comparable aux prescriptions vétéro-testamentaires et rabbiniques), en se montrant offensés par les positions pauliniennes anti-légalistes, positions d’autant plus « détestables » qu’elles viennent d’un ex–pharisien chevronné !

____Oui, il convient de clarifier les idées, de répondre aux défis, par la foi et la raison, avant d’entamer un discours spirituel et pastoral.

Saint Pierre a visité Rome et il y a été martyrisé !

____Déjà l’historien protestant von Harnack avait eu l’honnêteté de l’admettre. L’archéologue italienne Margherita Guarducci, dans son livre magistral The tomb of St Peter (Hawthorn Books, 1960 – Le reliquie di Pietro in Vaticano sotto la Confessione della Basilica vaticana : una messa a punto, Roma , Coletti, 1967 / Ist. Poligrafico dello Stato, 1995), a démontré d’une façon on ne peut plus scientifique et claire l’authenticité du tombeau de saint Pierre au Vatican. Si l’Eglise Catholique, déjà avec Pie XII, avait retardé la publication de cette découverte, celle du tombeau de Pierre, précisément pour motifs œcuméniques et pour ménager un peu la susceptibilité des non catholiques, la vérité ne pouvait rester cachée indéfiniment. D’autant plus que la vérité ne s’oppose nullement à la charité. Saint Paul l’écrivait en toutes lettres aux Ephésiens et aux autres chrétiens : « Faisons la vérité dans l’amour » (4, 15).

____Pendant « l’année de saint Paul », avec Benoît XVI le grand, c’est en dehors des murs de Rome que le tombeau de  « l’apôtre des nations » a été découvert. Saint Pierre, dans sa première lettre (5, 13) parle de « celle qui a été élue de Babylone » ; il s’agit de l’Eglise de Rome d’où il écrit, avec son « fils » spirituel, saint Marc. Irénée de Lyon et d’autres Pères de l’Eglise (ainsi que des auteurs arabes comme Al Mass’oudyy) affirment sans le moindre doute ce séjour romain du prince des apôtres. Au reste, il y serait déjà passé en l’an 42 (voir par exemple Mgr Roland Minnerath, De Jérusalem à Rome : Pierre et l’unité de l’Église apostolique, Paris, Beauchesne, 1995).

____Et la fête du 29 juin ? Il paraîtrait que la Rome païenne célébrait en ce jour-là les deux jumeaux fondateurs de l’Urbs, Romulus et Remus. L’Eglise aurait cru bon de les remplacer par les saints apôtres martyrs fondateurs de « la très sainte Eglise des romains, digne de toute louage, qui constitue un luminaire de toutes les Eglises sous le soleil » (saint Sophrone patriarche de Jérusalem), cette église de Rome « qui préside la fraternité dans l’amour » (saint Irénée).

2-    « Liberté chérie » ou « liberté de la chair » ?

____L’apôtre Paul prévenait les Galates, ancêtres des gaulois ! Il le fait aujourd’hui encore, surtout après l’approbation triomphale des « noces gay » – qui ne sont pas des « noces » quoi qu’on en dise ! Voici l’avertissement apostolique, toujours actuel : « Que la liberté ne devienne pas (ou ne continue pas à devenir !) un prétexte pour la chair ! » (Gal 5, 15). Depuis quelques décades, probablement d’une façon plus décisive depuis 1968, la « liberté » des mœurs a été promue et ilposée dans et par les grands médias. Des unions, encore hétérosexuelles, s’effectuaient sans aucun contrat matrimonial, d’abord  supprimant ou évitant le mariage à l’Eglise, ensuite même omettant l’union civile à la mairie. La « chair » prend le dessus, méprisant « toute foi et toute loi ». Après la légalisation de l’avortement (sans parler des moyens contraceptifs suspects et nocifs), voici non seulement le mariage homosexuel et la négation même de la diversité des sexes, en la soumettant à l’arbitraire !

____La « liberté » folle agresse le christianisme et l’humanité ! Mais en Orient, en terre d’Islam, la liberté est sacrifiée sur l’autel de la « religion » et de « la morale » : pas de liberté religieuse pour les Musulmans (en effet, aucun de leurs pays n’a voté pour le numéro 18 de la Charte du droit de l’homme sauf la Tunisie de Bourguiba) ; une musulmane n’est pas libre  d’épouser un non musulman, celui-ci devant passer à l’islam pour l’épouser ; les non musulmans n’ont pas le droit d’annoncer leur foi aux musulmans contrairement à ceux-ci qui se permettent d’islamiser… sans parler du manque de liberté civile et politique dans les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, entre autres …

3 –    La juste liberté

____Nous sommes libres en faisant la vérité ; nous sommes libres lorsque nous maîtrisons nos instincts. C’est vraiment la « la liberté des enfants de Dieu » !

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